Quand le rhume frappe

J’ai appris une chose l’année dernière : avec deux enfants, les risques de maladie ne doublent pas, ils quadruplent. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais c’est comme ça. Remarquez, on a été chanceux, c’est notre premier rhume de l’année. Ça a commencé jeudi dernier. Ti-Loup est parti en pleine forme pour l’école, mais en est revenu avec le nez qui coulait. Vendredi, impossible de l’envoyer à l’école, il s’était transformé en robinet de morve. On se doutait bien que nos chances d’échapper à la tournée générale de microbes étaient bien mince. Et Cocotte a accéléré le phénomène en décidant de boire à la bouteille d’eau de Ti-Loup pendant qu’on avait le dos tourné.

Samedi, par contre, Ti-Loup était beaucoup mieux et dimanche, il était de nouveau en pleine forme. Il est donc retourné à l’école lundi, mais ce jour-là, c’est Cocotte qui a été démolie par le rhume. Elle a très mal dormi lundi soir, se réveillant réguilèrement sans doute à cause de son nez en partie bouché. Elle n’est pas encore tout à fait remise, quoi que ça va quand même beaucoup mieux. Mais mardi, j’ai commencé à ressentir les effets de mon combat contre les microbes de mes enfants. Mercredi, comme je n’avais pas grand chose qui m’attendait au bureau, j’ai décidé de prendre une journée de maladie dans l’espoir qu’en me reposant, je réussirais à gagner le combat.

Malheureusement, ma stratégie n’a pas fonctionné. Je continue de combattre, pas vraiment assez malade pour rester à la maison, mais pas complètement en forme non plus. Ma gorge est irritée. Mon nez coule juste un peu. Et puis Papa a commencé à être malade hier. La boucle est bouclée. Il ne resterait plus qu’à ce que Ti-Loup retombe malade juste quand Papa va commencer à aller mieux.

Malgré tout, j’essaye de trouver les beaux côtés… Par exemple, lundi soir, Cocotte se serait endormie au sein si je l’avais laissée faire. Elle était si épuisée qu’elle voulait juste se coller. C’est tellement rare, j’en ai profité (accélérant du même coup le développement de mon rhume, j’imagine, mais bon, c’est le prix à payer). Mon petit bébé est déjà rendu tellement grand, j’en ai profité pour faire le plein de câlins tout chauds. Et puis hier j’ai pu lire, et faire la sieste. C’est rendu tellement rare que je puisse faire la sieste depuis que Cocotte n’en fait pratiquement plus jamais.

Bref, ce n’est qu’un rhume comme les autres, on va passer à travers (et de plusieurs boîtes de Kleenex aussi).

Et comme dimanche, c’est le premier dimanche de l’avant, ça va être le temps de sortir les décorations et la musique de Noël. De quoi se réjouir à l’avance, non? En tout cas, Ti-Loup pense que oui!

Le visage moderne de l’Islam?

Une nouvelle employée remplace parfois à la réception, au travail. Une jeune femme qui porte le hijab. Elle a aussi le nez percé, et elle est toujours en train de texter sur son téléphone cellulaire, dans une attitude qui s’accorde très peu avec l’image professionnelle que devrait donner une réceptionniste au gouvernement. Par ailleurs, quand je l’ai croisée dans la rue, elle avait les écouteurs de son iPhone bien vissés dans les oreilles, comme toute autre jeune femme occidentale de son temps.

Est-ce que ce n’est pas quand même un peu contradictoire, tout ça?

Noël approche

Noël approche, et j’ai bien peur que Ti-Loup approche de l’âge de la découverte de l’impossibilité scientifique du Père Noël. Pour l’instant, il y croit encore dur comme fer et me talonne pour qu’on lui envoie une lettre le plus tôt possible, mais il pose une tonne de questions qui donnent lieu à des dialogues très instructifs, surtout avec son père, qui veut bien le laisser croire au Père Noël, mais ne veut pas non plus trop en mettre.

