Le mal de bloc

Pourquoi est-ce que c’est toujours après une grosse journée de travail stressante, quand on a un mal de tête carabiné, que nos enfants décident de hurler comme des perdus jusqu’à l’heure du coucher? Est-ce qu’ils sentent notre faiblesse et en profitent? Ou bien est-ce qu’ils hurlent en fait autant tous les jours, mais je ne m’en rends pas compte quand je ne suis pas déjà dans un état de délabrement avancé?

Heureusement qu’ils se couchent tôt…

Le temps élastique

Je repensais hier soir à la maison de Sainte-Foy où j’ai grandi, celle où j’ai l’impression d’avoir passé mon enfance. En fait, quand j’y réfléchis, j’y ai passé seulement 7 ans, de 9 à 16 ans. Mais ce furent mes années formatrices. Je me souviens de la maison où on a vécu de 2 à 9 ans, mais pas aussi bien. J’y ai eu des amis, mais qui n’ont jamais été aussi importants pour moi que peuvent l’être les amis de l’adolescence. Et mes souvenirs de cette époque baignent dans le flou.

La maison de Sainte-Foy, par contre, je peux encore me l’imaginer dans ses moindres détails. Chaque petit coin est associé à une ou plusieurs anecdotes. La table de la salle à manger, où je faisais mes casse-tête et où ma mère pliait le linge propre. Le salon où on fêtait Noël, où on avait écouté la toute première chanson composée par mon frère, où j’écoutais des disques, où je faisais des jeux de patience sur la table à café. L’entrée, où mon amie s’était cassé quelque chose en tombant un jour où elle faisait la course avec une autre amie pour arriver à la toilette en premier. La chambre de mon frère, où je l’ai regardé jouer à l’ordinateur (et où j’ai fini par aboutir des années plus tard). Ma chambre, avec son lit à deux étages, où ma mère venait parfois se glisser quand elle rentrait tard et qu’elle ne voulait pas réveiller mon père insomniaque. La chambre de mes parents, où j’allais parfois m’étendre pendant que ma mère lisait dans son lit le soir, et où je m’assoyais devant sa coiffeuse pour regarder ses bijoux. Le bureau/chambre d’amis, dont j’oubliais toujours d’éteindre la lumière après avoir parlé au téléphone.

Dans le sous-sol, il y avait la salle de séjour où j’ai fait des chorégraphies et regardé des heures et des heures de télé (dont RBO et beaucoup de baseball et de hockey). La chambre de ma soeur, où je couchais parfois quand elle n’était pas là pour pouvoir être avec les chats; j’ai tellement souvent sauté sur son lit! Pendant les Jeux olympiques, j’imaginais être une gymnaste étoile et j’y faisais des pirouettes. La salle d’ordinateur/salle de jeux, où mon frère et moi avons beaucoup, beaucoup joué aux légos, puis où je l’ai regardé jouer à l’ordinateur sans parler, de peur de me faire renvoyer. C’est là, aussi, qu’on avait brisé une lampe en sautant sur un lit et qu’on avait menti à nos parents sur les circonstances de l’incident. L’atelier, où se trouvait la litière des chats que je devais vider, et où j’ai souvent aiguisé mes patins de vitesse avec ma mère. La salle de lavage, où se trouvait le garde-robe où ma mère cachait mes jouets quand elle trouvait que j’avais trop vieilli pour continuer de m’en servir. Quand j’y avais découvert mon service à thé je lui en avais vraiment voulu (l’espace d’un instant).

Et puis dehors il y avait le foyer où je brûlais mes livres d’école le 24 juin, la table où on faisait des pique-nique et que j’ai peinturée (mal) un été, les bancs de neige où j’ai passé tant d’heures à jouer toute seule, et le cabanon où se cachait mon vélo, mon cheval, ma liberté.

Quand je repense à tout ça, j’ai du mal à croire que ça s’est passé en seulement 7 ans. J’habite à la Coop depuis 7 ans, et ça a passé en un claquement de doigts. 7 ans, ce n’est rien. C’est un soupir dans une vie. Mon fils a déjà presque 5 ans.

