Je n’ai jamais écouté Occupation double

Eh! Non, je n’ai jamais écouté Occupation double. Parce que ça ne m’intéresse pas, parce que je n’ai pas de télé et que je n’ai même jamais pensé regarder si ça joue sur Internet, parce que je ne regarde pratiquement pas la télé et que si j’en ai le temps ce n’est pas sur OD que je jetterai mon dévolu… Comme je ne l’ai jamais écouté, je ne peux en juger en connaissance de cause. Je peux comprendre que certaines personnes trouvent l’émission divertissante. Que ça leur fasse du bien de constater à quel point ils sont brillants par comparaison aux participants à l’émission. Enfin, c’est ce que je comprends à travers les lignes quand j’en entends parler. Je suis peut-être un peu snob. Je l’assume.

Mais que Stephen Harper prenne le temps de rencontrer officiellement les gagnants d’Occupation Double? Pas sûre, moi, d’avoir envie de payer son salaire pour qu’il puisse s’entretenir avec eux. Qu’est-ce que ça apporte au pays? Est-ce qu’il a à ce point envie de se faire aimer du Québécois moyen qu’il croit améliorer son image en s’abaissant à la hauteur du peuple? Bon, je comprends qu’il a le droit d’avoir des loisirs, mais il reste que je paye son salaire à cet homme, non? A-t-il fait cette rencontre sur ses heures de travail?

Que Stephen Harper écoute n’importe quelles conneries chez lui pour se détendre, ça m’est égal, mais qu’il ne vienne pas s’en vanter! J’aime bien entretenir l’illusion que le chef de mon pays est plus intelligent que moi… Remarquez, dans ce cas précis, je le trouvais déjà insignifiant. Voici simplement une autre de ses décisions avec laquelle je ne suis pas d’accord. Qu’il rencontre des athlètes ayant gagné des médailles lors de compétitions internationales durant lesquelles ils représentaient notre pays, ça me semble justifié. Mais les gagnants d’OD, ils ont quoi comme rayonnement? Ils apportent quoi à la nation? Me semble que s’il voulait profiter de sa position pour être groupie, il aurait pu le faire moins publiquement. Et s’il n’écoute pas l’émission, qui est l’imbécile qui a eu l’idée géniale de cette opération de relations publiques?

Vous voulez voir la photo qui a soulevé mon indignation? Rendez-vous ici: http://www.flickr.com/photos/pmharper/8386418951/in/photostream

Du gaspillage

En me faisant accoster ce matin par des témoins de Jéovah qui auraient bien aimé me convertir, j’ai eu tout à coup un moment de tristesse en pensant à tout le gaspillage qu’entraîne la religion.

Je ne veux pas dire que la religion elle-même est un gaspillage. Enfin, pour moi, si, quand même un peu, puisque je suis athée alors je trouve étrange que certaines personnes consacrent une aussi grande partie de leur courte vie à honorer un Dieu qui pour moi n’existe pas. Mais je respecte le fait que beaucoup ne partagent pas mon opinion et que pour eux, le temps consacré à Dieu est important et apporte quelque chose de positif à leur vie. Je l’ai d’ailleurs constaté chez des gens de mon entourage: la religion peut mener à de grandes choses et être un puissant motivateur. En ce sens, tant mieux.

Non, je parle plus du temps et des ressources consacrés par certains groupes religieux (tous, même, peut-être?) à tenter de convertir le reste de la population qui ne demande qu’à ce qu’on la laisse tranquille. C’est une chose que d’avoir des croyances et de les mettre en pratique dans sa vie de tous les jours. En général, les principes religieux sont positifs : aimer son prochain comme soi-même, ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas se faire faire, etc. Si les gens ont besoin d’associer ces comportements positifs à l’existance d’un être supérieur, grand bien leur en fasse… ça a au moins une utilité sociale en les incitant à faire le bien.

Mais comment peut-on justifier tout le temps et tout l’argent qui ont été dépensés, depuis des siècles, au nom des religions? Toutes les vies perdues (on n’a qu’à penser aux Croisades, à la conversion forcée des Amérindiens ou, plus récemment, aux Jihads)? Tous ces efforts qui auraient plutôt pu aller à résoudre des problèmes importants, par exemple, la faim dans le monde? Et je sais bien que les organismes religieux s’attaquent aussi à la faim dans le monde, mais la plupart passent beaucoup trop de temps à essayer de convaincre les autres que leur religion est la plus vraie.

