Où est passé mon bébé?

Cocotte vient d’avoir trois ans. Et une semaine plus tard, je peux aussi officiellement annoncer qu’elle est propre!!!!!!!!

Eh oui, il y a longtemps qu’on se doutait bien qu’elle serait capable d’être propre, mais qu’elle s’obstinait à ne pas utiliser le petit pot pour nous défier. Je me rends maintenant compte de l’importance qu’avait la prématernelle dans sa décision. Avant de commencer l’école, elle refusait tout net de faire caca dans le petit pot. Couche ou pas, elle faisait caca dans ses culottes. Depuis son premier jour de prématernelle, elle n’a plus eu un seul accident pour le caca! En effet, elle savait qu’elle devait être propre pour aller à la prématernelle. Alors j’ai l’impression qu’elle se gardait une porte de sortie: si elle n’aimait pas la prématernelle, elle n’aurait qu’à avoir des accidents pour se faire renvoyer. Mais elle a aimé ça, et elle ne porte plus de couche depuis. Je ne dis pas qu’il n’y aura plus d’accidents, mais nous avons officiellement dit au revoir aux couches… et comme il y a longtemps qu’elle ne fait plus pipi la nuit, même si on ne lui avait pas enlevé sa couche encore, elle est vraiment propre à 100 %.

Ce qui veut dire que je n’ai vraiment plus de bébé! Ma fillette est grande, on l’en a enfin convaincue. (Elle voulait toujours jouer à être un bébé quand elle refusait d’être propre. Maintenant, elle ne veut plus qu’on dise qu’elle est un bébé.) Les couches, c’est fini! Pour toujours! Woo hoo! Bon, j’ai quand même une certaine nostalgie de mes tout petits bébés dans leur grosse couche de tissu qui leur faisait un derrière gigantesque, mais je ne m’ennuierai pas des couches qui débordent de partout. Et puis, de toutes petites culottes de toute petite fille, c’est bien mignon aussi!

À trois ans, Cocotte semble avoir un peu rattrapé les autres du côté de la grandeur, même si elle demeure dans les petites. Elle est extrêmement volubile et je passe mon temps à lui demander de baisser le ton (on va finir par l’ammener chez le médecin, j’ai l’impression qu’elle a les oreilles bloquées par la cire!) Elle continue de faire des crises (p. ex., elle refuse de se faire examiner par un médecin), mais moins souvent qu’avant. La plupart des repas se passent maintenant sans larmes (je sais, c’est une drôle de réussite, mais croyez-moi, c’est un véritable changement!). Elle continue de nous défier et de faire le contraire de ce qu’on lui demande, elle continue de provoquer son frère exprès, mais au moins ce n’est pas toujours. Je ne sais pas si c’est le retour à l’école ou une nouvelle maturité, mais il me semble que depuis quelques semaines, on respire un peu mieux…

Oh, et elle a de beaux cheveux! Tout le monde me fait des commentaires sur ses cheveux, même les passants que je ne connais pas. Il faut dire que c’est assez frappant, comparé aux autres filles de son âge, elle a vraiment des cheveux d’adulte, blonds, qui frisent en boudins… Elle est pas mal mignonne, même si ce n’est pas aussi important que son intelligence et son imagination débordante!

Mon moment préféré de la journée avec Ti-Loup, c’était le coucher quand je lui chantais une chanson en lui disant bonne nuit. Avec Cocotte, c’est très différent: le soir, elle est souvent insupportable, sans doute parc qu’elle est brûlée en raison de l’absence de sieste (que je vous ai sûrement déjà expliquée) et je n’ai pas souvent l’occasion de lui chanter une chanson. Non, avec elle, mon moment préféré, c’est au réveil. Elle m’appelle encore la plupart du temps (même si elle est maintenant capable d’ouvrir les portes, elle ne l’a encore jamais fait pour se “sauver” de sa chambre) et quand je vais la chercher, elle est encore toute chaude et elle se blottit contre moi. Je lui fais un gros câlin et on descend ensemble en se tapotant le dos mutuellement. Souvent, elle reste collée contre moi pendant quelques minutes avant que je la dépose sur le divan pour aller prendre ma douche. Mais ces quelques minutes où elle me dit si elle a bien dormi et où on parle de la journée qui commence me font presque oublier tous les coups qu’elle m’a assenés. Presque…

Ma fille, donc, a trois ans. Quelqu’un m’a demandé, le jour de sa fête, “Est-ce que tu as l’impression que ça a passé vite?”, et j’ai répondu “Oh non, ça a été trois longues années!”. C’est vrai que les journées sont dures, mais les années passent quand même vite. Ce que je trouve surtout dur c’est de réaliser qu’elle a l’âge que Ti-Loup avait quand elle est née. Quand Cocotte est née, Ti-Loup, c’était mon grand garçon, raisonnable, mûr, il se levait, s’habillait seul et allait jouer une heure en bas pendant qu’on essayait de se remettre de notre nuit entrecoupée. Cocotte, elle, s’habille seule seulement si on insiste, elle n’est pas du tout aussi raisonnable ni aussi mûre. Elle a tout simplement une personnalité différente, mais c’est aussi mon bébé et on l’a donc peut-être moins poussée vers l’indépendance? Tant pis! J’en profite pendant que j’ai encore le droit de lui faire des câlins et de lui donner des bisous!

