Vive la rentrée!

Quand je suis déménagée à Vancouver, ça faisait 20 ans que je vivais au rythme de l’année scolaire. Tout à coup, j’avais un travail à temps plein, à l’année, et j’allais devoir prendre des vacances, quand bon me semble plutôt que durant les congés scolaires. En plus, je me retrouvais à un endroit où il ne neige pratiquement jamais, où le gazon est toujours vert et où il peut faire 8 degrés Celsius autant en octobre qu’en janvier ou en mars. Il me fallait souvent réfléchir quelque secondes avant de me rappeler la saison ou le moment de l’année en cours. J’étais vraiment dépaysée.

Mais Ti-Loup a commencé l’école l’an dernier, et depuis nous vivons de nouveau au rythme de l’école. Nous devons prendre nos vacances durant les congés scolaires. Nous devons acheter ses fournitures et nous assurer qu’il a des souliers et du linge qui lui font après un été en shorts sport et en sandales. Nous nous sommes remis à préparer des lunchs. Mais après un été mouvementé, je trouve le retour à la routine agréable. Je crois que je deviens vieille: je n’aime plus tellement les surprises et je préfère le train-train quotidien! La vie scolaire, c’est familier.

Mardi, je suis donc allée conduire Ti-Loup à l’école puisqu’il n’y allait que pour une heure trente la première journée.En Colombie-Britannique, les élèves ne sont pas répartis dans les classes avant la fin de la première semaine d’école, qu’ils passent dans leur classe de l’année précédente avec leur ancien professeur. Mais puisque les enseignantes de maternelle doivent accueillir les nouveaux-venus, ceux qui commencent leur première année passent la semaine avec les enseignants spécialistes. Tout le monde se plaint parce qu’ils ne font pas grand-chose, mais apparemment c’est nécessaire pour le classement des élèves. On ne saura donc que demain qui sera dans la classe de Ti-Loup, et en attendant, il a repris la routine et retrouvé ses amis sans problème.

Papa, lui, est allé mardi matin à la prématernelle avec Cocotte. Normalement, c’est sans les parents, mais pour la première semaine, il reste avec elle. Cocotte, qui ne voulait rien savoir, a beaucoup aimé sa première demi-journée (on verra comment ça va aller aujourd’hui pour la deuxième). Notre plus grande crainte demeure le fait qu’elle refuse de faire caca ailleurs que dans sa couche (ou ses culottes), et pour la prématernelle, elle est supposée être propre. Les couches (et culottes d’entraînement) sont interdites, et nous avons décidé de l’envoyer quand même en espérant qu’elle se retiendrait là-bas. On verra!

Voici donc la photo de mes deux grands devant chez nous la première journée d’école… Cocotte ne voulait pas regarder l’appareil alors Papa a utilisé la bonne vieille tactique : “Regarde, Cocotte, du mauve!”. Ça fonctionne à tout coup.

Bonne rentrée!

L’été en 18 photos

Nous avons un problème technique à la maison. Papa a besoin d’utiliser un émulateur Windows pour travailler sur son ordinateur Mac (pour le travail à contrat qu’il fait le soir). Notre ordinateur n’étant plus suffisamment puissant pour les logiciels d’aujourd’hui, on ne peut faire fonctionner à la fois l’émulateur Windows et le logiciel de photo. C’est pourquoi j’ai du mal à avoir accès aux photos, notre logiciel étant rarement allumé. Mais voilà, hier j’ai pris le temps d’exporter tout plein des photos pour pouvoir vous donner une idée de ce que nous avons fait cet été!

Tout d’abord, on est allés au Québec, mais ça, j’en ai parlé un peu et puis, vous étiez là :-) Je vais donc commencer après. Ti-Loup a fait une semaine de camp de baseball. Ça aurait pu être génial, mais ça a été décevant. Le responsable avait l’air d’un schizophrène en pause de médicaments… Papa ne réussissait pas à obtenir une réponse à une question simple, il était vraiment étrange! En plus, c’était pour les 6 à 12 ans et je pensais qu’ils allaient séparer les enfants par groupes d’âge, mais non. Certains “grands” étaient très tannants et ralentissaient le déroulement pour tout le monde, parfois les “petits” restaient assis sur le banc pendant que les “grands” apprenaient à lancer, bref, c’était mal organisé. Ti-Loup a surtout aimé le vendredi quand ils sont allés voir les Canadians, de Vancouver, équipe mineure associée aux Blue Jays de Toronto. Au début de la partie, il a pu aller sur le terrain courir jusqu’au champ avec un joueur (il porte le T-shirt vert)!

Nous sommes ensuite allés passer une semaine à Kelowna durant laquelle il a fait beaucoup trop chaud, mais nous en avons quand même profité pour faire une petite saucette dans le lac Okanagan!