- Comment il fait le Père Noël pour entrer dans la cheminée?
- C’est la magie, apparemment.
- Oui, mais comment il fait? Et comment il ouvre la porte quand elle est barrée et qu’on n’a pas de cheminée.
- Tu te souviens de la clé magique qu’on accroche au sapin, il se sert de ça.
- Comment il fait pour prendre la clé magique?
- Je ne sais pas, je ne l’ai jamais vu faire!
- Si je me cachais derrière le divan le soir de Noël je pourrais voir.
- Non, parce que le Père Noël ne viendra pas si tu ne dors pas.
- Comment il fait pour savoir si je dors?
- De la même façon qu’il sait si tu as été sage.
- Et comment il fait pour savoir si j’ai été sage?
- Peut-être qu’il demande aux parents. (Je pensais alors qu’il allait demander si le Père Noël nous avait déjà parlé de lui, mais il n’a pas encore allumé. Ce n’est que partie remise.)
- Et s’il se trompe et il apporte des cadeaux même si je n’ai pas été sage?
- Alors ce sera peut-être qu’il a vu dans ton coeur qu’au fond tu veux être sage mais que tu n’y arrives pas toujours.
- Et comment il fait pour fabriquer les Légos?
- À mon avis, il doit les acheter. Il y a longtemps, quand les enfants recevaient des jouets en bois, ses lutins les fabriquaient, mais de nos jours, avec l’évolution de la technologie, ce ne serait plus possible, et puis il ne voudrait pas se faire accuser de plagiat par Légo. Alors il doit avoir de l’argent et il les achète.
- Comment?
- Il doit faire une grosse commande sur Internet, ou bien le faire par téléphone, c’est un gros client alors il a peut-être une ligne directe pour faire ses achats.

Rendu là, moi, j’étais pliée en quatre. Je ne me souviens plus exactement du reste de la conversation, mais ça donne le ton. Alors d’après vous, dans combien de temps il va découvrir le pot aux roses, mon fils?

Cocotte en crise

Je n’ai pas beaucoup parlé de Cocotte dernièrement. Elle s’améliore lentement. Au quotidien, je trouve que c’est encore une enfant très difficile, mais si je fais un retour en arrière, c’est vrai que c’était encore pire il y a quelques mois. Nous avons malheureusement dû abandonner la sieste. Environ quatre fois sur cinq, quand Papa la mettait au lit, elle ne dormait pas (mais parlait à son toutou ou criait pendant une heure), alors il s’est tanné de bâtir l’horaire de sa journée sur une hypothétique sieste qui ne se produisait presque jamais. D’autant plus que quand elle fait la sieste, elle prend ensuite une éternité à s’endormir le soir et empêche Ti-Loup de le faire. Alors on a décidé de ne plus faire d’efforts spéciaux pour lui faire faire la sieste: si on sort, elle ne dort pas et tant pis.

Elle s’endort parfois dans la remorque de vélo, et quand elle est vraiment trop fatiguée on la met quand même au lit, mais en fin de compte, elle fait peut-être une ou deux siestes par semaine maximum. Ce n’est pas assez. Elle a souvent l’air épuisée et est parfois insupportable en fin de journée, mais au moins elle s’endort rapidement vers 18 h 30 ou 19 h quand on met les deux enfants au lit. C’est très tôt, mais comme ils sont tous deux debout vers 6 h presque tous les matins et que Ti-Loup, surtout, a besoin de beaucoup de sommeil (et encore plus depuis qu’il va à l’école), c’est nécessaire. Et au bout du compte, ça fonctionne mieux que de faire faire la sieste à Cocotte et la coucher à 19 h 30 ou 20 h alors que Ti-Loup, lui, doit aller au lit à 19 h. Il n’aimerait pas ça du tout! Comme les pires crises de Cocotte étaient habituellement au lever après la sieste, on s’évite ça en plus. Revers de la médaille: Papa n’a plus de repos l’après-midi. Mais comme elle est capable de jouer un peu toute seule (plus que son frère au même âge, étonamment), il arrive quand même à souffler un peu.