Les trois dernières années (et peut-être surtout les deux dernières) n’ont pas été de tout repos. Je ne sais pas combien de fois j’ai eu envie de pleurer le soir, épuisée, devant la pile de vaisselle et de linge à laver. Je regarde mon amie qui n’a qu’un enfant, et parfois je lui envie tout son temps libre, elle dont le garçon est déjà pas mal autonome et n’a pas besoin d’une surveillance de tous les instants. Mais je savais que ça allait être dur. Je ne savais pas à quel point, c’es sûr. Mais un jour, ma Cocotte si têtue va être devenue une adulte (plus ou moins) raisonnable et elle va quitter la maison et je vais pleurer comme une Madeleine. Je sais que je ne regretterai pas de l’avoir eue, même si elle va m’en avoir fait vivre de toutes les couleurs. Et je sais que les qualités qui la rendent si difficile aujourd’hui, son intelligence, sa détermination, son indépendance, vont en faire une adulte intéressante et allumée avec laquelle j’aurai beaucoup de plaisir à rire des frasques de son enfance.

Je lui souhaite quand même d’avoir une petite fille juste comme elle pour que je puisse prendre ma revanche! Après tout, Cocotte est une soie avec sa grand-mère, ce n’est qu’avec nous qu’elle est insupportable!

Bonne fête ma grande… Je t’aime!

Un nouveau deuil

Ce soir, je dirai au revoir à ma voisine qui a perdu sa fille il y a un an et demi.

Je n’ai pas beaucoup parlé d’elle depuis la mort de sa fille parce que son histoire est compliquée et que je ne voudrais pas qu’elle (ou d’autres membres de sa famille) se reconnaisse un jour sur mon blogue. En gros, après avoir longtemps hésité, elle a accepté il y a plus d’un an un emploi dans une autre ville, qu’elle doit occuper à partir du mois prochain. Il s’agissait d’un emploi dans la ville où son mari habitait et où il semblait vouloir rester, et malgré son hésitation à quitter l’endroit où sa fille avait passé toute sa vie, elle avait décidé de faire ce sacrifice pour réunir sa famille.

Peu après, son mari a quitté son emploi et est revenu habiter ici en attendant qu’ils retournent là-bas ensemble. Malheureusement, avec cette nouvelle cohabitation, le couple a fini par imploser. Rien de surprenant lorsqu’on sait qu’un couple qui perd son enfant a peu de chances de résister, et encore moins surprenant dans leur cas puisqu’ils semblaient avoir des problèmes bien avant la maladie de leur fille. Après le divorce, mon amie aurait pu décider de renoncer à l’emploi qu’elle avait accepté, mais elle ne l’a pas fait, croyant que son ex-mari allait retourner là-bas et que leur fils pourrait ainsi avoir ses deux parents, même si ce serait séparément. Mais à l’heure actuelle, le père en question semble avoir plutôt décidé de rester ici même après le départ de son fils et de son ex-femme. Disons qu’il a un esprit de contradiction plutôt bien développé!

Ils partent donc demain. Ce soir, nous leur faisons une petite fête. Et même si je me suis éloignée de mon amie dans la dernière année, je sais que je vais quand même trouver ça très dur

Nous n’avons jamais été des amies intimes, plutôt de bonnes connaissances qui jasions en arrière-plan pendant que nous enfants jouaient ensemble. Papa et moi avons essayé de l’appuyer dans son deuil, puis à travers les problèmes de couple qui ont suivis, mais nous avons eu beaucoup de mal à le faire. Nous avions beau tenter régulièrement de communiquer avec elle ou de la relancer, les réponses se faisaient rares. Je ne peux pas lui en vouloir puisque je crois que c’est une des manifestations de son deuil, qu’elle vit très difficilement, mais ça nous a bien sûr éloignées. La difficulté de garder le contact avec elle alors que nous habitons dans le même immeuble m’a convaincue qu’après son déménagement, je ne réussirais sans doute pas à maintenir nos liens. Et un peu par égoïsme pour réduire ma peine lors de l’inévitable séparation, je l’ai laissée s’éloigner. Beaucoup aussi parce que je n’étais pas assez proche d’elle pour lui secouer les puces et lui faire comprendre qu’elle s’isolait exprès.

Peut-être qu’au fond ça va lui faire du bien de s’éloigner de l’endroit où sa fille a vécu et où elle est morte. Peut-être qu’elle a besoin d’une cassure nette pour refaire sa vie avec son fils et un jour, je l’espère, un autre homme. De mon côté, je me prépare à vivre ce deuxième deuil.

J’ai toujours nourri l’espoir qu’elle et moi nous rapprocherions davantage. Elle parle parfaitement français et j’avais toujours pensé que nos enfants seraient des amis proches qui parleraient français ensemble. Ti-Loup avait un an de moins que sa fille, mais Cocotte aurait été dans la même année scolaire que son fils. Son fils si mignon, intelligent et charmeur qui, même s’il grandit dans l’ombre de cette soeur décédée alors qu’il n’avait que deux ans, semble être resté rieur et heureux. Ce garçon bien élevé qui aurait pu faire un si bon ami pour ma fille ou un acolyte avec lequel mon fils aurait pu jouer au soccer et au hockey dans la cour.