Les enfants ont aussi eu la chance de jouer avec leur cousin. En fait, c’est le petit-fils de la cousine de la mère de Papa. Ça a l’air loin, mais pour remettre en perspective, c’est le même lien qu’il y aura entre les enfants de Ti-Loup et les enfants de ma filleule.

Il a trois ans et demi et aime beaucoup la lutte entre cousins!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis qui dit Kelowna en juillet dit cueillette de cerises… Un voyage là-bas ne serait pas complet si on n’avait pas la chance de grimper aux échelles pour remplir nos seaux. Au total, en deux séances de cueillette, on a acheté environ 200 lb de cerises, dont on a équeuté et dénoyauté au moins les trois quarts pour les faire congeler ou les déshydrater en vue du long hiver…

 

 

 

 

 

 

De retour de Kelowna, les enfants ont fait une semaine de camp à Science World (Cocotte avec Papa, Ti-Loup tout seul). C’est un camp très bien organisé, axé sur les sciences, bien sûr, mais nous avons encore une fois été très impressionnés. Ils ont tous les deux beaucoup aimé, même si Cocotte n’était pas sûre de vouloir y aller au départ.

Ensuite, Ti-Loup a fait une semaine de camp de Légos. Il a adoré! Vous le voyez ci-dessus avec la catapulte qu’il a construite. Le thème du camp, donné par Bricks4Kids, était la robotique, et ils pouvaient donc fabriquer des modèles comportant des moteurs. Ceux-ci étaient reliés à un logiciel simple et ils pouvaient les programmer pour leur faire faire certaines choses. Encore une fois, un franc succès!

Pour sa fête, Ti-Loup voulait inviter trois amies de l’école, plus son meilleur ami de la Coop. Mais son ami ne parle pas français et ne joue pratiquement jamais avec des filles, alors on a décidé de diviser sa fête. Le jour même, on a mangé un gâteau à la Coop avec tous les enfants (et leurs parents, puisque la réputation des gâteaux à la crème glacée de Papa n’est plus à faire). La fin de semaine suivante, on a amené les trois filles et Ti-Loup jouer au parc et manger une crème glacée à l’île Granville. La première fête a eu plus de succès que la deuxième, puisque les filles ont un peu mis Ti-Loup de côté, mais on a quand même eu bien du plaisir. Voici le gâteau de fête pour la Coop; s’il y a un chien au champ centre, c’est parce que quand Ti-Loup joue au baseball à Kelowna, c’est Sherpa qui sert de voltigeur…

Nous avons dû annuler une fin de semaine de camping pour la fête de Ti-Loup, et l’autre fin de semaine pour plusieurs raisons, dont le fait que Papa devait travailler, qu’il était interdit de faire des feux de camp en raison du temps sec, qu’on devait retourner à Kelowna la fin de semaine suivante et qu’on était tous épuisés. Mais on s’est quand même amusés pour le reste de l’été. On est allés passer un samedi à l’île Granville avec un ami et sa fille, qui est née exactement entre Ti-Loup et Cocotte et avec laquelle ils se sont énormément amusés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes aussi retournés voir les Canadians, et les deux enfants ont pu aller sur le terrain après la partie pour courir sur les buts et saluer les mascottes.

 

Cocotte, qui est une enfant normale, veut aller au baseball pour les hot dogs, les mascottes et la course sur les buts, et passe la partie à grimper sur les bancs et à se plaindre. Ti-Loup, erreur de la nature, regarde la partie avec un intérêt et une attention extrêmement soutenus, en ne détournant pas son regard du terrain (même rendu à onze manches) et en posant question après question. Heureusement que j’ai grandi dans une famille d’amateurs de baseball, alors je peux répondre à ses questions!

On est aussi allés à la PNE, foire agricole/parc d’attractions, et Cocotte était juste assez grande pour aller dans les manèges pour enfants. Nos deux zigotos se sont bien amusés, et nous aussi avons eu bien du plaisir avec nos amis, dont le fils est aussi le meilleur ami de Ti-Loup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre été s’est terminé, comme je vous l’ai raconté hier, par un dernier voyage à Kelowna où nous avons rencontré tout plein de nouveaux membres de la famille de Papa.

Et maintenant c’est le retour à l’école… Mais je vous en reparle dans un autre billet!

Une nouvelle famille

Ça faisait longtemps que je n’avais pas passé une aussi belle fin de semaine.

