Petites victoires en français

Je ne me lasse pas de remarquer l’amélioration du français de Ti-Loup, un peu comme je ne me lasse pas de constater l’apparition du langage chez Cocotte. Dimanche, en faisant le sapin de Noël, il a sorti tout à coup “Et voilà!”. Je ne venais pas de dire cette expression, et c’était tout à fait approprié dans le contexte. Hier matin, en partant, j’ai lancé:

- Amuse-toi bien à la fête de ton ami.
- Amuse-toi bien…
- Au travail? (il faut quand même que je l’aide un peu)
- Amuse-toi bien au travail!

Ce n’est pas grand chose, mais c’est mignon tout plein. Et surtout, il est fier de ses progrès, fier de me dire “That was French!”. Il se fait maintenant un devoir de me répondre “Oui” quand je lui pose une question qui se répond par oui ou non. Il dit souvent “Thank you”, ce à quoi je réponds “De rien”, alors il dit “Merci. That’s even better right Maman?”. D’autres fois, je lui dis “Merci” et il me demande “How do you say You’re welcome in French again Maman?”

J’aime le fait que ça vient de lui. J’aime récolter un peu le fruit de mes efforts après des années à m’acharner en vain. Je me suis souvent demandé si je devrais le pousser, l’obliger, ne pas lui répondre s’il me parle anglais… mais le connaissant, je ne croyais pas que ça marcherait. J’ai quand même hésité et douté. Et maintenant, il essaie de parler français. Pas beaucoup, pas très bien, mais il essaie parce qu’il en a envie, parce qu’il veut être spécial et partager ça avec moi, probablement aussi parce qu’il veut me plaire. C’est rare. J’en profite!

La petite souris de Noël

Fillette portant une tuque de Père Noël

Cocotte est prête pour Noël

Nous avons décoré notre sapin dimanche. C’est la tradition chez Papa: le premier dimanche de l’Avant. C’est un sapin artificiel, bien sûr. Cocotte a tout de suite adopté la tuque de Noël que Ti-Loup avait sortie de la boîte de décorations. Avez-vous déjà vu plus mignon? Papa a même décidé de la lui faire porter quand il sort plutôt que sa tuque actuelle qui a été tricotée par une amie et est super mignonne, mais est un peu trop longue en avant et courte en arrière.

À mon retour du travail hier soir, il lui avait appris à dire “Ho! Ho! Ho!”. En fait, ça ressemble plutôt à “E E E”, les mots ne sont pas tout à fait là, mais elle imite l’intonation de sa voix. Et comme elle a une toute petite voix, elle a plutôt l’air d’une souris de Noël que d’un Père Noël.

Ti-Loup est tout énervé, évidemment. On a écrit au Père Noël samedi – en français! Il lui a demandé un ensemble de légos. Quand il regardait le catalogue et nommait tout ce qu’il voulait (c’est-à-dire la moitié du catalogue), je lui ai expliqué que le Père Noël ne pouvait pas apporter plein de cadeaux vu qu’il doit en apporter à tous les enfants. Alors dans la lettre, il en a demandé juste un – quel enfant raisonnable! Dommage, c’est ce que Papa et moi on prévoit lui acheter alors il faudra bien que le Père Noël trouve une autre idée! Heureusement qu’il lit dans nos pensées…

Fillette et Fiston devant le sapin de Noël

Avez-vous déjà essayé de prendre une photo de deux enfants qui bougent tout le temps?

Voici Cocotte avec Ti-Loup iston qui fait le fou… C’est son attitude habituelle. Mais vous auriez dû les voir danser! Le premier dimanche de l’avant est aussi le premier jour où l’on a le droit d’écouter de la musique de Noël. Ça a été un hit chez les enfants, surtout Cocotte, qui adore danser. Peut-être qu’un jour je trouverai comment ajouter des vidéos à mon blogue? En attendant, une image vaut quand même mille mots!

Je sais, il reste encore presque un mois avant Noël. D’ailleurs, je n’ai à peu près pas commencé mes achats. Mais il faut se mettre un peu dans l’ambiance, faute de famille avec laquelle faire le party durant les Fêtes!

Approba-quoi?