Ils partent demain, mais le souvenir de leur fille restera derrière eux. Dans vingt ans, j’en suis persuadée, je parlerai encore de cette petite fille qui aura laissé une si grande impression dans ma vie. Elle dont j’ai encore du mal à parler sans me mettre à pleurer. Est-ce que je serai la seule, ici, qui aura été aussi touchée par sa mort? Une fois sa mère partie, est-ce que je serai la seule à continuer de vivre ce deuil?

Ce soir, je vais leur dire au revoir, mais je sais que même si je ne les revoyais plus, même s’ils m’oublient, moi je ne les oublierai jamais. Je compte continuer à faire deux fois l’an, le jour de la naissance et le jour de la mort de la petite, un don en son nom à l’hospice où elle a été soignée. Et je sais que cette histoire triste sera toujours en moi. J’espère pouvoir garder contact avec mon amie, ne serait-ce que par Facebook. J’espère qu’elle reviendra nous dire bonjour quand elle sera en visite à Vancouver. Et j’espère pouvoir lui faire comprendre que ce deuil, qu’elle porte si lourdement, fera aussi toujours partie de moi. Mais cette histoire finit peut-être comme ça. C’est ça que je dois accepter ce soir, et j’en pleure déjà.

Au revoir à toi!

Ti-Loup, son amie et sa mère à la dernière fête de la petite, pour ses cinq ans.

 

Histoire de toutous

Il y a un peu plus de six ans, quand j’ai appris à ma meilleure amie que j’étais enceinte, elle m’a emmenée dans une de ces boutiques où on se fabrique un toutou. Elle voulait offrir à Ti-Loup son premier toutou. Nous l’avons encore et les enfants jouent toujours avec lui. Et chaque fois que je le vois, il me réchauffe le coeur parce qu’il me fait penser à celle qui me l’a offert.

Cette même amie part demain pour le Vietnam chercher sa fille. Je ne lui avais pas encore fait de cadeau de “naissance”. J’avais tellement peur que quelque chose arrive et que ça ne fonctionne pas. Après toutes les déceptions qu’elle et son mari avaient eues, je n’osais pas imaginer à quel point ça serait dur pour eux, et je ne voulais pas leur donner quoi que ce soit pour leur fillette avant d’être certaine qu’ils l’auraient pour vrai! Et puis il a été question qu’ils passent par chez nous en chemin vers le Vietnam, alors j’ai pensé qu’ils pourraient prendre mon cadeau en passant. Mais finalement, ils ont dû changer d’itinéraire puisque le détour leur aurait coûté 1000 $… chacun!

Quand j’ai su qu’ils ne passeraient pas par ici, j’ai été très déçue : j’étais tellement contente qu’ils viennent me voir! Je comprenais très bien, évidemment. À ce prix là, ce n’est même pas un choix, quand on peut épargner 2 000 $, on le fait! Mais je me trouve tellement loin d’eux alors qu’ils vivent l’évènement le plus important de leur vie (oui, ça me fait comprendre comment mes proches se sont sentis quand MES enfants sont nés), j’aimerais tellement pouvoir les aider et je me sens si impuissante à l’autre bout du pays. J’avais besoin de faire quelque chose, n’importe quoi. J’ai décidé d’aller à la chasse au toutou.

Papa m’a suggéré de trouver un toutou de la même collection que l’écureuil que Cocotte a reçu à Noël et qu’on trouve si mignon. Après quelques heures sur Internet et un appel téléphonique, j’ai réussi à trouver un hérisson de la même collection dans une boutique de Vancouver. Les enfants et moi sommes allés le chercher. Avant de l’emballer, les enfants lui ont donné plein de câlins, pour s’assurer qu’il soit bien plein d’amour à transmettre à sa future destinataire. Et puis Hedgie, comme ils l’ont appelé (de Hedgehog, hérisson en anglais), allait s’ennuyer de Squirrely (mes enfants ont tellement d’imagination!), alors on a pris des photos pour avoir des souvenirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

N’est-ce pas qu’ils ont l’air tout sérieux, presque tristes? Et de plus en plus vieux… J’espère que la fille de mon amie (il va falloir que je lui trouve un surnom, à celle-là, si je suis pour continuer de parler d’elle!) l’aimera elle aussi et que bientôt Hedgie et Squirrely seront réunis pour une belle grande visite!

Quand j’ai expliqué à Ti-Loup que mon amie allait chercher une petite fille orpheline dans un autre pays, il a demandé s’ils allaient retourner visiter la maman de la fillette. J’ai répété que la fillette n’avait pas de maman, que sa maman avait dû l’abandonner parce qu’elle ne pouvait pas s’occuper d’elle comme il faut, que maintenant sa maman allait être mon amie, il continuait de demander “Mais, ils vont aller la visiter plus tard?”. Il ne pouvait pas comprendre qu’une enfant puisse vivre sans sa maman, qu’une maman puisse vivre sans son enfant. Et quand j’y pense, je suis bien contente qu’il ne puisse imaginer une telle situation. Ça montre au moins que j’ai réussi une chose: lui faire sentir que je vais toujours être là pour lui et que je ne pourrais jamais choisir de vivre sans lui.

