Où est passé mon bébé?

Cocotte vient d’avoir trois ans. Et une semaine plus tard, je peux aussi officiellement annoncer qu’elle est propre!!!!!!!!

Eh oui, il y a longtemps qu’on se doutait bien qu’elle serait capable d’être propre, mais qu’elle s’obstinait à ne pas utiliser le petit pot pour nous défier. Je me rends maintenant compte de l’importance qu’avait la prématernelle dans sa décision. Avant de commencer l’école, elle refusait tout net de faire caca dans le petit pot. Couche ou pas, elle faisait caca dans ses culottes. Depuis son premier jour de prématernelle, elle n’a plus eu un seul accident pour le caca! En effet, elle savait qu’elle devait être propre pour aller à la prématernelle. Alors j’ai l’impression qu’elle se gardait une porte de sortie: si elle n’aimait pas la prématernelle, elle n’aurait qu’à avoir des accidents pour se faire renvoyer. Mais elle a aimé ça, et elle ne porte plus de couche depuis. Je ne dis pas qu’il n’y aura plus d’accidents, mais nous avons officiellement dit au revoir aux couches… et comme il y a longtemps qu’elle ne fait plus pipi la nuit, même si on ne lui avait pas enlevé sa couche encore, elle est vraiment propre à 100 %.

Ce qui veut dire que je n’ai vraiment plus de bébé! Ma fillette est grande, on l’en a enfin convaincue. (Elle voulait toujours jouer à être un bébé quand elle refusait d’être propre. Maintenant, elle ne veut plus qu’on dise qu’elle est un bébé.) Les couches, c’est fini! Pour toujours! Woo hoo! Bon, j’ai quand même une certaine nostalgie de mes tout petits bébés dans leur grosse couche de tissu qui leur faisait un derrière gigantesque, mais je ne m’ennuierai pas des couches qui débordent de partout. Et puis, de toutes petites culottes de toute petite fille, c’est bien mignon aussi!

À trois ans, Cocotte semble avoir un peu rattrapé les autres du côté de la grandeur, même si elle demeure dans les petites. Elle est extrêmement volubile et je passe mon temps à lui demander de baisser le ton (on va finir par l’ammener chez le médecin, j’ai l’impression qu’elle a les oreilles bloquées par la cire!) Elle continue de faire des crises (p. ex., elle refuse de se faire examiner par un médecin), mais moins souvent qu’avant. La plupart des repas se passent maintenant sans larmes (je sais, c’est une drôle de réussite, mais croyez-moi, c’est un véritable changement!). Elle continue de nous défier et de faire le contraire de ce qu’on lui demande, elle continue de provoquer son frère exprès, mais au moins ce n’est pas toujours. Je ne sais pas si c’est le retour à l’école ou une nouvelle maturité, mais il me semble que depuis quelques semaines, on respire un peu mieux…

Oh, et elle a de beaux cheveux! Tout le monde me fait des commentaires sur ses cheveux, même les passants que je ne connais pas. Il faut dire que c’est assez frappant, comparé aux autres filles de son âge, elle a vraiment des cheveux d’adulte, blonds, qui frisent en boudins… Elle est pas mal mignonne, même si ce n’est pas aussi important que son intelligence et son imagination débordante!

Mon moment préféré de la journée avec Ti-Loup, c’était le coucher quand je lui chantais une chanson en lui disant bonne nuit. Avec Cocotte, c’est très différent: le soir, elle est souvent insupportable, sans doute parc qu’elle est brûlée en raison de l’absence de sieste (que je vous ai sûrement déjà expliquée) et je n’ai pas souvent l’occasion de lui chanter une chanson. Non, avec elle, mon moment préféré, c’est au réveil. Elle m’appelle encore la plupart du temps (même si elle est maintenant capable d’ouvrir les portes, elle ne l’a encore jamais fait pour se “sauver” de sa chambre) et quand je vais la chercher, elle est encore toute chaude et elle se blottit contre moi. Je lui fais un gros câlin et on descend ensemble en se tapotant le dos mutuellement. Souvent, elle reste collée contre moi pendant quelques minutes avant que je la dépose sur le divan pour aller prendre ma douche. Mais ces quelques minutes où elle me dit si elle a bien dormi et où on parle de la journée qui commence me font presque oublier tous les coups qu’elle m’a assenés. Presque…