Du point de vue des dirigeants religieux, je peux comprendre le principe: plus il y a d’adeptes d’une religion, plus celle-ci a de poids sur l’échiquier mondial, plus elle a de ressources, mieux vont vivre ses dirigeants, moins on va les déranger dans leur confort. Mais comment fait-on pour justifier cette préoccupation d’une façon religieuse et pour convaincre les adeptes qu’ils devraient vraiment consacrer leur temps libre à faire du porte-à-porte? On arrive vraiment à leur faire croire que c’est ce que Dieu aurait voulu? Je suis peut-être dans le champ, mais il me semble que si Dieu existait vraiment, il serait satisfait du nombre déjà grand de gens qui croient en lui et respectent ses principes et ne se torturerait pas même si certaines personnes croient en un Dieu au nom et à la représentation légèrement différents du sien. Si Dieu est tout-puissant, a-t-il vraiment besoin de se prouver sa propre valeur en comptant le nombre de ses adeptes?

J’imagine que c’est justifié par un faux “altruisme”: Dieu est triste de voir toutes ces brebis égarées, et si on les ramène dans le droit chemin, elles auront la vie éternelle, alors c’est notre devoir d’essayer de le faire pour les aider à trouver le salut de leur âme. Je suis convaincue que la plupart des gens qui font du prosélytisme sont réellement convaincus que leur intervention améliore la vie des autres et qu’ils font le bien autour d’eux. Que les gens qu’ils convertissent passent de la noirceur à la lumière. Mais avez-vous déjà pensé à toute la nourriture de plus qu’on pourrait acheter si on n’essayait pas de fournir des bibles aux enfants africains? Imaginez si tous les témoins de Jéovah, plutôt que de faire du porte-à-porte ou d’aborder les passants sur la rue, faisaient le même nombre d’heures en bénévolat? Remarquez, je sais très bien qu’ils en font aussi, mais je suis sûre que vous comprenez mon raisonnement.

Il me semble que c’est du gaspillage de ressources. Si mon prochain n’a pas les mêmes croyances religieuses que les miennes, ça ne m’enlève rien. Ça ne m’empêche pas d’avoir les miennes. Alors plutôt que d’essayer de le convaincre, pourquoi ne pas le laisser vivre et vivre plutôt ma propre foi dans le respect de ses principes en aidant mon prochain, plutôt que de le réveiller le dimanche matin? La religion n’est-elle pas du domaine personnel? Entre soi et Dieu?

Juste ça? Vraiment?

Des amis ont donné mon nom comme référence dans un processus d’adoption. Je m’attendais à recevoir un questionnaire de six pages comportant une foule de questions à développement embêtantes. Pas du tout. Une page. Quatre questions (si on ne tient pas compte des questions sur mon identité et sur le nombre d’années depuis lesquelles je connais le couple). Pour chacune des questions, au plus une ligne pour écrire la réponse.

J’essaie de comprendre le pourquoi de la chose. On ne précise pas, sur le questionnaire, si celui-ci est confidentiel. Va-t-on le montrer à mes amis s’ils veulent savoir, par exemple, pourquoi leur dossier n’a pas été accepté? Une chance que je n’ai aucun doute sur leur capacité à s’occuper d’un enfant, parce que ça pourrait me mettre dans une situation embêtante où j’aurais à choisir entre protéger un enfant éventuel ou mes amis. J’imagine que l’organisme qui administre le questionnaire sait très bien que si un couple donne une certaine personne en référence, les chances que cette personne ait d’eux une opinion négative sont assez faibles merci. N’empêche, tant qu’à se donner la peine de consulter des références, il me semble qu’ils pourraient le faire mieux.

Ils auraient pu me passer un coup de fil. Ça ne prendrait pas beaucoup de temps pour poser ces quatre questions, et à l’oral, les chances que de l’information moins avantageuse sur le couple se glisse dans la conversation par erreur sont sans doute beaucoup plus grandes. Et puis il y a une question, toute simple, que j’aurais posée: seriez-vous prêt à leur confier vos propres enfants? Dans le cas présent, j’aurais répondu oui, sans hésiter. Mais la question n’est pas là. La dernière question ressemble à: considérez-vous qu’il y a un empêchement majeur à ce que ces personnes adoptent un enfant. Majeur. Ils ne veulent pas connaître d’empêchements mineurs. Et ils ne veulent pas qu’on fasse de commentaires généraux sur le couple puisqu’il n’y a pas de place pour ça. Je trouve quand même ça étrange. Je m’attendais à davantage de questions ouvertes.

En plus, on me fournit une enveloppe préadressée pour retourner mon questionnaire, mais elle n’est pas préaffranchie. Pas que ça me dérange de payer le timbre. Je trouve juste que ça fait cheap. Je trouve qu’on ne dirait pas qu’ils font vraiment tout ce qui est en leur pouvoir pour s’assurer que les personnes sondées vont vraiment répondre au questionnaire.

Après tout, on parle juste de la vie d’un enfant… et d’un couple.