Bonne chance à mes amis pour leur voyage. On va penser très fort à vous. Et on va mettre le téléphone sur la table de chevet, juste au cas où…

Une petite fille au nouvel An

Je vous ai déjà parlé de ma meilleure amie, celle qui attend (im)patiemment de devenir mère depuis plus de cinq ans, depuis avant que Ti-Loup soit apparu sans crier gare dans nos vies. Quand je suis tombée enceinte, j’espérais tellement qu’elle tombe enceinte elle aussi sous peu pour qu’on ait des enfants du même âge. Mais non. Je peux seulement imaginer la déception qu’elle a dû vivre, mois après mois alors que moi, je grossissais mois après mois.

Trois ans plus tard, quand je suis tombée enceinte de Cocotte, elle avait entrepris des démarches en clinique de fertilité. Encore une fois, on espérait toutes les deux. Je comptais les mois : si ça fonctionne, nos enfants auraient seulement quelques mois de différence. Mais le nombre de mois augmentait, et ça ne fonctionnait toujours pas. Si moi j’étais déçue, imaginez elle (et son mari aussi, bien sûr, mais bon, c’est elle ma meilleure amie… lui est seulement un de mes meilleurs amis :-) !

Ils ont fini par se tourner vers l’adoption. Un autre paquet de démarches. Une étude psychosociale de leur couple, parce que n’importe quelle idiotte peut avoir une grossesse non planifiée (j’en suis la preuve vivante), mais il faut un diplôme de parent pour se charger d’un orphelin. Je comprends, bien sûr, on a tous mal au coeur quand on apprend qu’un enfant a été maltraité par sa famille adoptive. Les autorités doivent se prémunir contre la recherche de coupables qui s’ensuit toujours. Mais ça reste absurde quand on se retrouve dans cette situation. Ils ont donc franchi toutes les étapes, fait remplir tous les documents, certificat du médecin, vérification du casier judiciaire, lettres de référence d’amis et de parents… Ils sont passé de tracasserie administrative en paperasseries de toutes sortes, à la poursuite de leur rêve.

Ils allaient adopter un enfant chinois. Un enfant ayant des besoins spéciaux, un enfant qui n’était pas « parfait », pour que ça aille plus vite. Parce que quand ça fait six ans qu’on attend un enfant, on commence à trouver la grossesse pas mal longue. On leur a envoyé, un beau matin (ou était-ce un soir?) le dossier d’une petite vietnamienne. Une petite fille parfaite dans ses imperfections. Une petite fille qui n’était pas pour eux puisque ce n’était pas le bon pays et qu’elle avait déjà plus de deux ans. Une petite fille qui avait des problèmes aux yeux, une vision basse, choses qui pourront peut-être être corrigées, peut-être pas. Pile ou face. Une petite fille dont on ne leur disait que du bien, qui parlait déjà, qui interagissait avec ses compagnons et ses nounous, qui semblait en très bonne santé, à part les yeux, bien sûr. Une petite fille qui représentait tout ce qu’ils voulaient et tout ce qu’ils craignaient à la fois. Ils devaient décider tout de suite.

Ils ont dit oui. Les jeux sont faits, rien ne va plus! Ce n’était pas fini pour autant, oh non! Ils ont encore dû attendre pendant des mois. C’était leur fille, elle leur était promise, mais après toutes les déceptions qu’ils avaient vécu, ils ont dû avoir du mal à y croire avant de recevoir les papiers officiels. Ils devaient bien y croire, pourtant, puisqu’il fallait préparer son arrivée. Faire signer d’autres papiers, traverser d’autres épreuves (donne la patte, fais la belle)… Peinturer la chambre. Trouver des vêtements. Choisir un nom. Et, toujours, attendre.

Ils ont finalement obtenu tous les papiers. Ils n’attendent plus que la date de leur voyage, qui devrait avoir lieu à la fin du mois. Leur petite fille les attend, enfin, on lui a même montré leur photo. Et tout ce qu’ils entendent sur elle est positif. L’aventure n’est pas pour autant terminée: elle ne fait que commencer. Quand ils iront la chercher, leur fille viendra d’avoir trois ans. Elle aura déjà développé une bonne partie de sa personnalité, vécu certaines des années les plus formatrices de sa vie loin d’eux, dans un centre pour enfants handicappés, sans savoir qu’ils l’attendaient déjà et qu’ils rêvaient déjà d’elle à l’autre bout du monde. Elle devra tout laisser derrière pour partir avec ces deux personnes qu’elle va venir de rencontrer. Des gens qui ne ressemblent à rien de ce qu’elle a déjà vu. Qui parlent une langue différente, qu’elle ne comprendra pas. Qui ont une odeur différente. Qui ne mangent pas la même chose. Qui vivent dans un endroit tout blanc, elle qui n’aura jamais vu de neige. Qui voudront la couvrir d’amour. Les acceptera-t-elle?

