Petite déception

J’ai reçu récemment la lettre de classement de Ti-Loup pour la maternelle et des trois enseignantes qu’il aurait pu avoir, il est bien sûr tombé sur celle que je ne lui souhaitais pas. Bien honnêtement, je ne peux juger du mérite de ces enseignantes puisque je ne les ai jamais rencontrées, et bien sûr la directrice nous a assurés qu’il s’agissait de trois femmes compétentes, douces mais fermes. La première possède de longues années d’expérience. La deuxième était “nouvelle cette année à l’école, mais pas dans l’enseignement”. La dernière enseignait l’an dernier à un autre niveau et aura maintenant une classe de maternelle.

La deuxième, celle qui n’est pas à l’école de puis longtemps, a un nom africain, et c’est sur elle que Ti-Loup est tombé. Je me suis demandé si ma réticence à son égard constituait du racisme, mais en toute honnêteté c’est plutôt du linguisme. J’aurais préféré que mon fils ait une enseignante québécoise, parce que j’aurais aimé qu’il apprenne à parler le français du Québec et non le français de France. Vous me direz que ce n’est qu’une année d’école sur treize. C’est vrai. Mais c’est sa première année. Il n’aura jamais autant entendu parler français dans une journée. Il va passer plus de temps à entendre son enseignante lui parler qu’à m’entendre moi, surtout en tenant compte du fait que je dois souvent parler anglais dans une journée normale passée avec mes enfants. Et sa première influence autre que la mienne viendra donc d’une femme qui ne parlera (vraisemblablement) pas tout à fait la même langue que moi.

Remarquez, elle pourrait aussi bien être née et avoir grandi au Québec. Remarquez, les deux autres enseignantes sont peut-être Françaises: je ne connais que leur prénom. Remarquez, on s’en fiche au fond tant qu’elle sait comment prendre mon fils. Remarquez, je suis déjà chanceuse de pouvoir envoyer mon fils à l’école en français quand j’habite dans le “Rest of Canada”.

Je sais tout ça. Et je n’irai certainement pas être la fatigante qui demande que son enfant soit changé de groupe à l’école. Surtout pour cette raison-là. Après tout, c’est une forme de racisme. Et j’en ai même un peu honte. Mais c’est comme ça. Mon fils a déjà si peu d’expérience du fait québécois, si peu de chance de s’identifier au Québec, que je ressens un petit deuil à l’idée d’en perdre une autre.

On va survivre. Et l’institutrice sera sans doute formidable. Et n’ayez pas peur: je vais très bien cacher mes réticences devant mon fils. Et me réjouir du fait qu’il est ainsi exposé à tout ce qui fait la splendeur de la diversité canadienne. Qui sait, il aura peut-être ainsi l’occasion de découvrir une autre culture.

Je pense que j’ai aussi hâte que lui!

Bilinguisme en action

Une de mes voisines a, sur sa porte d’entrée, un autocollant servant à avertir les pompiers qu’elle a des animaux. Sur l’autocollant, on voit un chat, un chien, un lapin et une perruche, en-dessous desquels le propriétaire inscrit sur une ligne les animaux qu’il possède. Depuis que Cocotte est assez grande pour pointer en grognant, elle nous demande de la prendre dans nos bras pour pouvoir regarder les animaux. Et depuis tout ce temps, je lui nomme les animaux en les pointant : “Regarde Cocotte, un chat, un chien, un lapin et une perruche”.

Ça s’adonne qu’il y a assez longtemps que Cocotte ne m’avait pas demandé de regarder l’autocollant. Jusqu’à hier. Je l’ai prise dans mes bras en disant “Tu veux voir le chat?” et Cocotte a pointé du doigt les animaux un par un en disant:

- Chat, dog, lapin, chicken!