Toute notre petite famille s’est rendue à Kelowna pour le long congé afin d’assister à une cérémonie à la mémoire de la grand-mère de Papa, décédée en octobre dernier. Tous les cousins de Papa y sont venus, et c’était la première fois que je les rencontrais. En fait, c’était aussi la première fois que Papa les rencontrait – sauf son cousin le plus âgé, qu’il avait déjà vu quand il avait trois ans et dont il ne se souvenait donc pas du tout. Et même si un seul cousin a emmené sa fille (de 15 ans), et qu’il n’y avait donc pas d’enfants de l’âge des miens, qu’à celà ne tienne: ils se sont amusés comme des fous. Ti-Loup a réussi à convaincre la cousine, la petite-cousine, un cousin et la tante de Papa de jouer au baseball avec lui. On a fait des feux. On a fait griller des guimauves. On les a laissés se coucher tard. Et à l’exception d’une énorme crise de Cocotte et de nombreux réveils nocturnes, qui nous ont fatigués, ça a vraiment bien été. Même à l’église, les enfants ont été raisonnablement tranquilles! Et le voyage en auto s’est, miracle des miracles, plutôt bien passé (même s’ils n’ont pas dormi une minute).

J’en repars avec un grand regret: ne pas pouvoir passer plus de temps avec ce côté de la famille. Un des cousins de Papa habite en Ontario et a trois enfants; je peux donc comprendre qu’on ne puisse pas le voir souvent. Mais trois cousins sont à Calgary et les deux autres, en Colombie-Britannique. Même s’ils n’habitent pas la porte à côté, ce sont quand même des distances qui se font en auto. C’est sûr que je ne ferais pas ce genre de chemin tous les ans, mais il reste qu’ils ne s’étaient pas vus depuis plus de trente ans! J’ai l’impression que la mère de Papa et ses frère et soeur ne doivent pas faire de gros efforts pour réunir la famille… Maintenant qu’on s’est rencontrés et très bien entendus, au moins avec les trois enfants de l’oncle de Papa, on espère refaire ça avant les prochaines funérailles…

J’ai aussi été fascinée en réalisant à quel point la famille de la grand-mère de Zak est peu nombreuse. Celle-ci, Marie, est née en 1924, la troisième d’une famille de sept. Son frère aîné, Bill, ne s’est jamais marié et n’a pas eu d’enfants; il est mort au début des années 1980 et je ne l’ai donc bien sûr pas connu. La suivante, Ann, a eu une seule fille, la cousine dont la mère de Papa est la plus proche. Cette fille au deux enfants qui ont environ notre âge et qu’on voit assez régulièrement puisqu’ils habitent près de Kelowna, et deux petits-enfants qui jouent avec les miens. Ensuite vient Marie, qui a eu trois enfants, la plus grosse famille. De ces trois enfants sont nés huit petits-enfants et dix arrière-petits-enfants, ce qui n’est déjà pas énorme (seulement quatre des huits petits-enfants ont une descendants). Une des autres soeurs de Marie, Kay, a eu une seule fille, qui a un seul fils. Jo, elle, a eu deux enfants que je n’ai jamais rencontrés et je ne sais pas s’ils ont des enfants. La sixième, Stephanie, s’est mariée tard et n’a pas eu d’enfants; et Marilyn a eu une seule fille, qui n’a pas d’enfants.

De cette génération de sept ancêtres nés dans les années 1920, donc, sont issus seulement huit enfants, et de cette génération, environ une douzaine de petits-enfants. Comparons ça à la génération de ma mère, de la même génération que la mère de Zak (à la fin de la Guerre). Elle était la quatrième d’une famille de neuf, qui ont eu un total de vingt-deux enfants (si je n’en oublie pas). Et eux-mêmes ont à ce jour au moins vingt-huit enfants (j’en oublie sans doute) et ce n’est sûrement pas terminé puisque certains sont encore dans la jeune vingtaine. Il faut croire que l’héritage catholique du Québec y est pour quelque chose!

J’ai donc gagné cette semaine une famille que je ne connaissais pas. Une famille qui, contrairement aux parents de Papa, semble savoir s’amuser. Une famille chaleureuse qui ressemble à la mienne dont je m’ennuie tant et qui m’a rappelé à quel point ça me manque, ce genre de soirée où les enfants s’amusent avec certains pendant qu’on peut jaser avec d’autres. Une famille avec laquelle j’espère maintenant pouvoir garder des liens.

Et maintenant, la rentrée!

Le monde est petit…

Le “monde” francophone de Vancouver est particulièrement petit…

Il y a un peu plus de six ans, quand j’ai suivi un cours prénatal sur l’allaitement, il y avait une autre francophone dans la classe. Nous avions la même date d’accouchement prévu, alors à la pause nous avons jasé un peu. Elle m’avait donné sa carte de visite. Ti-Loup était finalement arrivé quatre jours avant, et sa fille, six jours après, la date prévue. Nous avions communiqué par courriel quelque fois, nous nous étions croisées à quelques activités parents-bébés, et nous avions même organisé une sortie juste pour nous deux, une fois. J’aurais vraiment voulu devenir son amie, mais ça n’avait juste pas marché. Elle était sympathique, mais nous n’avions peut-être pas assez d’atomes crochus pour faire les efforts nécessaires.