C’est un grand pari qui se joue ici. Le pari d’une vie. Ils auraient pu décider de faire leur chemin sans enfant, de ne pas prendre la chance de se retrouver avec, à leur charge, cette personne dont on ne sait pas si elle arrivera à s’attacher à eux, ou si elle s’avérera aveugle au sens de la loi. Qui aura peut-être des difficultés d’apprentissage ou des problèmes de santé. Ils ont fait le pari que leur vie serait plus pleine avec elle, parfaite ou pas, que sans elle. Ils ont choisi de ne pas courir le risque des regrets.

C’est un peu ce que vivent tous les parents, au fond. Fois cent.

Je n’ai pas de mots pour dire à quel point je suis contente pour mon amie et son mari. Mais si je me permets d’être égocentrique, vous savez ce qui me fait le plus plaisir? Leur fille n’aura que huit mois de plus que Cocotte. Elles seront dans la même année scolaire. Ce ne sera ni de la façon qu’on l’espérait ni au moment où on le souhaitait, mais on aura finalement des enfants du même âge!

Deux ans déjà

Cocotte a eu deux ans en fin de semaine. Deux ans, vraiment? Deux ans que notre vie est chamboulée par ce petit tyran, haute comme trois pommes, mignonne comme tout, mais qui prend de la place comme six. Alors que Ti-Loup était un enfant plutôt sage, qui écoutait bien, Cocotte, elle, n’en fait qu’à sa tête. Quand ça ne fait pas son affaire, elle crie, elle frappe, et si ça ne fonctionne toujours pas, elle crie plus fort encore. Aussi brillante que son frère, aussi rapide sur le plan du développement, elle parle déjà mieux que certains enfants de trois ans et semble tout comprendre. Mais sur le plan des émotions, ouf! Disons qu’on a bien du chemin à faire avant qu’elle apprenne à les gérer correctement.

Cela dit, même si elle nous rend fous en trouvant toujours le moyen de nous compliquer la vie (comme refuser de dormir aux moments critiques, par exemple), elle demeure une enfant immensément intéressante et je ne l’échangerais pas pour tout l’or du monde. Oui, elle sait ce qu’elle veut et c’est habituellement ce que ses parents (ou son frère) ne veulent pas. Mais elle est allumée, elle nous fait rire tous les jours avec ses mots d’enfants et quand elle nous fait un gros câlin spontané, on oublie presque combien elle peut être monstrueuse par moments.

Cocotte adore les animaux (dont ses nombreux toutous) et les livres. Elle “lit” d’ailleurs beaucoup. Elle a reçu une carte de fête de son arrière-grand-mère (oui oui, une vraie, en carton et tout, par la vraie poste) et a passé la fin de semaine à se promener avec et à la lire “It’s my happy birthday, and we’re going to have cake for Maman, and Papa, and Ti-Loup, and Cocotte, and…” Ses histoires n’en finissent plus et son particulièrement amusantes à écouter. Grâce au réaménagement qu’elle a provoqué par ses crises du milieu de la nuit, nous avons fait un peu de place et acheté la petite cuisine ikéa, et elle adore faire à manger avec son frère… qu’elle fait aussi enrager avec un brio inégalé en volant les légos avec lesquels il est en train de jouer ou en essayant de s’assoir dessus quand il est couché par terre pour jouer avec ces mêmes légos.

Plus bilingue que son frère au même âge, elle utilise elle aussi les mêmes structures grammaticales anglaises appliquées au français (I’m mangeing). Elle a décrété récemment que le mauve était sa couleur préférée (et pas le rose… yé!) et elle demande “I want some de l’eau in my mauve glass”. Un peu plus gênée que son frère avec les étrangers, elle se dégêne quand même rapidement et aime jouer avec les autres enfants, surtout les plus vieux. Elle adore l’eau et insiste pour continuer de se baigner bien après que ses lèvres soient devenues bleues. Elle aime aussi beaucoup la musique.

J’ai déjà lu que les traits de caractères que l’on trouve difficiles à supporter chez les enfants sont souvent ceux que l’on admire chez les adultes: la ténacité, la détermination, la volonté, la curiosité, la vivacité. À ce compte, Cocotte va devenir particulièrement intéressante! Malgré tout, elle demeure une enfant affectueuse et attachante qui séduit tout le monde autour d’elle, surtout qu’elle réserve habituellement ses crises à ses parents et fait croire aux autres qu’elle est un ange. Quand on parle de son comportement, les autres sont souvent surpris: “Cocotte, vraiment? Elle a l’air tellement calme!” Oui, vraiment. Mais au fond, c’est mieux comme ça. Si elle continue à nous réserver le pire, elle va peut-être réussir à ne pas se faire expulser de la maternelle!

Pour sa fête, nous avons profité du terrain de jeu nouvellement terminé et mangé un délicieux gâteau à la crème glacée en forme de chien. Il y avait plein d’enfants, des tonnes de ballons et de l’espace pour courir – on n’aurait pas pu demander mieux. La pluie a attendu la fin de la fête avant de tomber (ça a été le déluge à l’heure du souper, mais nous étions rentrés) et je n’ai fait pleurer que deux enfants (un dans lequel j’ai reculé et un autre qui a trébuché sur mon pied). Une fête comme je les aime, avec un minimum de cadeaux mais plein de gens qu’on aime (même si ma famille me manque toujours particulièrement dans ces moments-là).