Je viens de me rendre compte que les commentaires, sur ce blogue, ne sont pas affichés immédiatement mais doivent d’abord faire l’objet d’une approbation. En théorie je comprends le principe, mais un blogue comme le mien qui reçoit environ deux commentaires par semaine n’est pas une immense proie pour les spammeurs ou les trolls (ces gens qui font des commentaires incendiaires juste pour nourrie la discorde). Alors je vais essayer de changer ça si je trouve comment ou si Gentil Papa a une minute d’ici l’année prochaine…

En attendant, désolée, je vais faire aussi vite que je peux!

Les cheveux blancs

J’ai de plus en plus de cheveux blancs. Je n’ai absolument pas l’intention de les teindre parce que j’ai peur que les produits de teinture soient mauvais pour la santé, comme je ne me ferais pas faire de chirurgie plastique parce que je ne trouve pas que la fin en justifie les risques, même très faibles. Alors je fais quoi? J’accepte le fait que je vieillis et je vis avec mes cheveux blancs? Ou je continue à les arracher un à un quand je les vois dans le miroir?

Je sais, je ne gagnerai pas la partie. Tôt ou tard, la deuxième stratégie ne fonctionnera plus. Mais je n’ai pas encore 35 ans (oui, je sais, j’en approche, mais bon)… Je ne peux pas dire que ces cheveux blancs sont les bienvenus. Surtout jumelés au ventre qui a poussé avec la naissance de Fillette, aux rides qui m’allongent le coin des yeux… et au fait que mon mari a deux ans de moins que moi. Deux ans, ce n’est rien. Mais quand il se plaint qu’il est rendu vieux, il tourne le fer dans la plaie.

Les services auxquels on a droit

Ti-Loup voit une orthophoniste une fois par semaine depuis l’hiver dernier. Il bégaie. Ce n’est pas un problème grave, et la plupart des gens ne le remarquent pas. C’est visible surtout quand il est excité et tous les enfants bégaient un peu comme ça de temps en temps, alors pour ceux qui le fréquentent seulement à l’occasion, ça passe inaperçu. Mais puisque son père bégaye et que son grand-père a le même problème, nous surveillons le problème de près depuis longtemps. Et comme une de nos voisines et amies est ortophoniste, nous lui avons demandé son avis plusieurs fois.

La première fois, elle nous a conseillé d’attendre un peu. Ti-Loup devait avoir 2 ans et demie, et il arrive souvent qu’une période de bégaiement ait lieu quand un enfant subit une poussée de croissance du langage. La deuxième fois, elle nous a conseillé de consulter. Il avait trois ans, le problème durait depuis six mois et, surtout, il faut compter jusqu’à six mois pour recevoir des services du centre de santé local (l’équivalent des CLSC québécois). Comme tous les problèmes de santé, plus il est traité rapidement, mieux c’est, et il vaut mieux aussi s’y attaquer avant l’entrée à l’école de l’enfant puisqu’à ce moment-là il ne peut plus consulter le CLSC, mais doit être vu par des professionnels de l’école, où les ressources font cruellement défaut (ici aussi!).

Nous avons donc obtenu une évaluation en décembre 2010, puis des services au printemps suivant. Nous avons fait une pause à l’été et recommencé à l’automne. Les progrès sont faibles, pour ne pas dire inexistants. En fait, au premier rendez-vous de l’automne, après n’avoir fait pratiquement aucun exercice de l’été, le bégaiement était deux fois moindre qu’au printemps précédent. Mais depuis, malgré que nous fassions religieusement les exercices prescrits, nous sommes retombés aussi bas qu’au printemps.

La session d’automne se termine et l’orthophoniste va continuer de voir Ti-Loup en janvier, mais elle nous a demandé de ne pas trop en parler parce que ce ne sont pas tous les enfants qui peuvent être vus aussi longtemps. Certains (et même certains enfants que mon fils fréquente à la prématernelle) ne recevront plus de services en janvier. Leurs besoins sont sans doute moindres. Ou bien est-ce seulement qu’ils ne sont pas amis avec la collègue de l’orthophoniste qui les soigne? Qui sait. Mais encore une fois, puisque nous sommes du bon côté du problème, on ne se plaindra pas. L’orthophoniste a même décidé qu’à partir de la semaine prochaine, elle viendrait chez nous plutôt qu’on aille à son bureau.