Je sais depuis longtemps à quel point le temps est élastique, à quel point il passe lentement quand on est jeune et accélère à l’âge adulte. Mais cette réalisation d’hier, le fait que j’ai passé autant de temps à la Coop que dans ma maison de Sainte-Foy, ça m’a frappée. Bien sûr, j’ai une foule de souvenirs de la Coop. C’est là que mes enfants sont nés, c’est là qu’on a eu un chien, quoi que brièvement. J’y ai accueilli ma mère à la naissance de mes enfants. Mais mes souvenirs de mon appartement ne se comparent en rien à ceux que j’ai gardés de la maison de mon enfance.

Bien sûr, je passais bien plus de temps à la maison quand j’étais enfant que maintenant, en tant qu’adulte qui travaille. Mes plus beaux souvenirs d’ici se sont passés ailleurs, sur des sentiers de randonnée, en vacances sur le bord de la mer. Mais quand même. Ça fait vraiment autant de temps?

Et dans 7 ans? Quels souvenirs est-ce que j’aurai de notre nouvel appartement?

Plaisirs d’hiver

L’hiver, chez nous, ça ne dure pas longtemps. Nous sommes déjà revenus à cet automne moche et pluvieux qui dure d’octobre à mars. Bien sûr, j’exagère. Il y a de très belles journées au travers. Mais aujourd’hui, il fait 4 degrés, il pleut, et la neige est chose du passé. Alors pour me réconforter, je vous offre un petit souvenir de nos trois jours d’hiver…

Ti-Loup déguisé en enfant québécois par une belle journée d'hiver.

 

 

 

 

 

 

 

Cocotte accepte finalement de porter des mitaines, parce que la neige, c'est froid!

Cocotte apprivoise les joies de l'hiver... sur la plage!

 

 

 

 

 

Eh oui, chez nous la glissade ça se fait au travers des mottes de terre et du gazon. Mais ça glisse quand même étonnament bien!

Si tu montes dans mon bateau

Cocotte comprend de plus en plus ce qui se passe autour d’elle. Ou en tout cas, on se rend de plus en plus compte de tout ce qu’elle comprend. Hier soir, Papa a dit: “C’est l’heure du dodo. Va chercher ta souris et ton ourson, et on va monter.” Elle est partie d’un pas décidé et trente secondes plus tard, elle montait l’escalier, munie de sa souris et de son ourson. C’était quand même trois instructions en même temps!

Mais ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est quand j’ai joué avec elle à “Si tu montes dans mon bateau”. Quand j’arrive à la phrase “Montes-tu?”, habituellement, elle ne répond pas. Ou alors elle dit “non”, puisque c’est son mot préféré. Hier, comme toujours, j’ai chuchoté “Il faut que tu dises oui!” Et elle a dit “oui”. Ensuite, à “payes-tu?”, elle a dit non. Et nous l’avons refait plusieurs fois de suite, et elle disait oui et non au bon moment. Une nette amélioration.

Elle commence aussi à répéter des mots quand Ti-Loup le lui demande. Ce matin, c’était “blueberries”, rien que ça! Elle dit aussi merci, et elle a répété son nom quelques fois (enfin, son surnom). Ce matin, elle pointait vers une étagère en disant “dodo!”. Comme nous étions à table, je lui ai demandé “tu veux de l’eau?”. Elle a répondu “non, dodo! rrrr psh, rrr psh” (tentative de bruits de ronflements). Ti-Loup m’a montré l’ourson de sa soeur, qui était couché sur l’étagère – j’avais manqué la scène parce que j’étais dans la douche. Je l’ai trouvé pas mal bonne de trouver une façon de reformuler vu que je ne comprenais pas.

Elle dit aussi “muffin”, elle dit le nom de l’enfant de nos amis qui est mort en pointant sa photo, “snow”, et une foule d’autres mots dont je ne me souviens plus mais qui me surprennent chaque jour. Et je suis toujours aussi fascinée par son apprentissage!