Cocotte fait moins souvent la crise à table, même si ça arrive encore. Je ne me souviens plus de la dernière fois où elle nous a lancé son verre ou ses ustensiles par la tête, ce qui est une nette amélioration puisque pendant un certain temps ça arrivait à tous les repas. Elle continue d’adorer jouer avec de la pâte à modeler et dessiner (quoi qu’elle aime surtout nous demander de faire des dessins ou de fabriquer des choses en pâte à modeler pour elle). Elle adore se faire lire des livres et peut passer des heures à nous écouter. Comme tous les enfants de son âge, elle demande toujours les mêmes livres, et quand on se tanne et qu’on lui demane une trêve, elle “lit” le livre à son chien en lui racontant l’histoire dans tous ses détails les plus marquants.

Et elle continue de parler franglais. Hier, elle m’a vraiment fait rire. Elle a fait une crise à table, alors après avoir essayé (en vain) de l’aider à se calmer, on a, comme on fait souvent, retourné sa chaise, lui disant qu’elle pourrait nous rejoindre à table quand elle aurait fini sa crise. Quand Papa a sorti un fruit à la fin du repas, elle s’est tout à coup calmée et a demandé, très poliment, “Maman, can I please come back to the table, I’m done crise-ing”. Elle est extrêmement volubile pour une enfant de son âge, mais les gens qui ne la connaissent pas assez ont parfois du mal à la comprendre parce qu’en plus de la difficulté normale à comprendre un enfant de deux ans, il faut connaître les mots français qu’elle utilise pour comprendre ses phrases (comme “Can I please have some de l’eau in my mauve glass?”).

Malgré ses petits côtés ultrasensibles et désagréables, elle peut aussi nous surprendre par des comportements calmes et étonamment rationnels de temps à autre; par exemple, la semaine dernière chez le dentiste, elle a été une vraie star et s’est laissée examiner, brosser les dents, passer la soie dentaire et même faire un traitement de fluorure, sans même se plaindre. Ce genre d’événements et son langage très développés me donnent parfois le faux sentiment que je peux raisonner avec elle, mais je dois constamment me rappeler qu’elle n’a que deux ans et n’a simplement pas la maturité pour comprendre certaines choses. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer.

Ça reste ma petite Cocotte et quand elle est de bonne humeur, elle donne les plus beaux câlins au monde!

L’inquiétude injustifiée

Quand j’explique à d’autres parents, souvent des francophones dont les enfants sont plus jeunes que les miens, que mon fils va à l’école en français, on s’inquiète souvent de la qualité de l’enseignement qu’il peut recevoir. Plusieurs parents francophones, d’ailleurs, hésitent à y envoyer leurs enfants. Ils ont peur que leur enfant ne parle pas bien anglais s’il va à l’école en français, ou que les autres matières soient négligées parce que l’enseignement est donné en français. Mon avis? C’est de la grosse bullshit – ou, pour être polie, un manque d’information et une inquiétude injustifiée.

D’abord, les enfants qui vont à l’école en français en Colombie-Britannique suivent des cours d’anglais à partie de la troisième année. Pas les cours d’anglais langue seconde qu’on a suivis au Québec! Il s’agit de cours d’anglais langue maternelle. Et puis ces enfants vivent dans un milieu anglophone, même ceux qui ont deux parents francophones. À moins de n’avoir dans son cercle social que des francophones (sans aucun couple mixte) et de ne faire aucune activité autre que dans la communauté francophone, les enfants vont baigner dans un milieu anglais. À l’épicerie, au restaurant, chez leurs amis, au hockey, dans les Scouts, peu importe : c’est l’anglais qui sera la langue dominante hors de chez eux. Et on sait tous que dans une soirée, même s’il n’y a qu’un anglophone et que tous les autres sont francophones, la conversation risque de se dérouler surtout en anglais au profit dudit anglophone. Je connais une famille de francophones ayant déménagé à Vancouver; leurs enfants ne parlaient pas anglais avant d’arriver ici, ils vont à l’école en français, et pourtant les enfants ont appris l’anglais. En deux ans. Parce qu’ils vivent ici. On dit dans le milieu scolaire que le français, ça s’apprend; l’anglais, ça s’attrape.