Au fil des ans, nous nous sommes croisées de temps à autre à des activités pour enfants, ou simplement dans la rue, peut-être une ou deux fois l’an. J’ai rencontré sa deuxième fille, qui a un an de plus que Rose. Et puis cette année, Ti-Loup et… appelons-la Karine, Ti-Loup et Karine, donc, se sont retrouvés dans la même classe. Si vous vous souvenez, c’est elle que Ti-Loup avait l’intention de marier quand il sera grand. J’ai croisé les parents de Karine à quelques activités de rencontre organisées pour la classe. On a jasé un peu, mais la mère de Karine a deux autres amies dont les filles sont dans la même classe et avec lesquelles elle a tissé des liens d’amitié depuis la naissance de leurs enfants. Quand j’essayais de me mêler à elles, je me sentais donc toujours un peu de trop, n’étant pas vraiment dans leur cercle. Je n’ai jamais été la meilleure pour me lier d’amitié…

Et puis la semaine dernière, on a invité les trois filles à faire une sortie pour la fête de Ti-Loup. En effet, quand je lui ai demandé qui il voulait inviter pour sa fête, il a répondu sans hésiter: ces trois filles de sa classe (Karine, Léa et Martine) et son meilleur ami à la Coop. Le problème, c’est que son meilleur ami à la Coop ne parle pas français et ne joue jamais avec des filles. On avait donc décidé de faire une fête à la Coop le vrai jour de sa fête (un soir de semaine, donc juste un gâteau et des ballons dans la cour après un souper tôt en invitant tous les enfants de l’immeuble), puis d’inviter les trois filles à faire une sortie avec Ti-Loup.

On a fait notre sortie, et les parents des filles sont venus les chercher après. Comme on était au parc, ils sont restés une bonne heure de plus et on a jasé. C’était le papa de Karine qui était là, puisque sa maman travaillait, et je me suis sentie moins “exclue” de la gang. Puis vendredi, les parents de Karine nous ont invités à un pique-nique à la plage pour fêter les six ans de leur fille. Les mêmes enfants étaient là et ça a été franchement agréable. Le papa de Karine et un autre père ont organisé des jeux pendant que les mamans jasaient… J’en ai bien profité.

Je ne suis certainement toujours pas aussi proche de ces trois mamans qu’elles le sont l’une de l’autre, et je ne pense pas qu’elles vont se mettre à m’appeler pour aller prendre un café. On continue de mener un mode de vie assez différent du leur puisqu’on n’a pas de voiture et qu’elles ont de toute évidence beaucoup plus d’argent que nous (à en croire leurs plans de vacances, l’endroit où ils vivent, etc.). Mais je ne me sens plus autant comme une cinquième roue au carrosse. Nous avons déjà été invités à la fête d’une autre des trois filles, au début de l’année scolaire, et j’ai bien hâte d’y aller. J’espère que Martine sera dans la classe de Ti-Loup encore cette année…

Les chances sont minces qu’il ait les trois filles dans sa classe encore une fois (il y avait l’an dernier trois classes de maternelle et trois classes de première année), mais les chances sont assez bonnes qu’on se recroise au fil des ans. C’est agréable de tisser tranquillement des liens avec certains parents et de savoir que l’an prochain, je serai déjà en terrain partiellement connu lorsque l’année scolaire commencera. Parce que veut, veut pas, il n’y a pas juste pour les enfants que le nouveau de l’école peut être stressant!

Un nouveau deuil

Ce soir, je dirai au revoir à ma voisine qui a perdu sa fille il y a un an et demi.

Je n’ai pas beaucoup parlé d’elle depuis la mort de sa fille parce que son histoire est compliquée et que je ne voudrais pas qu’elle (ou d’autres membres de sa famille) se reconnaisse un jour sur mon blogue. En gros, après avoir longtemps hésité, elle a accepté il y a plus d’un an un emploi dans une autre ville, qu’elle doit occuper à partir du mois prochain. Il s’agissait d’un emploi dans la ville où son mari habitait et où il semblait vouloir rester, et malgré son hésitation à quitter l’endroit où sa fille avait passé toute sa vie, elle avait décidé de faire ce sacrifice pour réunir sa famille.