Dur de croire que ça fait seulement deux ans qu’elle est là quand on constate tout ce qu’elle a chamboulé dans nos vies et combien elle est déjà rendu un vrai petit bout de femme. Difficile aussi quand je pense à ce qu’était Ti-Loup quand sa soeur est née comparément à aujourd’hui. Mais d’un autre côté, c’est fou à quel point ces deux années ont passé vite. Deux ans depuis que j’ai pris contre moi pour la première fois mon nouveau-né et constaté que c’était une fille. Deux ans, dans une vie, ce n’est presque rien. Deux ans, dans la vie de Cocotte, c’est toute la vie.

Bonne fête, ma puce! Je t’aime!

Le monde de Cocotte

J’ai dit souvent que je suis fascinée par l’apprentissage du langage… Comme ma fille est très précoce sur ce plan, ça nous permet d’avoir une bien meilleure idée de son mode de pense que si elle n’était pas capable de s’exprimer vraiment, ce qui est le cas pour la plupart des enfants de même pas tout à fait deux ans. J’en profite. Hier, par exemple, Cocotte “lisait” un livre, c’est-à-dire qu’elle regardait un livre en jasant. Je n’écoutais pas vraiment ce qu’elle disait, j’étais occupée à faire la vaisselle après un après-midi dehors à fêter Ti-Loup avec tous ses amis. Mais Papa écoutait. Et voici ce qu’il a entendu:

- Papa is making popcorn and Maman is going to work.

En inventant une histoire, elle partait bien sûr de ce qu’elle connaît, dans ce cas-ci les allers et venues des parents. Mais comme chez nous c’est Papa qui cuisine et Maman qui travaille, elle a divisé les tâches comme ça. Ça m’a rappelé quand j’avais dit à Ti-Loup qu’un jour il aurait un travail lui aussi et qu’il m’avait répondu “Non, ce sont juste les femmes qui travaillent”…

Comme quoi quand on essaie de briser les stéréotypes, on ne fait qu’en créer des différents!

Journée difficile

Deux jours avant la fête de Ti-Loup, c’est celle de ma petite voisine, la fille d’une amie. Elle aurait dû avoir six ans ce jour-là. Elle aurait passé l’été à jouer avec mon fils et avec les autres fillettes du voisinage. Elle se serait préparée à commencer la première année, elle aurait fait la grande qui a l’habitude de l’autobus scolaire et aurait tenu la main de Ti-Loup pour sa première journée afin de le rassurer pendant qu’ils auraient attendu ensemble pour leur première journée d’école. Elle a plutôt rendu l’âme quelques jours avant Noël, emportée par un cancer du cerveau ayant progressé à une vitesse fulgurante.

Sa fête a une signification particulière puisque ce n’est que deux semaines avant cette date, l’an dernier, que la famille a reçu le diagnostic. Il y a un an, donc, la fillette allait toujours assez bien. Elle avait des symptomes, bien sûr, c’est ce qui les avait poussés à consulter. Mais elle était encore “toute là”, elle pouvait encore jouer avec les autres (malgré un ralentissement marqué) et elle avait profité à fond de sa fête, la plus grosse fête que j’aie jamais vue pour un enfant de cet âge, la fête que sa tante lui avait organisée en grande pompe parce que tout le monde (sauf elle, peut-être) savait que ce serait sa dernière.

Ti-Loup, son amie et sa mère à la fête de la fillette l’été dernier.

Il y a un an, donc, la petite était tous sourires, rieuse, entourée de ses amis. À peine quelques jours plus tard, par contre, elle entrait d’urgence à l’hôpital pour se faire opérer afin de soulager la pression accumulée dans son cerveau. Sans cette opération, elle serait morte à peine trois semaines après son diagnostic. Elle aura finalement vécu cinq mois. Cinq mois à profiter encore un peu de cette vie qu’elle allait avoir si courte: on l’a amenée au parc d’attractions, et cueillir des bleuets, elle a fait l’expérience de la maternelle dans sa chaise roulante, elle est allée à DisneyLand avec Rêves d’enfants… Cinq mois de torture pour sa famille qui la voyait disparaîter à petit feu, enfermée dans ce corps qu’elle n’arrivait plus à contrôler. Cinq mois d’amour, par contre, entourée des siens, à tenter de créer des souvenirs pour ses amis, ses parents, sa nounou, son petit frère qui n’avait pas deux ans quand elle est décédée. Cinq mois pour une éternité.

Ma petite voisine au début de sa maladie; c’est la photo qui nous a été remise à son service commémoratif, et elle se trouve toujours encadrée sur le bureau de Ti-Loup.