Mon opinion a été confortée la semaine dernière quand j’ai reçu ce communiqué de la Commission scolaire francophone. Encore une fois l’an dernier, les élèves des écoles francophones de la Colombie-Britannique ont obtenu des résultats supérieurs à ceux des élèves des autres écoles de la province. C’est pourtant une école publique, ouverte à tous, sans examen d’entrée. Je suis consciente qu’elle profite de certains avantages : il y a un peu plus d’argent grâce aux subventions fédérales, certaines classes sont plus petites que dans le système anglophone. Surtout, les parents s’impliquent beaucoup plus, à ce que j’ai pu voir : inscrire son enfant à l’école en français à Vancouver, c’est déjà un geste lourd de sens, un signe que l’éducation est importante pour nous, qu’on s’est informé, qu’on a fait les efforts nécessaires pour que l’enfant aille ailleurs qu’à l’école du quartier. Je ne pense donc pas que ça veuille nécessairement dire que l’enseignement y est meilleur où que les enfants bilingues sont plus brillants.

Mais c’est rassurant pour les parents qui hésitent. Surtout, les résultats montrent que les élèves ayant fréquenté l’école en français ont de meilleurs résultats que les anglophones aux examens d’anglais normalisés en 10e année (secondaire 4). Il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter: la maîtrise de deux langues est avantageuse sur le plan de l’apprentissage des langues – des deux langues. Je l’avais toujours su, mais j’aime bien me le voir confirmer.

Il existe des exceptions. J’ai déjà vu une famille où la mère était anglophone, le père francophone ne jouait plus aucun rôle dans la vie des enfants, les enfants (5e, 4e, 2e et 1re années) avaient tous de graves difficultés d’apprentissage et ne parlaient pas du tout français, et la mère insistait pour qu’ils fassent leur année à l’école en français. Pour les petits, ça passe encore, mais les deux aînées étaient en train d’accumuler un énorme retard et l’aînée, surtout, était humiliée par son incapacité à participer à la vie de la classe puisqu’elle ne comprenait rien. Je me suis toujours dit que je ne ferais pas là même erreur: si mes enfants étaient incapables d’avoir une scolarité normale dans un milieu où ils seraient heureux en français et que les inscrire à l’école en anglais réglait le problème, je plierais. Même si ce serait difficile.

Heureusement, ça ne semble pas être le cas pour Ti-Loup. Il s’adapte très bien à son milieu scolaire, et je n’ai aucune inquiétude. Ouf!

La guerre, la guerre…

c’est pas une raison pour se faire mal!

Je me demande si on pourrait, aujourd’hui, faire un film intitulé La guerre des tuques qui mettrait en scène des enfants jouant à la guerre. Pas très gagnant à notre époque. Je ne m’en plains pas vraiment: je ne suis évidemment pas partisane de la guerre. Mais je ne suis pas à 100 % pacifiste non plus. Je suis réaliste et je crois que la guerre a parfois été un mal nécessaire. Qui demeure, bien sûr, une atrocité : vous pouvez, vous, vous imaginer dans la peau d’un conscrit d’une des guerres mondiales, un travailleur d’usine ou un garçon de ferme qui n’avait jamais pensé à devenir soldat, mais se retrouve tout à coup propulsé au front? Pas moi!