Peu après, son mari a quitté son emploi et est revenu habiter ici en attendant qu’ils retournent là-bas ensemble. Malheureusement, avec cette nouvelle cohabitation, le couple a fini par imploser. Rien de surprenant lorsqu’on sait qu’un couple qui perd son enfant a peu de chances de résister, et encore moins surprenant dans leur cas puisqu’ils semblaient avoir des problèmes bien avant la maladie de leur fille. Après le divorce, mon amie aurait pu décider de renoncer à l’emploi qu’elle avait accepté, mais elle ne l’a pas fait, croyant que son ex-mari allait retourner là-bas et que leur fils pourrait ainsi avoir ses deux parents, même si ce serait séparément. Mais à l’heure actuelle, le père en question semble avoir plutôt décidé de rester ici même après le départ de son fils et de son ex-femme. Disons qu’il a un esprit de contradiction plutôt bien développé!

Ils partent donc demain. Ce soir, nous leur faisons une petite fête. Et même si je me suis éloignée de mon amie dans la dernière année, je sais que je vais quand même trouver ça très dur

Nous n’avons jamais été des amies intimes, plutôt de bonnes connaissances qui jasions en arrière-plan pendant que nous enfants jouaient ensemble. Papa et moi avons essayé de l’appuyer dans son deuil, puis à travers les problèmes de couple qui ont suivis, mais nous avons eu beaucoup de mal à le faire. Nous avions beau tenter régulièrement de communiquer avec elle ou de la relancer, les réponses se faisaient rares. Je ne peux pas lui en vouloir puisque je crois que c’est une des manifestations de son deuil, qu’elle vit très difficilement, mais ça nous a bien sûr éloignées. La difficulté de garder le contact avec elle alors que nous habitons dans le même immeuble m’a convaincue qu’après son déménagement, je ne réussirais sans doute pas à maintenir nos liens. Et un peu par égoïsme pour réduire ma peine lors de l’inévitable séparation, je l’ai laissée s’éloigner. Beaucoup aussi parce que je n’étais pas assez proche d’elle pour lui secouer les puces et lui faire comprendre qu’elle s’isolait exprès.

Peut-être qu’au fond ça va lui faire du bien de s’éloigner de l’endroit où sa fille a vécu et où elle est morte. Peut-être qu’elle a besoin d’une cassure nette pour refaire sa vie avec son fils et un jour, je l’espère, un autre homme. De mon côté, je me prépare à vivre ce deuxième deuil.

J’ai toujours nourri l’espoir qu’elle et moi nous rapprocherions davantage. Elle parle parfaitement français et j’avais toujours pensé que nos enfants seraient des amis proches qui parleraient français ensemble. Ti-Loup avait un an de moins que sa fille, mais Cocotte aurait été dans la même année scolaire que son fils. Son fils si mignon, intelligent et charmeur qui, même s’il grandit dans l’ombre de cette soeur décédée alors qu’il n’avait que deux ans, semble être resté rieur et heureux. Ce garçon bien élevé qui aurait pu faire un si bon ami pour ma fille ou un acolyte avec lequel mon fils aurait pu jouer au soccer et au hockey dans la cour.

Ils partent demain, mais le souvenir de leur fille restera derrière eux. Dans vingt ans, j’en suis persuadée, je parlerai encore de cette petite fille qui aura laissé une si grande impression dans ma vie. Elle dont j’ai encore du mal à parler sans me mettre à pleurer. Est-ce que je serai la seule, ici, qui aura été aussi touchée par sa mort? Une fois sa mère partie, est-ce que je serai la seule à continuer de vivre ce deuil?

Ce soir, je vais leur dire au revoir, mais je sais que même si je ne les revoyais plus, même s’ils m’oublient, moi je ne les oublierai jamais. Je compte continuer à faire deux fois l’an, le jour de la naissance et le jour de la mort de la petite, un don en son nom à l’hospice où elle a été soignée. Et je sais que cette histoire triste sera toujours en moi. J’espère pouvoir garder contact avec mon amie, ne serait-ce que par Facebook. J’espère qu’elle reviendra nous dire bonjour quand elle sera en visite à Vancouver. Et j’espère pouvoir lui faire comprendre que ce deuil, qu’elle porte si lourdement, fera aussi toujours partie de moi. Mais cette histoire finit peut-être comme ça. C’est ça que je dois accepter ce soir, et j’en pleure déjà.

Au revoir à toi!

Ti-Loup, son amie et sa mère à la dernière fête de la petite, pour ses cinq ans.

 

Ouf!

Je suis de retour de vacances. Deux semaines au Québec, une petite semaine de travail (pendant laquelle Ti-Loup avait un camp de baseball qui s’est avérée épuisante et mal organisée), puis une semaine à Kelowna pour ce qui sera sans doute nos dernières vraies vacances au verger de feu la grand-mère de Papa avant qu’il soit vendu. En effet, la mère de Papa n’a pas réussi à s’entendre avec son frère et sa soeur. Elle voudrait garder une partie du verger. Ses frère et soeur veulent vendre au plus vite. La propriété est donc en vente pour la faible somme de 1,2 million de dollars… Ça ne se vendra peut-être pas rapidement, mais on ne sais pas, alors on en a essayé d’en profiter pendant qu’on était là! Papa y passe ses vacances depuis qu’il est né, alors c’est triste pour lui de penser que c’est la fin.

