Ma petite marcheuse

Hier après la sieste (de maman et des deux enfants), pendant que Papa faisait les magasins sans rien trouver malgré le supposé Boxing Day, j’ai décidé d’amener les enfants à la banque juste pour avoir une excuse pour sortir. Ils n’avaient pas encore mis le nez dehors, et malgré la pluie, ils avaient besoin d’air frais. Cocotte, du haut de ses 15 mois, a marché jusqu’à la banque et est revenue à pied. Ce n’est peut-être que 4 pâtés de maison, mais quand même! Je l’ai portée seulement pour traverser les rues. Je sens que ça va être une bonne marcheuse… si on peut la convaincre de tenir la main pour ne pas qu’elle se sauve dans la mauvaise direction!

Lendemain de Noël, lendemain de veille…

Imaginez la situation. Vous habitez dans un 5 1/2. Dans une chambre, les enfants. Dans l’autre, les parents. En bas, dans la troisième chambre, la belle-soeur. Le reste de l’étage est à aire ouverte, les beaux-parents dorment sur le divan du salon, leurs valises prennent la moitié du grand hall qui sert de salle de jeux. À 5 h du matin, Papa vous réveille en allant à la toilette. À 5 h 30, Cocotte se réveille en hurlant. Vous vérifiez que sa couche n’est pas sale et la remettez au lit. Elle continue de hurler. Elle réveille Ti-Loup, qui va à la toilette et retourne se coucher, mais vous l’entendez pleurer. Vous allez voir ce qui se passe, et à travers les hurlements de Cocotte, il vous dit qu’il est malade. Vous le recouchez, quand même, recouchez Cocotte, retournez vous coucher… mais à 6 h, Cocotte est de nouveau debout. C’est son heure, et malgré le fait qu’elle s’est couchée avec 2 heures de retard, elle ne se rendormira pas. Et que si vous la laissez pleurer, elle va de nouveau réveiller Ti-Loup, et Papa aussi. Alors vous vous levez avec elle, mais vous en faites quoi? Vous jouez où? Les seuls endroits habituellement dégagés sont recouverts de cadeaux de Noël. Et puis il y a le chien, que Cocotte adore mais qui n’aime pas les enfants.

J’aime bien avoir de la visite, mais c’est dans ces moments-là que je trouve mon appartement décourageant de petitesse. Trop petit pour avoir trois adultes et un chien de plus. Notre salle de bain et notre système de ventilation ne sont pas adaptés à avoir 5 adultes qui prennent leur douche tous les jours, plus le bain des enfants de temps en temps.

Et puis parlons-en des enfants! Dans ma famille, les parents laissent habituellement veiller les enfants jusqu’aux petites heures du matin, à Noël. C’est la fête. J’aimerais bien en faire autant. Mais mis à part le fait qu’on n’a pas de party qui dure jusqu’aux petites heures (j’aime beaucoup ma belle-famille, mais ils sont très tranquilles), mes enfants ne sont pas capables de dormir le matin. Trois soirs de suite, ils se sont couchés “tard”, c’est-à-dire vers 21 h plutôt que 19 h 30. Ils sont épuisés. Hier, on a couché Ti-Loup pour lui faire faire la sieste, mais il n’a pas dormi. Le matin, il s’est levé à la même heure que d’habitude, et Cocotte aussi. Heureusement, aujourd’hui, Ti-Loup a fait la sieste… deux heures! Il était tellement fatigué qu’il en était malade, il a vomi ce matin. Faut dire que ça fait deux jours qu’il ne mange presque plus parce qu’il est trop excité de retourner jouer avec ses cadeaux.

Enfin. On a quand même eu bien du plaisir. Ti-Loup a reçu du père Noël “Exactement ce qu’il avait toujours voulu” et il n’a pas délaissé ses légos plus que dix minutes d’affilées depuis. Et Cocotte s’amuse avec tous ses jouets… et avec les légos d’Elliot, et avec les valises de grand-maman et grand-papa (qui font aussi une très belle marche pour grimper un peu partout), et avec le sapin, et avec tout ce sur quoi elle peut mettre la main. Et puis évidemment, ils profitent des grands-parents qui leur lisent des histoires et jouent avec eux.

Alors on passe de beaux moments, malgré certaines frustrations. Vous me manquez, bien sûr. J’espère que vous passez tous un très joyeux Noël!

La petite famille au marché de Noël

 

Le Noël qui aurait pu mal finir…

On était tous à table hier pour le dîner quand on a remarqué qu’un gros camion s’était stationné dans la ruelle juste devant notre stationnement. Au même moment, mes beaux-parents sont revenus et ont voulu se stationner, mais l’entrée était bloquée. Mon beau-père a demandé au chauffeur de se tasser, et celui-ci a refusé. Mon beau-père avait beau lui montrer qu’on le regardait depuis notre porte patio, expliquer qu’il devait stationner là, rien à faire: l’homme avait une livraison à faire et il n’allait pas bouger avant de l’avoir faite. Ça allait prendre seulement 5 minutes de toutes façons.