Ma fille, donc, a trois ans. Quelqu’un m’a demandé, le jour de sa fête, “Est-ce que tu as l’impression que ça a passé vite?”, et j’ai répondu “Oh non, ça a été trois longues années!”. C’est vrai que les journées sont dures, mais les années passent quand même vite. Ce que je trouve surtout dur c’est de réaliser qu’elle a l’âge que Ti-Loup avait quand elle est née. Quand Cocotte est née, Ti-Loup, c’était mon grand garçon, raisonnable, mûr, il se levait, s’habillait seul et allait jouer une heure en bas pendant qu’on essayait de se remettre de notre nuit entrecoupée. Cocotte, elle, s’habille seule seulement si on insiste, elle n’est pas du tout aussi raisonnable ni aussi mûre. Elle a tout simplement une personnalité différente, mais c’est aussi mon bébé et on l’a donc peut-être moins poussée vers l’indépendance? Tant pis! J’en profite pendant que j’ai encore le droit de lui faire des câlins et de lui donner des bisous!

Les trois dernières années (et peut-être surtout les deux dernières) n’ont pas été de tout repos. Je ne sais pas combien de fois j’ai eu envie de pleurer le soir, épuisée, devant la pile de vaisselle et de linge à laver. Je regarde mon amie qui n’a qu’un enfant, et parfois je lui envie tout son temps libre, elle dont le garçon est déjà pas mal autonome et n’a pas besoin d’une surveillance de tous les instants. Mais je savais que ça allait être dur. Je ne savais pas à quel point, c’es sûr. Mais un jour, ma Cocotte si têtue va être devenue une adulte (plus ou moins) raisonnable et elle va quitter la maison et je vais pleurer comme une Madeleine. Je sais que je ne regretterai pas de l’avoir eue, même si elle va m’en avoir fait vivre de toutes les couleurs. Et je sais que les qualités qui la rendent si difficile aujourd’hui, son intelligence, sa détermination, son indépendance, vont en faire une adulte intéressante et allumée avec laquelle j’aurai beaucoup de plaisir à rire des frasques de son enfance.

Je lui souhaite quand même d’avoir une petite fille juste comme elle pour que je puisse prendre ma revanche! Après tout, Cocotte est une soie avec sa grand-mère, ce n’est qu’avec nous qu’elle est insupportable!

Bonne fête ma grande… Je t’aime!

Eureka!

Je viens de faire une découverte bien tardive qui change tout… Mes deux enfants sont absolument charmants… séparément! Ce n'est que quand ils sont ensembles que j'ai du mal à les supporter!

Aujourd'hui, normalement, je serais allée faire des commissions avec les deux pour que Papa puis travailler. Mais j'ai eu un flash: Ti-Loup peut rester à la maison, il va jouer tranquille avec ses Legos ou aller jouer dehors dans la cour, il n'a pas besoin d'une grande supervision, et ça va être plus facile avec juste un enfant. Eh! Bien, Cocotte a été charmante! Notre sortie s'est bien passée, je n'ai pas perdu patience parle qu'il y en avait juste un qui me posait constamment des questions et n'arrêtait pas de parler, pas deux en même temps… Nous avons fait une très belle sortie, et Papa a pu travailler tranquille. Pas d'enfants qui se tapent dessus ou s'assoient l'un sur l'autre ou se lancent des jouets par la tête… Une vraie bouffée d'air frais!

C'est peut-être juste de la chance. Mais je crois plutôt que j'ai trouvé une piste de solution. Diviser pour mieux régner! Évidemment, je ne peux pas toujours faire ça puisque je veux passer du temps avec Ti-Loup aussi et que si je laisse Cocotte à la maison, Papa ne pourra pas vraiment travailler. Mais de temps en temps, ça fait du bien!

Conversation sur l’oreiller

Ti-Loup a encore été malade, de ce genre de maladie qui semble avoir une forte connotation psychosomatique. Les circonstances ressemblaient étrangement à la dernière fois. Il était très fatigué après plusieurs jours où Cocotte l’avait réveillé tôt le matin. Il a passé la journée à chiâler, à dire qu’il ne se sentait pas bien et à vouloir faire pitié. Il n’a presque pas dîné. Au souper, il a pris trois bouchées puis a dit qu’il n’avait plus faim. On l’a envoyé se préparer à se coucher, se disant que c’était la meilleure solution. Il a vomi dans l’évier de la salle de bain. Loin de moi l’idée de douter du fait qu’il ne se sentait pas bien, mais les nombreuses minutes qu’il a passées à s’observer dans le miroir avant de vomir semble avoir contribué au dénouvement.