Le prétexte de cette offre: peut-être que Ti-Loup ne progresse pas parce que la thérapie se fait dans un contexte trop abstrait, et que si ça se passe dans son milieu il saura mieux l’appliquer à son quotidien. La vérité: Cocotte est trop dérangeante. Puisque je travaille à peu près aux mêmes heures que l’orthophoniste, Zak doit y aller avec les deux enfants. Ce n’est pas inhabituel pour les orthophonistes de devoir faire avec un petit frère ou une petite soeur, mais c’est plus difficile dans ce contexte. La méthode Lidscombe, utilisée pour le bégaiement chez les jeunes enfants, nécessite la participation du parent. Cocotte n’est pas du genre à se passer d’attention trop longtemps. L’orthophoniste va donc venir chez nous durant la sieste, ce qui permettra à Zak de se concentrer uniquement sur notre aîné.

Je sais que ce n’est pas complètement inhabituel pour les orthophonistes de faire des visites à domicile. Mais les autres cas dont nous a parlé notre amie, c’étaient des parents débordés, par exemple de triplets, qui n’arrivent pas à se rendre au bureau. Alors je me sens légèrement coupable qu’elle vienne nous voir chez nous. Peut-être aurais-je dû prendre systématiquement congé chaque semaine pour m’occuper de ma fille pendant le rendez-vous? Je ne veux pas qu’elle pense que je ne considère pas la thérapie de Ti-Loup comme une chose importante, simplement, je pensais que ça allait comme ça. Enfin, c’est fait. Au moins, on habite tout près du CLSC. Et ça va nous rendre la vie beaucoup plus facile. Sauf qu’il va falloir faire le ménage la veille au soir… mais ça devrait aller.

Ti-Loup parle comme un enfant de deux ans

Petites précisions ici : Ti-Loup parle français comme un enfant de deux ans. Ou même, comme quand il avait deux ans.

Je m’explique. Ti-Loup connaît de nombreux mots en français, et son vocabulaire s’est agrandi cette année puisque j’étais là plus souvent durant mon congé de maternité. Mais il utilisait les mots dans des phrases françaises. Je n’ai jamais insisté pour le faire parler français parce que je le connais, il se serait rebellé. J’ai pris mon mal en patience, me disant que de toutes façons il ira bientôt à l’école en français et devra bien faire des efforts. Mais il semble de plus en plus intéressé par le français, entre autres parce qu’une voisine qu’il admire beaucoup est en immersion française et essaie de me parler en français, et aussi sans doute parce que c’est quelque chose de spécial qui le rapproche de moi.

Ces temps-ci, Ti-Loup a commencé à essayer de faire des phrases en français. Mais en fait, il répète les phrases que je dis. C’est un début et un grand pas en avant. Mais ce qui est drôle, c’est qu’il n’arrive pas à adapter les pronoms. Par exemple, si je dis “Je t’aime, bonne nuit, à demain matin”, il va répéter le tout. Mais si je dis “Je vous aime” à
Ti-Loup, Cocotte et Papa en partant le matin, il va me répondre “Je vous aime”. Et si je dis “Amuse-toi bien à la prématernelle”, il y a de bonnes chances qu’il répète le tout aussi. Quoi que récemment, il a commencé à réaliser que ça ne fonctionnait pas alors il dit simplement “Amuse-toi bien”. Il faut donc de gros progrès.

Mais ça me fait rire et repenser à quand il avait environ deux ans et qu’on marchait ensemble sur le trottoir, et quand on arrivait au coin de la rue, ou quand il était fatigué, il nous tendait les bras en disant “I’ll carry you”. Parce que c’est ce que Papa lui disait avant de le prendre dans ses bras.

C’est pour ça que je considère qu’il parle français comme il parlait anglais à deux ans. Mais bon, ça pourrait être bien pire. Au moins il essaye et montre de plus en plus d’intérêt.

Les aventures de Sophie au Far Ouest

Je me suis rappelée d’une tranche de vie ce matin. Quand je suis partie pour un an en Colombie-Britannique, j’écrivais régulièrement à ma famille et à mes amis pour leur raconter mes mésaventures, surtout quand je faisais des voyages ailleurs (San Francisco, Seattle, Vancouver) que dans le petit patelin de 30 000 habitants où j’avais abouti. Et (si ma mémoire est bonne, ce qui est loin d’être certain) j’avais intitulé ces petits récits Les aventures de Sophie en Colombie-Britannique.