On n’en revenait pas du culot du monsieur. Il était stationné illégalement dans un endroit où il faut un permis, devant un stationnement privé, il était aggressif, et puis après 15 minutes il n’était toujours pas revenu. On a donc voulu le faire remorquer, mais c’était impossible un samedi, 24 décembre. En nous voyant au téléphone, cependant, la femme qui accompagnait l’homme (et était resté dans le camion) a semblé faire un appel sur son cellulaire. Je ne sais pas si c’était lié, mais quelques minutes plus tard, l’homme était de retour dans le camion. Il est parti à reculon, avec des gestes brusques d’homme frustré, avant de revenir à toute vitesse.

En une seconde, Papa était au téléphone avec les policiers, certain que le chauffeur revenait pour lui faire un mauvais parti. Il avait vraiment l’air mauvais! Heureusement, il s’est rangé devant la voiture de mon beau-père, où il y avait une place libre tout ce temps-là, et on est retournés à nos activités.

Environ 10 minutes plus tard, il a cogné à la porte. J’ai eu vraiment peur qu’il vienne pour s’engeuler et je n’aurais probablement pas ouvert la porte, mais mon beau-père était le plus près et il a jugé que l’homme avait changé d’attitude, alors il a ouvert. L’homme nous a fait ses plus sincères excuses: il n’avait pas réalisé qu’il y avait vraiment des places de stationnement perpendiculaires à la rue, il croyait que mon beau-père voulait simplement se stationner en parallèle, sur la voie publique, aussi près de la porte que possible, et il ne comprenait donc pas pourquoi mon beau-père prétendait avoir “sa” place à lui. Il s’est excusé d’avoir gâché notre repas et nous a souhaité un très joyeux Noël.

Et comme ça, nous sommes passés de la frustration et de la peur au soulagement, et même plus. L’homme aurait pu, réalisant son erreur, partir gêné en sachant qu’il ne nous reverrait jamais. Mais non: il a pris sur lui de venir s’excuser. Ça prenait quand même du courage. Et nous étions tous très sincères quand nous lui avons souhaité un joyeux Noël.

Chialeuse…

Deux de mes amies au bureau m’ont fait la même réflexion l’autre jour: m’écouter ne leur donne pas envie d’avoir des enfants. C’est vrai que je chiale beaucoup. Je leur raconte mon manque de sommeil, les crises de Cocotte, l’obstination de Ti-Loup, notre manque d’argent malgré mon bon salaire, etc. C’est sûr que je ne peins pas le portrait le plus angélique de mes enfants: des amies, ça sert à ça, non, entendre les récriminations des parents écoeurés?

Mercredi soir, une de ces deux collègues est venue avec nous au parc Stanley. Elle s’est bien amusée avec nous et il faut dire que les deux enfants (et en particulier Ti-Loup) ont vraiment été sages. Cocotte l’a fait bien rire avec sa crise sur le père Noël, et puis à s’écrier “Nez! Nez!” pour demander de se faire moucher chaque fois qu’elle éternuait. Sur le chemin du retour, elle me disait que ça lui donnait le goût d’avoir des enfants. Alors, que je lui ai demandé, je te donne le goût d’en avoir ou de ne pas en avoir? Il faut se brancher!

On en a conclu que m’entendre parler de mes enfants lui enlève le goût d’en avoir, mais passer du temps avec eux lui donne le goût d’en avoir. D’où ma conclusion finale: je suis vraiment chialeuse!

Solstice

Le 21 décembre, la nuit la plus longue de l’année, est aussi devenue la nuit la plus longue de toute une vie pour une de mes amies. Son enfant est mort du cancer cette nuit-là. J’aimerais dire qu’il est au ciel, mais je n’y crois pas. Il est mort, c’est tout. Laissant derrière lui une famille dont la vie ne sera plus jamais la même et qui ne fêtera plus jamais Noël de la même façon.

Repose en paix, toi qui aura toujours cinq ans. Nous ne t’oublierons pas.

Le classique…

Hier soir nous avons fait une belle sortie de Noël. Nous sommes allés au parc Stanley faire un tour dans le train de Noël, qui passe à travers une forêt toute décorée, pleine de lumières. C’était très chouettes. Nous avons aussi flâné dans le village de Noël, pour finalement entrer voir le père Noël. Il n’y avait pas de file d’attente alors Papa a suggéré qu’on se fasse tous prendre en photo avec lui. Ti-Loup a accepté d’y aller s’il n’avait pas à s’asseoir sur les genoux du père Noël, condition qu’on a acceptée sans mal. Papa s’est donc assis avec lui sur l’accoudoir du fauteuil d’un côté et moi, de l’autre avec Cocotte. On s’est tous retournés vers la caméra, et bang! Cocotte s’est mise à hurler!