Juste ça? Vraiment?

Des amis ont donné mon nom comme référence dans un processus d’adoption. Je m’attendais à recevoir un questionnaire de six pages comportant une foule de questions à développement embêtantes. Pas du tout. Une page. Quatre questions (si on ne tient pas compte des questions sur mon identité et sur le nombre d’années depuis lesquelles je connais le couple). Pour chacune des questions, au plus une ligne pour écrire la réponse.

J’essaie de comprendre le pourquoi de la chose. On ne précise pas, sur le questionnaire, si celui-ci est confidentiel. Va-t-on le montrer à mes amis s’ils veulent savoir, par exemple, pourquoi leur dossier n’a pas été accepté? Une chance que je n’ai aucun doute sur leur capacité à s’occuper d’un enfant, parce que ça pourrait me mettre dans une situation embêtante où j’aurais à choisir entre protéger un enfant éventuel ou mes amis. J’imagine que l’organisme qui administre le questionnaire sait très bien que si un couple donne une certaine personne en référence, les chances que cette personne ait d’eux une opinion négative sont assez faibles merci. N’empêche, tant qu’à se donner la peine de consulter des références, il me semble qu’ils pourraient le faire mieux.

Ils auraient pu me passer un coup de fil. Ça ne prendrait pas beaucoup de temps pour poser ces quatre questions, et à l’oral, les chances que de l’information moins avantageuse sur le couple se glisse dans la conversation par erreur sont sans doute beaucoup plus grandes. Et puis il y a une question, toute simple, que j’aurais posée: seriez-vous prêt à leur confier vos propres enfants? Dans le cas présent, j’aurais répondu oui, sans hésiter. Mais la question n’est pas là. La dernière question ressemble à: considérez-vous qu’il y a un empêchement majeur à ce que ces personnes adoptent un enfant. Majeur. Ils ne veulent pas connaître d’empêchements mineurs. Et ils ne veulent pas qu’on fasse de commentaires généraux sur le couple puisqu’il n’y a pas de place pour ça. Je trouve quand même ça étrange. Je m’attendais à davantage de questions ouvertes.

En plus, on me fournit une enveloppe préadressée pour retourner mon questionnaire, mais elle n’est pas préaffranchie. Pas que ça me dérange de payer le timbre. Je trouve juste que ça fait cheap. Je trouve qu’on ne dirait pas qu’ils font vraiment tout ce qui est en leur pouvoir pour s’assurer que les personnes sondées vont vraiment répondre au questionnaire.

Après tout, on parle juste de la vie d’un enfant… et d’un couple.

C’est l’hiver

C’est par une semaine comme celle-ci que Vancouver aurait dû avoir les Jeux olympiques. Pour une fois, c’est vraiment l’hiver. Il fait -7 ce matin, -13 avec le facteur vent. Et il neige, pas des gros flocons comme l’autre jour, mais une petite neige fine qui va quand même finir par tout recouvrir si ça continue.

J’ai parlé l’autre jour des chauffeurs qui sont mal préparés, mais les piétons sont encore plus drôles. Plusieurs n’ont pas de manteau d’hiver. Ceux qui ne sont pas en souliers sont presque tous en bottes de pluie. Beaucoup n’ont ni gants, ni mitaines. Mais ce qui me fait le plus rire, ce sont les parapluies. Quand il neige, les gens se protègent avec leurs parapluies. C’est coloré, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que si on avait une vraie bonne tempête, ça ne tiendrait pas dix minutes.

J’ai dit qu’il aurait fallu avoir les Jeux olympiques une semaine comme celle-ci, mais je blaguais. Avec le chaos qu’apporte la neige ici, on ne s’en serait jamais sortis. Et puis dans un jour ou deux, tout va être fondu, et Vancouver dans la sloche… enfin, passons.

Que voulez-vous, Vancouver n’est simplement pas une ville hivernale!

Il neige!