Je n’y avais pas pensé en nommant ce blogue, mais au fond il rejoint beaucoup cette idée. Ce sont Les aventures de Sophie au Far Ouest. Mettons que ces temps-ci j’ai les aventures moins aventureuses, mais le fond est le même : je suis loin et je veux essayer de garder contact avec ceux que j’aime en leur parlant un peu de mes états d’âme, en leur racontant ce qui m’arrive. Ça marche plus ou moins. Certains me lisent, d’autres pas. C’est la vie.

Je me souviens dans le temps des Aventures de Sophie en Colombie-Britannique, je trouvais parfois que les gens ne me donnaient pas beaucoup de nouvelles en retour. Je crois avoir eu une conversation sur le sujet avec ma meilleure amie, et elle m’avait expliqué qu’elle, elle menait toujours la même petite vie avec le même petit train-train quotidien, qu’il ne lui arrivait rien de bien extraordinaire à raconter contrairement à moi qui étais loin et vivait des aventures exotiques. Je me souviens aussi d’avoir passé du temps chez ma cousine et qu’elle se soit excusé qu’on n’ait rien fait de spécial, que je n’aie partagé avec elle que de petits moments du quotiden.

Mais ce quotidien avec vous, c’est justement ça qui me manque! Faire la fête avec vous, c’est bien, mais pas si différent de faire la fête ici. Dans une fête, ça parle fort, ça s’amuse, mais ce n’est pas tant ça qui tisse les liens. Ce qui tisse des liens, c’est changer des couches, donner le bain, lire des livres avec un enfant. C’est prendre une collation ensemble avant de se coucher en se racontant nos états d’âme. C’est aller faire l’épicerie ou s’acheter des vêtements parce que c’est une excuse pour jaser en même temps.

Si je ne racontais que ce qui m’arrive de différent sur mon blogue, il n’y aurait pas grand chose. J’y mets surtout des tranches de mon quotidien. Et ça le rend sûrement moins intéressant pour pleins de gens. Mais c’est une façon de tisser des liens. Parce que ma mère, mon amie, ma cousine ne peuvent pas changer les couches de mes enfants ou leur donner leur bain. Mais au moins ils peuvent savoir un peu ce qu’on fait de notre quotidien au Far Ouest.

Maman!

J’ai appris à ignorer Cocotte quand elle pleure. Pas toujours, bien sûr. Je lui réponds quand elle a vraiment besoin de moi. Mais quand il est 5 heures du mat et qu’elle voudrait déjà que la journée commence, tant pis pour elle. Je sais où ça mène : si je vais la chercher, le lendemain elle va commencer à pleurer à 4 h 30. Alors je la laisse pleurer, et normalement elle se rendort. Ou au moins elle somnole. Même quand elle me fait ça à 22 h et que je décide d’aller voir si elle a sali sa couche, le fait que je sois allée la calmer rend toujours ses pleurs pires après, alors j’ai appris à l’ignorer quand je peux.

Sauf que maintenant elle dit “Maman!”. C’est une chose d’ignorer des pleurs, mais quand je l’entends qui m’appelle par mon nom, je trouve ça beaucoup plus difficile de résister. Je le fais quand même, mais ça vient me chercher.

Parfois je me demande si je suis sans coeur, par exemple quand je lis le blogue d’autres parents qui accourent au chevet de leurs petits (beaucoup plus vieux que Cocotte) dès qu’ils font du bruit. Mais au fond je sais bien que 1. Tous les bébés sont différents, et certains vont se calmer et se rendormir plus vite après la visite d’un parent,  le mien c’est le contraire; et 2. Si j’avais toujours fait ça, je ne pense pas que j’aurais survécu. En ce moment, je dors entre 6 et 7 heures par nuit et je survis difficilement. Si je me levais dès que Cocotte se met à pleurer, j’aurais pété les plombs il y a longtemps, et elle ne serait pas plus avancée.

Alors je continue à résister. Malgré le fait qu’elle crie “Maman!”

Bienvenue chez moi!

Voici mon tout nouvel univers en français. Si vous voulez en savoir davantage sur moi ou sur l’histoire de ce blogue, consultez la page “Moi”. Mais je sais très bien qu’en fait, j’écris pour trois ou quatre personnes qui me connaissent déjà. Alors bienvenue dans ma nouvelle maison. Toute en français celle là, ou en tout cas, aussi français que me le permettra le fait que j’habite dans un milieu anglophone avec une famille à moitié anglophone. Mais c’est ça, chez moi!