Je sais, c’est un classique. Mais je ne comprends pas ce qui l’a enragée à ce point étant donné qu’elle était dans mes bras. Tout le monde s’est retourné (elle est assez convaincante quand elle crie) et tout le monde riait, moi la première. J’ai fini par la calmer un peu et on a pris la photo. Pauvre père Noël! Il a l’air très seul dans le milieu, les bras croisés, alors que Ti-Loup s’éloigne de lui le plus possible d’un côté et que Cocotte, toute rouge encore, ferme les yeux de l’autres. Heureusement que Papa et moi sourions!

Cela dit, nous avons passé une très agréable soirée. Nous sommes rentrés tard, les enfants se sont couchés avec plus d’une heure de retard, et évidemment ils se sont levés plus tôt qu’à l’habitude ce matin. Je m’attends donc à ce que Papa passe une journée très difficile. Ce soir au programme: souper très tôt et au lit à 18 h 30! D’autant plus que notre sortie semble avoir redonné de la vigueur au rhume de Cocotte… et que nous avons du ménage à faire avant l’arrivée de mes beaux-parents demain.

 

Papa!

Ma fille dit enfin papa. Remarquez qu’elle appelle encore son père Maman la plupart du temps… Mais quand il a descendu l’escalier ce matin et qu’elle a couru vers lui en criant “Papa!” avec un gros sourire aux lèvres, il était pas mal content!

Caleb

Vous ne connaissez sûrement pas Caleb, puisqu’il n’existe pas et que selon toute vraissemblance, il n’existera jamais. Caleb, c’est le nom qu’on aurait sans doute donné à Cocotte si elle avait été un garçon. Mais c’était plus qu’un nom… j’étais assez convaincue que j’allais avoir un garçon, alors sans le nommer vraiment dans mon bedon, je l’imaginais en Caleb.

En fait, on n’était pas fixés, Papa et moi. Lui préférait Félix, je crois, un nom pas mal rare ici, mais tellement fréquent au Québec que ça ne m’attirait pas tant que ça. Moi j’aimais bien Caleb, un nom rare au Québec, un nom vieux, mais que tout le monde aurait su écrire. Ici, par contre, ça revient à la mode. Papa hésitait. Mais j’aurais sans doute remporté, puisque (même si je ne le dirais pas trop fort), les noms de Cocotte et de Ti-Loup, ce sont ceux que j’avais choisis… J’ai, les deux fois, réussi à venir à bout des hésitations de Papa.

Caleb, donc. Pourquoi étais-je aussi certaine que ce serait un garçon? En fait, mes grossesses n’ont pas été si semblables: j’ai eu des nausées la deuxième fois, ce qui ne m’était pas arrivé la première, même si elles ont quand même été très limitées. Mais j’ai mis ça sur le dos de mon âge plus avancé. Je mangeais un peu moins la deuxième fois. Mais tout ça, de toutes façons, ce sont des histoires de grand-mère. Et je n’ai jamais cru aux pressentiments des mères qui “savent” si elles portent une fille ou un garçon depuis toujours. En tout cas, moi, je n’ai jamais senti ça. Mon premier doute m’est venu avec l’écographie de 20 semaines (environ, de mémoire) alors que la technicienne, une francophone, avait dit “Il… le bébé est…” Je ne me souviens plus de la phrase, mais peu importe. Elle avait justifié son emploi du pronom “il” en se reprenant avec le mot “bébé”, mais j’ai pensé qu’elle avait peut-être vu le sexe et s’était échappée sans le vouloir.

Tout le monde, d’ailleurs, me prédisait un garçon, selon la forme de ma bedaine ou autres. Pas que je crois vraiment à ça non plus, mais ça me donnait plutôt envie d’avoir une fille juste pour les contredire. En fait, c’est surtout ça le hic… J’avais peur de vouloir une fille. À ma première grossesse, j’aurais voulu une fille puisque j’ai un neveu et pas de nièce. La deuxième fois, je m’étais pas mal fait à l’idée d’avoir un autre garçon. Ça aurait simplifié certaines choses (vêtements, chambre partagée, goûts partagés peut-être). Mais si j’avais eu un autre garçon, j’aurais quand même sûrement ressenti une petite pointe de tristesse à l’idée de ne jamais connaître ce que c’est que d’avoir une fille. Alors je ne voulais pas me laisser aller à “espérer” une fille parce que je ne voulais pas être déçue. Je suis partie avec l’idée que j’aurais sans doute un autre garçon, je m’étais tout à fait faite à l’idée et j’aurais été très contente d’avoir un petit Caleb.