Je pense par contre que c’est dans l’ADN des garçons de jouer à la guerre. Toutes les sociétés ont eu leurs guerres, et jusqu’à tout récemment, ce sont les citoyens ordinaires qui la faisaient. Être bon chasseur et bon guerrier, c’est ce qui permettait aux hommes de survivre. Je n’ai aucun doute que cette aptitude s’est transmise du fait de l’évolution de l’espèce, et que se battre contre cette pulsion à tout prix est plutôt inutile.

Tout ça pour dire que je n’achèterais pas de fusil jouet à Ti-Loup, parce que je ne veux pas encourage ce genre de jeu, mais je ne perdrai pas non plus mon temps à essayer de l’empêcher d’y jouer. Papa raconte souvent que puisqu’il n’avait pas le droit d’avoir de fusil jouet, il s’en fabriquait avec des branches mortes. Ce qui ne l’a pas rendu particulièrement va-t-en-guerre, mais a au moins exercé sa créativité! Je ne m’inquiète donc pas trop quand Ti-Loup fait semblant d’avoir un fusil en jouant avec ses amis, mais il y a une règle: on ne pointe son fusil sur personne, même si c’est un fusil “à semblant”, à part bien sûr si c’est une personne qui fait partie du jeu. Autrement dit, il n’a pas le droit de me tuer moi, ni sa soeur, ni les vieilles dames scandalisées qui passent dans la cour de la Coop!

Je refuse de lui faire porter des vêtements à motif de camouflage parce que je trouve que ça n’a pas sa place sur un enfant. On ne lui a jamais acheté (consciemement) de jeu comportant des fusils. Mais il a quand même abouti avec des fusils LEGO, probablement venu subrepticement avec des figurines. Et dernièrement, avec le Jour du souvenir, il s’est mis à poser toutes sortes de questions sur la guerre et les soldats. Son intérêt et son excitation sont manifestes. J’essaie de lui rappeler dès que j’en ai l’occasion que la guerre, c’est mortel, et que la mort, c’est pour toujours. Que la vraie guerre, ce n’est pas un jeu, ce n’est pas drôle. Mais je suis consciente que c’est peine perdue: lors des deux premières guerres, les garçons de 18 ou 20 ans qui partaient à la guerre étaient eux aussi persuadés qu’ils s’en allaient jouer au front, alors essayez de faire comprendre la réalité à un enfant de 5 ans… je ne veux pas non plus le traumatiser!

Alors ces temps-ci, il joue à la guerre. Il fabrique des canons ou des mitraillettes pour ses véhicules LEGO. J’essaie de ne pas en faire un plat sans non plus l’encourager. Mais quand Cocotte est arrivée dans la cuisine, ce matin, avec l’objet suivant, un outil de Papa qui sert à réparer les vélos, j’ai été bien impressionnée quand Papa m’a expliqué que Ti-Loup en avait fait un engin de guerre:

On ne pourra pas dire qu’il ne fait pas preuve de créativité!

Je me souviens

Voici la pancarte qu'à fabriquée Ti-Loup après avoir vu une dame portant une pancarte semblable au défilé du Jour du Souvenir à Ottawa. C'est, en effet, ce que nous avons regardé en nous levant avant d'aller au défilé de Vancouver. Nous avons marché une grosse demi-heure pour nous rendre là ou avait lieu la cérémonie, nous avons assisté à la minute de silence, à la salve d'honneur, au survol par des avions militaires d'ici. Puis nous nous sommes placés sur le trajet du défilé, et avant même que ça commence, trois personnes avaient demandé à Ti-Loup de le prendre en photo. Malheureusement, il a rapidement abandonné la pancarte et nous n'avons pas pris de photo. Si vous vous posez la question, il a bien écrit les mots tout seul, mais j'ai repassé sur ses traits avec un feutre noir.