Il neige à gros flocons. Rien de bien excitant pour les Québécois parmi vous, mais ici, ça n’arrive pas souvent. Une ou deux fois par hiver. Et quand ça arrive la nuit, on manque le spectacle. Un spectacle magnifique, qui va bientôt être gâché parce que ça va virer en pluie tôt ou tard. En ce moment, il fait -2 (dans les prédictions officielles, donc à l’aéroport). Le mercure ne reste jamais bien longtemps sous zéro. Alors il faut en profiter.

Déjà, hier, on est allés au cours de natation des enfants qui sont dans une partie de la ville un peu plus en hauteur. Là, il avait neigé vendredi. Ti-Loup s’est amusé à jouer dans la “neige”, en fait une croûte glacée. Mais là, maintenant, la neige qui tombe est collante, parfaite pour faire un bonhomme. Et Ti-Loup est en route vers la prématernelle. On a sorti sa salopette d’habit de neige pour la première fois cette saison, il va pouvoir s’amuser avec ses amis. Si ça dure. Déjà, les flocons semblent moisn gros, j’espère qu’ils ne fondront pas trop vite.

Ici, quand il neige, la ville est vite paralysée. Beaucoup de gens ont des pneus d’été ou au mieux, des quatre-saisons. Et s’il neige chez moi, au centre-ville, ça veut dire qu’il neige vraiment dans la vallée du Fraser, où c’est toujours plus froid (puisque plus loin de l’océan). Vancouver étant une ville très chère, les gens qui y travaillent habitent souvent en banlieue très éloignée, où il y a plus de neige. Ils n’ont pas envie d’avoir à se battre pour rentrer chez eux dans la neige sur un trajet qui, habituellement, prend déjà plus d’une heure. Une journée de neige, avec les sorties de route, les accidents (en plus d’être mal équipés, les gens ne savent pas conduire dans la neige), le retour à la maison devient vite bordélique.

Alors beaucoup de gens prennent congé. Ou ils partent plus tôt du travail pour éviter l’heure de pointe. Ou ils travaillent de chez eux. Ou ils prennent les transports en commun. Parfois, tout ferme pour un tout petit 5 cm de neige. Moi, j’habite à 10 minutes à pied du travail alors je ris. Je suis venue en espadrilles au travail ce matin. Au pire, j’aurai un peu froid au retour. Mais je peux profiter du temps qu’il fait sans avoir peur des conséquences.

Pour des québécois, le branle-bas de combat que provoque le moindre flocon de neige à Vancouver est ridicule et très, très amusant. Alors je vais profiter du spectacle aujourd’hui. En espérant que mes enfants vont eux aussi en profiter et aller jouer dans la neige… avant qu’elle fonde. Ce soir, demain, ou au mieux dans quelques jours.

Anyway

J’étais en train de parler à Ti-Loup quand j’ai laissé échapper cette expression, dans une prononciation tout ce qu’il y a de plus québécoise, dans une phrase du genre:
- Anyway, c’est l’heure d’aller te coucher alors on en reparlera demain.

Ti-Loup a ouvert la bouche et l’a refermée tout de suite, pensif.
- Maman, how do you say “anyway” in French?

Euh, oui, bon. Je vais faire plus attention à l’avenir. Apparemment mon fils fait maintenant très bien la différence entre l’anglais et le français.

Dr. Seuss

Connaissez-vous le Dr. Seuss? À part celle de mes lectrices qui a passé quelques années à Vancouver durant son enfance, je parie que non. Cet auteur américain de livres pour enfants est pourtant un incontournable chez les anglophones et donc, dans ma maison. Il m’a fallu du temps pour m’habituer au style de l’écrivain, qui fait surtout des rimes, mais en inventant une multitude de mots. Au départ, ça me fâchait, je me disais que s’il suffisait d’inventer des mots pour avoir des rimes, je m’étais beaucoup trop compliqué la vie jusque là. Mais à l’usage, je suis bien forcée d’avouer que l’homme était plutôt génial.