Quand le bébé est sorti, on l’a posé sur mon ventre et j’ai voulu le tirer jusqu’à ma poitrine, un peu incertaine da la façon de manipuler ce bébé tout neuf et tout gluant, mais il ne se rendait pas parce que le cordon ombilical était trop court. Alors j’ai dû me soulever pour le regarder mieux et j’ai été en fait passablement surprise de découvrir que c’était une fille. Cocotte. J’ai été agréablement surprise, bien sûr. Mais j’ai aussi eu du mal à m’habituer au fait que c’était une fille. En plus du fait que je m’attendais à un garçon, le mot “bébé” étant masculin en français, je l’appelais toujours “il” dans ma tête. Pendant plusieurs mois, il m’est souvent arrivé de l’appeler “il” ou de penser à elle en terme de garçon. Puis je me suis habituée. Parce que c’est Cocotte, la seule et unique.

Mais je me demanderai toujours qui aurait été Caleb. Je ne sais pas encore ce que seront les rapports entre mes deux enfants – auraient-ils été différents si j’avais eu deux garçons? Une chose est sure: je l’ai toujours dit et je le répète, je suis bien contente qu’on ne choisisse pas le sexe de ses enfants. Parce que je n’aurais pas su quoi choisir. Et c’est bien mieux comme ça!

Le temps des Fêtes

Le père Noël vient toujours faire un tour à la Coop. Notre party de Noël était samedi soir et le monsieur qui, depuis des années, joue ce rôle pour nous n’était pas disponible. Des gens ont fait le tour de la salle, demandant à tous les hommes présents s’ils accepteraient de dépanner. Papa a été approché et a refusé, se doutant bien que Ti-Loup n’y verrait pas que du feu. Forte de mon expérience d’enfant, quand c’était souvent ma tante qui se déguisait, j’ai suggéré une dame très joviale, qui a trouvé l’idée amusante mais a décliné l’offre. On a aussi refusé ma suggestion d’un jeune homme au teint apparemment un peu trop basané pour le rôle. Finalement, c’est un homme extrêmement gêné qu’on n’entend jamais parlé qui a accepté de faire le père Noël. C’était un contre-emploi total et je n’ai jamais vu un père Noël aussi tranquille… Mais c’était beaucoup mieux que rien!

Cocotte et Ti-Loup étaient très heureux de leurs cadeaux. Ti-Loup a reçu des légos et il se les ai d’ailleurs déjà fait confisquer pendant quelques heures parce qu’il était si obsédé par son cadeau qu’il n’écoutait plus quand on lui parlait. Cocotte a reçu des maracas en forme d’oeufs, parfaites pour ses petites mains. Bien honnêtement, on a du mal à trouver des choses dont elle peut avoir besoin, elle a déjà beaucoup de jouets hérités de son grand frère, mais bien sûr le père Noël ne peut pas l’oublier (elle ne s’en rendrait pas compte mais Ti-Loup, oui!).

J’aimerais mieux que le père Noël ne vienne pas à la Coop. D’abord, comment expliquer aux enfants qu’on a cette chance immense qu’il se déplace deux fois pour venir les voir – parce qu’il faut bien qu’il revienne dans la nuit du 24 au 25! J’ai l’impression que ce ne sera pas très long qu’il va falloir expliquer à Ti-Loup que celui qui visite la Coop n’est pas le vrai père Noël. Ensuite, je trouve qu’ils reçoivent déjà assez de cadeaux sans avoir à en acheter un autre pour cette occasion (ce sont bien sûr les parents qui fournissent les cadeaux que le père Noël remet aux enfants). Ce n’est pas tant une question d’argent – ce sont des petits cadeaux – que de place pour tout ranger après. On a un petit appartment. Il va falloir faire un sérieux ménage et donner des jouets aux pauvres! Mais c’est dur puisqu’on ne peut pas vraiment se débarrasser de ce qui n’intéresse plus Ti-Loup, vu qu’il y a Cocotte. Mais dès que celle-ci est devenue trop vieille pour un jouet, je m’en débarrasse avec une joie certaine!

On a presque fini d’acheter les cadeaux – c’est fait pour les enfants, il me reste à acheter un cadeau pour Papa, défi suprême. Il fait tellement des recherches poussées avant de s’acheter quoi que ce soit que j’ai toujours peur d’acheter la “mauvaise” marque ou le “mauvais” gadget. Lui m’a acheté mon cadeau… avec moi, mais je n’ai pas le droit de m’en servir avant Noël. Moins d’une semaine, et j’ai congé entre Noël et le Jour de l’An.

Je sens qu’on va s’amuser, même si j’aimerais mieux fêter en famille au Québec. La belle famille est très gentille, mais disons que ce n’est pas le gros party. Un jour peut-être!