En fêtant mon fils, je ne peux m’empêcher de me comparer à cette famille pour qui rien n’a plus jamais été pareil depuis un affreux jour de juillet quand leur petite allait avoir cinq ans. J’ai encore mes deux enfants. Ils font des caprices, ils pleurent, ils crient, mais ils sont en vie. Il y a deux jours, ma fille a vomi alors que Papa se trouvait à la bibilothèque. Il y en avait plein la poussette, elle faisait de la fièvre, elle n’allait visiblement pas bien. Mais le lendemain, elle avait retrouvé la forme. Elle a encore beaucoup de lendemains…

Je peux à peine imaginer le supplice que vit ma voisine et amie quand elle me voit serrer mes deux enfants sur moi. Je sens sa rage quand les autres parents se plaignent de la difficulté du quotidien, elle qui a dû changer les couches de sa fillette de cinq ans et la tourner pour éviter les plaies de lit, vers la fin. Je la vois lutter pour se débarrasser de certaines des choses dont sa fillette ne profitera jamais, le vélo de grande fille qu’elle n’a conduit qu’une ou deux fois avant sa maladie, par exemple. Je vois son frère grandir et devenir un enfant heureux et souriant malgré toute cette peine, mlagré ce nuage sombre qui plane au-dessus de sa tête depuis qu’il a un an et demi. Ce frère qui n’aura jamais la chance d’être le petit frère de cette grande fille si aimante qui jouait ce rôle avec tant d’enthousiasme.

Ce n’est pas ma fille et pourtant, plus de six mois après sa mort, je n’arrive toujours pas à en parler sans me mettre à pleurer comme un veau. Je ne me fais pas d’illusions, je ne pleure pas tant pour elle, dont je n’étais au fond pas si proche même si c’était une bien gentille petite fille, et même pas vraiment pour sa mère, même si j’ai bien sûr de la peine pour elle. C’est pour moi que je pleure, en pensant à la peine que j’aurais s’il m’arrivait une telle épreuve, en pensant à notre fin à tous qui est inéluctable, à la mienne qui pourrait arriver n’importe quand et faire deux orphelins. À celle de mes enfants, qui me laisserait orpheline aussi, quoi que différemment.

Et dans tout cela, on fait la fête parce que mon fils a la chance d’être encore là, fort, vivant, et d’avoir cinq ans. Si je croyais en Dieu, je le remercierais.

Merci au destin. Merci à la chance. Merci la vie.

Cinq ans

Nous avons fêté hier les cinq ans de Ti-Loup. C’est fou quand même. Déjà cinq ans depuis ce matin de congé où j’ai ressenti les premières contractions qui allaient me précipiter dans cette aventure sans fin, de loin la plus difficile au monde, soit le rôle de parent. Je me souviens très bien de la première nuit, durant laquelle il a assez bien dormi, mais où moi j’avais des flashbacks des douleurs de l’accouchement chaque fois que j’arrivais pour m’endormir. Puis, la deuxième nuit, il n’a presque pas dormi. On est partis de l’hôpital vidés avec notre petit bonhomme qui a crié durant tout le trajet en voiture. Ma mère est arrivée ce soir-là, venue m’aider dans mes relevailles. Je me souviens de l’émotion des grands-parents (des deux côtés) quand ils ont tenu ce petit bout de chou dans leurs bras pour la première fois. Je me souviens de son premier rire, que j’aimais tant que j’aurais tout donné pour le reproduire. De notre premier voyage au Québec. De la première fois où il a rampé jusqu’à moi pour venir me faire un câlin. De ses premiers pas. De son premier “vrai” mot, “ball”, alors qu’il s’élançait (de ses presque premiers pas) pour botter un mini ballon de soccer.

Je me souviens aussi des moins bons moments. Les nuits atroces durant lesquelles il me réveillait aux demi-heures, et où on a dû finir par le laisser pleurer parce que j’en perdais ma santé mentale. Les voyages en voiture durant lesquels il a crié sans s’arrêter. La nuit de gastro passée assise à le bercer parce que dès que je le recouchais il vomissait et qu’on avait peur qu’il se déshydrate. Sa première vraie chute, quand il s’est éclaté la lèvre et a fait une immense tache de sang sur le chandail de papa. Puis le point de suture sur sa lèvre, à trois ans.

Je me souviens de ses gâteaux de fête, le premier aux carottes, le deuxième, un chantier de construction, le troisième, un débarquement sur la lune, le quatrième, un bateau de pirates. Je me souviens de son premier Halloween, déguisé en poulet, alors qu’il se promenait en disant “Cot cot cot”. Je me souviens du Noël de ses quatorze mois, alors qu’on lui avait offer un vélo sans pédales et qu’il avait passé deux semaines à chevaucher le cadeau emballé parce que ça ressemblait quand même vaguement à une monture. Je me souviens de sa première journée de prématernelle, sans aucune larme. Je me souviens à quel point il a été gentil quand sa soeur est née, malgré le fait qu’il avait un gros rhume et qu’il ne pouvait pas l’embrasser sur le visage comme il aurait tant aimé le faire. Je me souviens de ses premiers tours de roue sur un vrai vélo de grand garçon, à seulement trois ans. Je me souviens des centaines d’heures passées dans la cour de notre immeuble à le pousser dans la balançoire, des milliers d’heures de poussette, à lui chanter des chansons, à me creuser les méninges pour penser à des chansons différentes à lui chanter, toujours en français, bien sûr, pour l’aider à connaître ma culture pendant qu’il n’en avait pas encore le choix.