Nous avons eu beaucoup de plaisir, mais physiquement, ça a été dur. Il a fait tellement chaud! Entre 33 et 36 degrés toute la semaine, ce n’est pas propice à l’activité physique! Les enfants ont quand même eu beaucoup de plaisir grâce au seau de ballons d’eau qu’on a acheté, et puis Ti-Loup a profité de la température plus fraîche après le souper pour jouer au baseball sur le grand terrain. Avec Sherpa (notre ancien chien qui vit maintenant avec mes beaux-parents) pour rapporter les balles frappées, ça réduisait l’effort nécessaire. On a cueilli environ 200 livres de cerises, on en a équeuté et fait sécher au moins 100 livres. On a visité plusieurs fois le Village des Valeurs de Kelowna, où on trouve toujours du beau linge pour les enfants, et trouvé pour eux des jouets qui les ont occupés durant les heures creuses. On a trouvé quelques parcs où faire des pique-nique et pateauger dans l’eau. On a visité la famille de Papa à Vernon, où les enfants ont rencontré leur nouveau cousin qui est né en mars. On a joué dans les jeux d’eau. On a bu beaucoup de solution de réhydratation… et on a survécu.

Cocotte est toujours aussi obsédée par le mauve, mais on a découvert une limite à son obsession: les patates mauves, ça reste avant tout des patates, et elle n’y a même pas goûté! Après une semaine à ne pas dormir assez en raison de la chaleur, du soleil qui se lève tôt, de la cohabitation à quatre dans une petite chambre, etc., tout le monde était épuisé hier. Et quand on est revenus, le chat avait fait pipi sur deux de nos carpettes, plus un caca qui s’était répandu un peu partout et dans lequel Cocotte a mis le doigt. En plus Cocotte a fait pipi à travers sa couche pendant que j’essayais de ramasser la merde du chat. Tout un retour! Disons que la journée d’hier est à oublier…

Maintenant il faut préparer la fête de Ti-Loup, qui approche à grands pas. Il aura droit à un gâteau dans la cour de la Coop avec tous les voisins, puis à une sortie en après-midi avec trois de ses amies d’école qu’il reverra pour la première fois depuis un mois. Plein de plaisir en perspective! Il est temps pour Papa de commencer à préparer son célèbre gâteau à la crème glacée maison…

Festival d’été francophone de Vancouver

Samedi dernier, j’ai assisté au grand spectacle du Festival d’été francophone de Vancouver. Il y avait 6 ans que je n’étais pas allée: la dernière fois, j’étais enceinte de Ti-Loup et on avait donc décidé de ne pas faire le voyage sur une île reculée qu’on fait d’habitude chaque année à ce temps-ci de l’année avec la famille de Papa. J’étais allée une ou deux autres fois avant ça, c’est tout. Maintenant qu’on ne fait plus ce voyage (et de toutes façons, l’école n’est pas terminée), je me suis payée la traite. Je ne me souvenais plus à quel point ça fait du bien de se retrouver en “famille”, entourée d’autres personnes assoiffées de culture francophone.

Le spectacle commençait à 19 h. Je suis arrivée seulement 15 minutes à l’avance et nous avons trouvé des places libres en arrière (la scène est montée au milieu d’une rue fermée et des chaises sont placées devant). Dès que Kevin Parent est arrivé sur scène, cependant, les gens se sont levés et se sont précipités devant la scène, dans un espace laissé vide juste pour ça – nous compris. Sauf que les gens assis aux premiers rangs se sont eux aussi avancés… en apportant leurs chaises. Nous nous sommes donc retrouvées debout devant la scène, à côtés d’autres personnes assises. C’était bizarre. En plus, il faisait encore clair et Kevin Parent a fait plusieurs commentaires pendant la soirée sur le fait que c’était bizarre de voir le monde aussi bien: en salle, on éteint les lumières, et en plein air, d’habitude, les spectacles commencent après qu’il ait commencé à faire noir! Il avait l’air un peu déstabilisé.