En me retenant pour ne pas pouffer de rire (j’imaginais déjà Saint-Hubert servant des cuisses de perruches), j’ai reposé Cocotte par terre. Aussitôt, elle m’a fait recommencer le manège. Mais cette fois-ci, elle a dit:

- Cat, chien…

Ben oui. Cocotte est bilingue. Elle n’en a pas encore conscience je crois, elle dit juste le premier mot qui lui vient à l’esprit. Quoi que l’autre jour, quand ma voisine lui a parlé en français, elle l’a regardée d’un air qui semblait dire “Ben voyons, tu ne me parles pas dans cette langue-là d’habitude”. Mais ça, c’est notre interprétation, peut-être qu’en fait elle se disait “Mon Dieu qu’elle prononce mal quand elle parle, celle-là”. On n’en sait rien au fond.

Comme vous pouvez voir, je suis toujours ausssi fascinée par l’apprendissage du langage!

Ça grandit vite

Non seulement Cocotte est-elle passée de la bassinette au petit lit la semaine dernière, mais hier, en revenant du travail, j’ai eu du mal à la reconnaître: Papa avait réussi à la convaincre de se laisser attacher les cheveux, et ceux-ci sont maintenant assez longs pour qu’on lui fasse une seule queue de cheval derrière la tête!

J’avais déjà essayé la fontaine sur le dessus de la tête (mignon, mais Papa n’aime pas trop) et les deux lulus pour attacher seulement son toupet de chaque côté de la tête (mais ça prend deux fois plus de temps, et donc de patience, ce que Cocotte n’a pas en trop, et c’est habituellement très asymétrique étant donné le manque de collaboration). Mais j’ai tellement trouvé qu’elle avait l’air grande, ma toute petite puce, avec sa queue de cheval!

C’est officiel, je n’ai vraiment plus de bébé.

Non, en fait elle boit encore au sein le matin (et très rarement en fin d’après-midi) et elle porte encore des couches. Quand elle va avoir franchi ces deux étapes, je pourrai dire que je n’ai vraiment plus de bébé. Mais c’est dur d’y croire avec les phrases qu’elle nous sort ces temps-ci!

Manque de sommeil

Je sais, j'y reviens toujours, mais ça demeure ma préoccupation principale.

Vendredi matin, on s'est fait réveiller par des bruits provenant du conteneur à déchets qui a atterri depuis peu sous notre fenêtre. On a tout de suite pensé à se plaindre: c'est quoi l'idée de commencer les travaux à six heures trente? Mais ce n'étaient pas les ouvriers qui réparent l'immeuble d'a côté. C'était un sans abri qui fouillait parmi les poubelles. L'été risque d'être long!

La nuit dernière, un voisin faisait le party. Je ne sais pas jusqu'à quelle heure, mais la dernière fois que je me suis réveillée, il était une heure trente. Cocotte s'est réveillée plusieurs fois elle aussi, vers minuit je suis allée la voir parce qu'elle criait. Elle était debout par terre entre le mur et son lit. Son lit de grande fille qui n'est de toute évidence pas parfait, mais bon, ça pourrait être pire, jusqu'à maintenant elle n'a pas défait les tiroirs au lieu de dormir, elle fait la sieste normalement et elle n'est pas assez grande pour ouvrir la porte alors on peut encore l'enfermer.

Ti-Loup était exécrable aujourd'hui, il jouait avec un autre garçon de la coop qui n'est pas vraiment son ami et le traitait tellement mal que j'ai du le faire rentrer. Lui aussi, ça va avec le sommeil. J'ai beau le coucher vers sept heures trente, lui et sa sœur jasent et rien pendant une demi-heure ou même une heure parfois, et mes pires menaces ne changent rien. Et quand elle se réveille vers six heures, elle le réveille aussi. Ça va être beau à l'école!

Pendant notre voyage en camping, Cocotte à fait sa plus longue phrase à ce jour: I need to take off my socks and go into my sleeping bag. Pas pire à vingt-deux mois!

Bn, je sais que je ne suis pas jasante ces temps-ci, mais on est tout le temps dans le jus. À la prochaine!