Je n’oublie pas non plus toutes les crises, les coups de poing dans la porte, les larmes, les hurlements. C’est ça, aussi, un enfant. Mais j’essaie de me concentrer sur les câlins et les bisous, les moments de douceur où il est allé spontanément vers quelqu’un qui avait besoin de lui et où j’ai éclaté de fierté. Tout particulièrement le jour de la fête de notre voisine malade, quand elle a figé devant une cinquantaine de personnes venues lui faire une surprise et qu’il l’a dégênée en s’avançant spontanément vers elle pour lui faire un câlin.

Mon fils est un être sensible, anxieux même, qui a beaucoup conscience de ce qui se passe autour de lui. Qui veut tout savoir. Même s’il me fatigue par ses questions incessantes et par sa manie de toujours me pousser à bout pour savoir où exactement se trouvent mes limites, même s’il est particulièrement têtu, il est aussi intelligent, curieux, déterminé, persévérant et, dans l’ensemble, un très gentil petit garçon. Un peu trop obsédé par les sports (vélo, hockey, soccer), mais donc très en forme, et qui aime aussi beaucoup se faire lire des histoires, y compris des bandes dessinées belges.

Il a maintenant cinq ans et s’apprête à commencer la maternelle. C’est dur à croire. Ça passe tellement vite! Toujours, et en particulier depuis un an (autre billet à suivre), je suis consciente de la chance que j’ai d’être la mère de cet enfant, tellement en santé, tellement génial, tellement charmant. La chance, aussi, de partager mon travail de parent avec un Papa joueur, patient, plein d’imagination pour occuper ces deux enfants exigeants, un Papa qui ne croyait pas avoir la vocation mais qui a plongé dans l’aventure (imprévue, dans le cas de Ti-Loup) sans trop regarder en arrière.

En terminant, voici quelques photos reproduites de mon autre blogue (parce que je n’en ai pas d’autres sous la main) pour montrer un peu l’évolution de Ti-Loup au fil des ans.

Vieillir

Le jour de la célébration de la vie de ma petite voisine, morte à cinq ans, sa mère s’est rendue au salon de coiffure pour se faire mettre belle. Elle a dû raconter son histoire au coiffeur, et elle lui a remis la photo qui a été distribuée à toutes les personnes présentes à la célébration, cette si belle photo de sa fille avec des ailes de fée (ou d’ange, diront certains). Une autre amie fréquente ce même coiffeur, qui a affiché la photo bien en évidence à son poste de travail.

“Quand une de mes clientes se plaint de ses rides, de ses cheveux gris, d’avoir un an de plus, lui a raconté le coiffeur, je lui montre la photo de cette petite fille qui n’a même pas eu la chance de vivre son sixième anniversaire, et je leur dis de se compter chanceuses.” Et de se la fermer, probablement, mais en des mots légèrement plus polis.

Ce matin, quand j’ai remarqué que les fils gris devenaient plus nombreux dans ma chevelure, j’ai donc repensé à mon amie, à sa fillette et à ce coiffeur plein de sagesse. Parce qu’après tout, vieillir, c’est une chance qui n’est pas donnée à tous.

Merci pour cette belle leçon de vie...

Retour en… adolescence

Ma collègue de travail visite Québec pendant le festival d’été et était toute heureuse de m’apprendre qu’elle allait au spectacle de Bon Jovi.

Bon Jovi! J’en suis retombée dans mon adolescence. Je n’ai pas été particulièrement groupie… à part pour Bon Jovi. Je suis surprise de savoir que le groupe est encore assez “hot” pour que les “jeunes” veuillent aller le voir. Mais tant mieux pour eux!

Pour ma part, j’ai connu les anciennes chansons de Bon Jovi quand mon frère les écoutait (Bad Medicine, Dead or Alive). Plus tard, à l’adolescence, des amies ont décidé d’aller voir leur spectacle. C’était à l’époque de Keep the Faith. Je ne connaissais pas vraiment leurs nouvelles chansons, mais je suis allée voir le spectacle au Colisée. On était dans la sixième rangée, je crois (la mère d’une amie d’une amie travaillait pour le réseau Billetech et nous avait acheté des billets). Une de mes amies avait attrapé le pic du bassiste. On avait beau avoir 16 ans, on avait trippé comme des fans de One Direction! Après le spectacle, j’avais écouté leurs albums en boucle pendant… longtemps.

J’avais acheté leur album suivant, mais après, j’ai décroché. J’avais vieilli, j’imagine… et puis j’avais perdu de vue mon amie qui trippait le plus sur Bon Jovi, celle qui m’avait incitée à aller voir le spectacle. Comme je n’écoute à peu près plus de radio commerciale, je n’ai pas vraiment entendu leurs nouveaux albums.

Mais maintenant je suis jalouse de ma collègue (qui, devrais-je l’ajouter, avait 5 ans quand j’ai vu Bon Jovi en spectacle)… C’est dans des moments comme ça que je deviens nostalgique. Je me verrais tellement aller voir ce spectacle avec mon (ancienne) amie pour nous rappeler des souvenirs et faire la fête comme si on était encore en 1993… Peut-être que l’an prochain, vu que Ti-Loup va être à l’école et qu’on ne pourra plus voyager avant juillet, on devrait s’arranger pour y aller pendant le Festival d’été nous aussi!