D’ailleurs, ça a pris du temps avant que le party “lève”. Il faut dire que la moyenne d’âge était probablement de plus de 40 ans et beaucoup de gens ne connaissaient pas vraiment les chansons de Parent. Le public cible du Festival, c’est ceux qui sont ici depuis longtemps et s’ennuient de la culture francophone, alors les “vieux” chanteurs pognent souvent plus. Au prix où sont les billets, ce ne sont pas seulement les vrais amateurs du chanteur qui se déplacent, et ça parraissait beaucoup cette fois-ci. Surtout que Kevin Parent n’est pas particulièrement chaleureux sur scène. Il nous a par contre beaucoup fait vibrer quand il a chanté Le petit roi de Jean-Pierre Ferland, et que tout le monde s’est mis à chanter avec lui – là, on connaissait les paroles! Il a aussi été gentil et chanté mes préférées (La jasette, Seigneur et Boomerang). Son guitariste était vraiment, mais vraiment bon. Bref, j’ai beaucoup aimé, mais j’ai trouvé la foule plate!

Ça s’est animé pour Zachary Richard, par la suite. Je ne connaissais pas beaucoup de ses chansons (il a quand même chanté Au bord de lac Bijou, ma préférée!), mais il a une présence sur scène incroyable! Je pense qu’en trente secondes, il avait gagné la foule. Il nous a fait danser au son des accordéons, de l’harmonica et de la contrebasse, et enfin, l’ambiance dans la foule était dynamique. Son spectacle a duré deux heures!

Au total, donc, trois heures de musique. J’étais au premier rang, accotée à la clôture, au centre de la scène, à peut-être 3 mètres du chanteur. J’aurais pu compter les rides de Zachary Richard – et j’étais bien placée pour me demander à quoi pensait Kevin Parent en montant sur scène vêtu de shorts ayant l’air appropriées pour un gymnase et dont le lacet ressortait à la taille! Et si les billets à l’entrée étaient vendus 30 $, j’ai eu le mien pour 12 $ sur Living Social. Imaginez, 12 $ pour trois heures de musique de Kevin Parent et Zachary Richard! Comme le Festival d’été de Québec, mais sans les files et l’agoraphobie…

J’aurais aimé amener mes enfants, mais ça finissait beaucoup trop tard, rendu à 22 h 30 il y en avait des beaucoup plus grands qui s’emmerdaient et demandaient à leurs parents si c’était enfin l’heure de rentrer. Un jour, peut-être! En attendant, ça m’a juste donné encore plus hâte d’aller au Québec! J’ai hâte de vous voir…

Bon lundi!

Nous avons passé une très belle fin de semaine en famille. Rien d’extraordinaire, mais de beaux moments sympathiques. Dans les dernières semaines, je me trouvais souvent impatiente avec les enfants et je voulais essayer d’améliorer mon attitude. Après tout, même si on le dirait parfois, ils ne font pas exprès pour me pousser à bout! Enfin, Cocotte quand même peut-être un peu, mais c’est vraiment un cas spécial. Mes enfants sont des enfants, et ils agissent comme des enfants, sans réfléchir, sans logique, en refaisant toujours les mêmes comportements désagréables qu’on leur a demandé vingt (mille) fois d’arrêter. C’est souvent difficile à supporter, mais ce sont juste des enfants! J’essaie de me le répéter, et en fin de semaine, je crois que j’ai mieux agi, même s’il y a encore place à l’amélioration!

Samedi matin, nous sommes allés au marché fermier, qui ouvrait pour l’été. Il n’y a pas encore grand-chose de mûr à acheter, mais pour moi, le marché, c’est un véritable symbole de l’été. On y va pratiquement tous les samedis matins durant l’été. On traverse rapidement le marché pour voir ce qu’il y a d’offert, puis Papa rebrousse chemin pour acheter ce qu’on veut pendant que je vais au parc avec les enfants. Samedi, il avait plu alors on a laissé faire le parc, mais on a acheté des fraises et des carottes. Il y a un début à tout! J’ai hâte d’y retourner et de voir comment Cocotte se débrouille au parc, puisque c’est là qu’elle va aller avec la prématernelle dans trois petits mois (je suis en train de remplir les documents d’inscription pour la prématernelle, ça va tellement vite! Mais bon, c’est une autre histoire)…

Samedi après-midi nous sommes allés au Festival des enfants de Vancouver. Nous n’avions pas acheté de billet de spectacle (à 25 $ par adulte et 15 $ à 20 $ pour chaque enfant peu importe l’âge pour un spectacle d’une demi-heure, ça fait un peu cher je trouve!), mais les activités offertes pour le prix d’accès au site de 8 $ m’ont agréablement suprise. Le fait qu’on se soit fait donner des billets gratuits a amélioré encore davantage le rapport qualité-prix, bien sûr, mais honnêtement je crois que ça aurait valu la peine même en payant. Les enfants ont fait plein de bricolages, dont un animal en origami et une marionnette fabriquée à partir d’une chaussette. Ti-Loup en a profité plus que Cocotte, mais même elle a pu participer. Ti-Loup s’est fait maquiller en Spiderman. Il y avait des amuseurs de rue, des petits spectacles aussi drôles pour les adultes que pour les enfants, des accessoires de cirque à essayer, les files n’étaient pas horriblement longues en cet après-midi nuageux et il y avait beaucoup de bénévoles pour aider les enfants. Mon seul bémol : on aurait bien acheté une crème glacée, mais il n’y avait aucune nourriture vendue sur le site, à part de la barbe à papa. Mais pas n’importe quelle barbe à papa : de la barbe à papa biologique! Vraiment, je vous jure. Je ne peux pas m’empêcher de trouver ça un peu ironique : mangez bio pour votre santé en achetant  un “aliment” contenant seulement du sucre. M’enfin….