Il est allé se coucher, s’est réveillé pendant la nuit, a bu de l’eau, en a bu encore à 5 h 30 quand Cocotte l’a réveillé, tout allait bien. Le matin, il s’est levé, a bu une gorgée d’eau puis a vomi. Deux fois. Comme il n’avait pas vomi de la nuit, on a des doutes sur le rôle que joue le fait de penser un peu trop à la façon dont il se sent sur le fait qu’il finit par vomir. J’ai l’impression qu’il avait trop faim rendu au matin et que c’est surtout ça qui l’a fait vomir: son estomac était vide. Enfin, Papa a réussi à le faire manger un peu durant la journée en le distrayant après, et il n’a pas revomi. Il a soupé normalement. Mais je me suis demandé pendant la journée si c’était un problème d’anxiété qui se manifestait ainsi.

Au moment d’aller au lit, Papa a parlé des acariens, conversation qui s’est élargie aux puces, aux poux, etc. Ti-Loup avait 200 questions à poser. J’en ai donc profité pour lui demander si ça l’inquiétait tout ça, s’il sentait parfois de l’anxiété. Tout de suite, les larmes lui ont monté aux yeux quand il a acquiescé. Je lui ai demandé ce qui l’inquiétait. Il m’a répondu “Je pense tout le temps à mon amie qui est morte”.

Il n’en avait pas parlé depuis des semaines. Je l’ai pris tout à fait au sérieux, même si après coup je me demande si c’est vraiment ça le problème ou s’il a répondu ça parce qu’il pensait que c’était ça la bonne réponse. J’ai un doute parce que ça faisait vraiment longtemps qu’on n’en avait pas parlé. Mais je sais qu’il a tendance à faire ça. Quand je lui demande pourquoi il a fait une bâtise, il invente souvent une raison bidon même quand je sais bien que c’est juste parce qu’il n’a pas réfléchi (je sais, je devrais arrêter de poser la question, mais c’est plus fort que moi). Alors je me demande s’il a senti que j’étais sérieuse et voulu donner la “bonne” réponse.

Mais bon, je lui ai demandé à quoi il pensait quand il pensait à son amie, il m’a répondu qu’il aimerait qu’elle soit là pour pouvoir jouer avec elle. J’ai essayé de le faire parler, je lui ai dit que ça l’aiderait à se sentir mieux si il en parlait. Je lui ai même expliqué qu’il existe des gens appelés psychologues qu’on peut aller voir quand on a des inquiétudes et qu’on a besoin d’en parler à quelqu’un. Il m’a dit qu’il ne voulait pas voir un psychologue et qu’il se sentait mieux. Mais encore une fois, je ne sais pas s’il a dit ça juste parce qu’il avait l’impression que c’était la chose à dire.

Ce matin, il va bien. Cocotte a dormi jusqu’à 6 h, je n’ai donc pas eu à la laisser pleurer, et elle n’a donc pas réveillé son frère, qui a dormi jusqu’à 7 h. Il est plus reposé et il est de bonne humeur. Mais ça m’inquiète un peu. Si ses crises de vomissements continuent, on va l’amener chez le médecin, bien sûr, pour vérifier qu’il n’y a rien de physique. Mais j’espère que ce n’est pas de l’angoisse mal placée… à 4 ans! Comment on fait pour aider un enfant à évacuer son stress et à parler de ses inquiétudes? Il se pose tellement de questions que je comprends un peu qu’il fasse de l’angoisse, il se fait toujours une foule de scénarios dans sa tête… Comment lui expliquer qu’on veille sur lui et qu’il n’a pas à s’en faire tant? Peut-être que c’est là que le souvenir de son amie ressort, ses parents n’ont pas pu la protéger alors comment nous faire confiance? Ou peut-être que je m’en fais trop et qu’il était juste trop fatigué.

Hier soir, je l’ai laissé en lui répétant que je l’aimerais toujours, toujours. J’espère qu’il me croit et que si quelque chose le préoccupe, il va savoir qu’il peut m’en parler.

Les petits moments de bonheur

Je lisais récemment un article qui parlait de la difficulté de profiter du moment quand on est parent. L’auteure expliquait queles parents se font tout le temps dire d’en profiter parce que ça passe tellement vite, mais quand on est dedans, ça demande tellement d’énergie et c’est tellement difficile d’élever des enfants (surtout plusieurs en même temps) que c’est parfois dur de voir le positif. Elle terminait en disant que sans s’en vouloir de ne pas trouver chaque moment avec nos enfants merveilleux, il faut tenter de remarquer les petits moments de bonheur qui se produisent au fil du quotidien et en profiter puisque ce sont eux qui créent les beaux souvenirs.