Je ne sais pas trop pourquoi les enfants l’aiment à ce point, mais c’est un fait. Les livres du Dr. Seuss ont toujours été parmi les préférés de Ti-Loup. Et si j’avais eu besoin d’être convaincue davantage de leur intérêt, la réaction de Cocotte l’aurait fait. Ma fille adore les livres, mais elle a 16 mois. À ma connaissance, elle n’avait jamais, avant hier, assisté à la lecture d’un livre complet. Même un tout petit livre pour bébé de trois ou quatre pages ne lui résiste pas: après quelques secondes, elle se met toujours à tourner les pages, passant d’une a l’autre au gré de son inspiration avant de se lever et d’aller chercher un autre livre. Et quand je tente de m’opposer à elle pour finir de lire une page, elle s’enrage.

Hier soir, on est tombés sur un livre du Dr. Seuss qu’on avait ressorti de notre collection de livres “trop jeunes” pour Ti-Loup. Je le lui ai lu du début à la fin et elle n’a pas bougé de sur mes genoux. Ce matin, elle m’a d’abord apporté un autre livre, qui comporte à peu près la même quantité de texte par page qu’un livre du Dr. Seuss et a de bien plus belles images. Pas intéressant du tout, si je me fie au fait qu’elle n’a pas “toffé” trois pages (ce qui n’est pas surprenant, à son âge). Mais quand j’ai relu le livre du Dr. Seuss, elle m’a écoutée le lire au complet. J’ai fait un commentaire à Papa, qui est allé cherche les autres livres du Dr. Seuss. J’en ai lu deux autres. Du début à la fin. Directement de suite. Cocotte n’a pas bougé. Et ce ne sont pas des livres pour bébés: ils ont une trentaine de pages!

Je ne sais pas quel est le secret. C’est peut-être la musicalité des mots qui capte l’attention de ma petite musicienne. Je ne sais pas. Mais c’est indéniable: le génie de l’auteur ne se dément pas 20 ans après sa mort et 50 ans après qu’il ait écrit le gros de ses livres. Son principal point faible: il faut lire ses livres en anglais. Entre les rimes et les mots inventés, je ne peux pas traduire au fur et à mesure comme je le fais pour d’autres livres. Et de ce que j’ai vu des traductions professionnelles de ses livres, elles n’en valent pas vraiment la peine. Elles n’ont plus la musicalité et la poésie de l’original.

Si vous voulez avoir une idée de ce que ça donne, voici le livre du jour; vous pouvez “cliquer pour feuilleter” sur Amazone.

L’ambulance

Je ne peux pas m’en empêcher: j’imagine toujours le pire. Dès que Papa est en retard de quelques minutes pour un rendez-vous, je l’imagine déjà malade, accidenté ou mort. C’est encore pire s’il est avec les enfants, et encore encore pire s’ils sont à vélo. J’essaie d’imaginer ma vie s’ils disparaissaient tous en même temps et que je me retrouvais seule. Même si je sais qu’ils sont sans doute en retard – Papa n’est pas particulièrement ponctuel, et les enfants n’arrangent rien. C’est plus fort que moi.

Alors imaginez quand je suis rentrée du travail hier soir et qu’en tournant le coin de la rue, j’ai vu une ambulance stationnée devant la porte de notre immeuble. Mon cerveau savait bien qu’il y a 91 appartements dans notre coop et qu’ils abritent de nombreuses personnes âgées ou malades. Mais mon coeur, lui, s’est quand même mis à battre plus vite, et j’ai accéléré le pas.

Heureusement, cette fois-ci, l’attente n’a pas été longue. Dès que j’ai ouvert la porte de la cour, j’ai aperçu toute ma famille qui jouait dans la cour. Toute de suite je me suis mise à respirer un peu mieux. Nous avons quand même vu les ambulanciers emporter une de nos voisines sur une civière, ce qui n’est jamais agréable, mais c’est une femme qui, malgré qu’elle ne soit pas très âgée (elle doit être dans la soixantaine) a de nombreux problèmes de santé. Et elle semblait consciente, alors il y a de l’espoir.

J’espère qu’elle n’avait rien de grave. Et une fois de plus, je réalise ma chance que tous ceux que j’aime soient en santé et, surtout, toujours parmi nous.