Dimanche matin, on est allés chez Costco en vélo. Pas une grosse sortie, vous me direz, mais le but était accessoire, la randonnée d’une demi-heure à vélo dans chaque direction sur la piste cyclable qui borde False Creek en valait la peine. Il faisait soleil et maintenant que Ti-Loup arrive à se déplacer à bicyclette sans tomber ni foncer dans personne (du moins en règle générale), nous pouvons vraiment en profiter. Les enfants ont ensuite passé une bonne partie de l’après-midi à jouer dehors avec leurs voisins pendant que je lisais en supervisant d’un oeil ou que je jasais avec d’autres parents. J’apprécie énormément le fait que même quand on n’a rien de prévu, les enfants s’amusent quand même à jouer avec leurs amis dans notre cour. Pas besoin de se donner rendez-vous quelque part, de conduire jusque chez les amis, etc. Ti-Loup a au moins 4 portes auxquelles aller cogner avant de pouvoir déclarer que “personne ne peut jouer avec lui”, alors ça n’arrive que rarement.

Mais j’avais commencé ce billet pour vous raconter qu’on a croisé une amie d’école de Ti-Loup au Festival des enfants; appelons-la Mélanie. J’ai dit bonjour brièvement à ses parents, qui m’ont affirmé à quel point ils entendent souvent parler de Ti-Loup et qu’ils étaient contents de le rencontrer enfin. Je leur ai retourné le compliment. C’est vrai qu’on entend souvent parler de Mélanie, qui travaille à la même table que Ti-Loup. Ce que je n’ai pas dit, ce pendant, c’est que j’en ai plutôt marre d’entendre parler de Mélanie! Parce que ce que j’entends, c’est ça:
- Mélanie, elle sait tout lire.
- Mélanie, elle connait tout.
- Mélanie, elle sait plus de chose que Mme A (l’enseignante).

Je ne sais pas combien de fois j’ai dû expliquer à Ti-Loup que Mélanie sait peut-être tout lire, mais qu’elle ne connaît certainement pas tout, et qu’elle n’en sais sûrement pas plus que Mme A. Quand je lui demand qui dit ça, il répond que c’est Mélanie, bien sûr. Mon fils est très naïf. Si quelqu’un le dit, ça doit nécessairement être vrai! Alors on essaie de lui faire comprendre que les gens ne disent pas toujours la vérité et qu’il ne doit pas toujours croire ce qu’on lui dit. Alors au fond, Mélanie a joué un rôle utile en nous permettant d’apprendre une bonne leçon à Ti-Loup…

Et ne vous en faites pas, je ne suis pas vraiment fâchée contre Mélanie, je dis ça pour rire. Après tout, j’étais sans doute exactement comme elle en maternelle!

 

Maman

Mon fils m’a surpris hier soir:

- Maman, on dit maman (prononcé avec le “man” à la française, comme on proncerait “ment” du verbe “mentir”) mais les Québécois, comme Laure (une petite fille de sa classe), ils disent maman (prononcé avec le “man” à la québécoise, un peu nasal, presque plus proche de “mama”).
- Euh… oui… qui est-ce qui t’a parlé de ça?
- Madame A, mon professeur
- …

Je vais donner à Madame A, qui a un accent “français” et est sans doute d’origine nord-africaine, le bénéfice du doute. Elle n’a peut-être pas mentionné ça pour se moquer de la prononciation des Québécois. Peut-être qu’elle parlait juste des différences d’accent en général et que c’est un des exemples qu’elle a donnés. Ou peut-être même que c’est un des enfants “Québécois” de la classe (dont les deux parents sont Québécois et qui ont donc seulement le français comme langue maternelle) qui lui a demandé pourquoi elle prononçait “Maman” de cette façon là. Mon fils semble quand même en avoir retenu que la bonne prononciation était celle à la française, mais il a cinq ans et il ne fait donc pas dans la nuance.

Non, au bout du compte, ce que je trouve triste dans tout ça, c’est que mon fils ne s’inclut pas parmi les Québécois… Pourquoi le ferait-il, vous me direz? Justement, c’est ça qui me fait de la peine.