Il faisait un temps misérable aujourd'hui, trois degrés quand on est partis, nuageux, venteux, puis la pluie s'est mise de la partie. Cocotte a eu froid aux mains parce qu'elle refuse de porter des mitaines. Mais au bout du compte, on ne se sentait pas particulièrement glorieux par comparaison aux soldats. Nous, on portait des manteaux d'hiver et après le défilé, on est allés boire un chocolat chaud. Les Highlanders étaient en kilts avec des bas aux genoux! Et que dire de l'ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale qui marchait le dos courbé, appuyé sur sa canne, en tremblant de tout son corps sous l'effort. Il était sûrement au moins quadragénaire, probablement plus vieux encore, et il ne portait qu'un manteau de laine. Et que dire des conditions qu'ils ont connues dans les tranchées de France, lors du débarquement de Normandie et même en Afghanistan!

Je suis plutôt pacifiste. Je ne peux pas m'imaginer obligée d'aller faire la guerre, un mal à éviter. Mais pas à n'importe quel prix. On ne peut pas toujours l'éviter. Et je suis bien contente que certains aient le courage d'aller au front, parce que ce n'est sûrement pas mon cas! Si je ne pense pas très souvent à eux dans ma vie quotidienne, aujourd'hui, je remercie mille fois les militaires canadiens. Parce que c'est grâce à eux si nous avons la vie que nous menons. Et parce que si je ne suis pas toujours d'accord avec ce que notre gouvernement fait de nos soldats, ces derniers ne le sont pas toujours non plus, et pourtant, ils obéissent aux ordres et risquent leur vie pour nous.

Merci!

P.S. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi à Ottawa ils ne sont pas fichus de trouver quelqu'un de bilingue pour les discours? Oui c'est bien qu'ils fassent un petit bout en français, mais quand c'est tellement mal prononcé que même Ti-Loup ne comprend pas, il me semble que ça perd un peu d'intérêt, non? Des aumôniers, dans les Forces canadiennes, il y en a plein qui parlent français… Forcez-vous n peu bon sang!

 

Grande victoire

Je ne crois pas vous avoir raconté que l’Association des parents d’élèves de l’école de Ti-Loup a lancé une poursuite contre le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et le gouvernement provincial il y a deux ans. Les parents affirmaient qu’il était de leur droit, garanti par la Constitution canadienne, de bénéficier d’un système scolaire comparable au système anglophone puisque le nombre de francophones à Vancouver le justifie. Ils alléguaient que l’école actuelle n’était pas de niveau par comparaison aux écoles anglophones et que le mauvais état des choses décourage d’autres parents francophones d’y inscrire leurs enfants.

Hier, le juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique leur a donné raison. Il a reconnu qu’à l’école de Ti-Loup, les classes sont plus petites, les toilettes, moins nombreuses, le terrain extérieur et la bibliothèque, trop petits, les voyages en autobus scolaire, trop longs. Il restera à faire appliquer le jugement, mais ça veut dire que les chances qu’on obtienne la nouvelle école qui nous a été promise, et qui serait beaucoup plus proche de chez nous, viennent d’augmenter de beaucoup.

Les problèmes soulevés dans la poursuite ne suffisaient pas à m’empêcher d’inscrire mes enfants à cette école, mais ils étaient quand même préoccupants. J’avais remarqué, surtout, à quel point la bibliothèque était petite. Les enfants prennent leur récréation en deux groupes, un après l’autre, parce que la cour n’est pas assez grande. Et certains amis de Ti-Loup doivent prendre l’autobus à 7 h 50 le matin, même si l’école ne commence qu’à 8 h 44. Quand un enfant de cinq ans doit partir pour l’école à 7 h 45, on le réveille à quelle heure? Et quand il revient ensuite à 15 h 30 (parce que les autobus doivent attendre 20 minutes, avant de partir, la fin des cours à l’école secondaire), ça fait vraiment de longues journées!

Une belle victoire, donc, résumée ici:http://www.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2012/10/31/003-justice-rose-des-vents-victoire.shtml

Reste à savoir ce qu’on va en faire!