Je suis plutôt d’accord. C’est vrai qu’au quotidien, j’ai tendance à avoir hâte d’aller coucher les enfants. Mais c’est vrai aussi qu’il y a de ces instants de magie qui vous aident à vous rappeller pourquoi vous avez décidé d’en avoir. Et je ne parle pas des moments mémorables comme le premier rire ou les premiers pas. Je parle des moments du quotidien durant lesquels on oublie les mauvais comportements des enfants, on oublie le “travail” que leur éducation représente pour juste s’amuser avec eux. Quand je vois la joie pure dans les yeux de Cocotte qui aperçoit un chat. Quand j’entends les enfants rire ensemble. Quand ma petite locomotive s’arrête une minute et s’abandonne dans mes bras pour un beau câlin qu’elle n’est pas pressée de finir.

L’autre soir, à l’heure du dodo, Ti-Loup a demandé à Papa “On peut jouer au jeu où je protège Cocotte et tu me jettes sur le lit?” Le jeu fonctionne comme ceci: Ti-Loup convainc (de peine et de misère) sa petite soeur d’aller se cacher de l’autre côté de notre lit, dans notre chambre. Pour se rendre jusqu’à elle, il faut faire le tour du lit. Papa prétend être un gros montre qui s’en vient manger Cocotte. Ti-Loup lui défend de passer, en jeune homme chevaleresque qui défend sa soeur. Papa le saist à bras le corps et le projette sur notre lit. Puis il fait aussi monter Cocotte sur le lit et s’ensuit cinq minutes de chatouilles, de cachettes sous les draps et de rires garantis.

J’ai eu le bonheur d’assister à ce rituel, qui était auparavant réservé à la sieste. Et entendre le fou rire de Ti-Loup m’a donné un de ces moments de bonheur qu’on voudrait mettre en bouteille pour pouvoir les ressortir à l’adolescence quand rien n’ira plus.

La maternelle

Je suis en train de remplir les formulaires d’inscription à la maternelle de Ti-Loup. Le questionnaire est beaucoup plus compliqué à remplir que celui que j’ai rempli récemment pour me porter garante d’un couple qui veut adopter un enfant! Il me faut:

- le formulaire d’inscription à l’école (recto-verso, en petits caractères, toute l’information sur l’enfant)
- un formulaire de la commission scolaire francophone prouvant que j’ai le droit d’envoyer mon enfant à l’école francophone
- le même formulaire pour Papa, qui n’en a pas le droit (alors pourquoi il faut que je remplisse ce formulaire pour lui aussi? on n’a besoin que d’un parent qui a le droit!)
- un formulaire de demande de transport scolaire
- le carnet de vaccination
- une preuve de résidence (facture, etc.)
- le certificat de naissance
- et un questionnaire de cinq pages sur notre enfant (juste pour ceux de la maternelle) pour aider son enseignante à mieux le connaître. Forces, faiblesses, intérêts, attitude envers l’apprentissage, problèmes, etc.

Après avoir rempli le questionnaire, j’ai l’impression d’y avoir été trop négative. Mon fils est brillant et allumé, il comprend vite et est très attachant. Il ne semble pas avoir de problème à la prématernelle (quoi que je vais le savoir mieux le 17 février prochain après ma première rencontre parent-enseignant à vie, qui ne sera certainement pas la dernière).

Mais Papa et moi voyons pleins de signaux d’alarme chez Ti-Loup. Il a peur d’échouer et quand il a l’impression qu’il ne réussire pas à faire quelque chose, il a tendance à ne pas essayer. Ou à se fermer. Pas toujours, remarquez : il a persévéré pour le vélo, mais il a quand même fallu le pousser. Beaucoup. Et pas juste dans le sens figuré. Ça nous a pris un mois à réussir à le faire participer à ses cours de natation : il était trop têtu pour revenir sur sa décision de ne pas vouloir participer parce qu’il avait peur de ne pas arriver à nager. Et il ne prend pas très bien la critique (on se demande de qui il tient, cet enfant!). Il voudrait toujours être le meilleur, et on n’arrive pas à lui faire comprendre que c’est impossible.

Et puis il y a son bégaiement, associé à un problème d’accès lexical (il a du mal à trouver les mots qu’il veut dire : même s’il les connaît, ça ne sort pas). Jusqu’à maintenant, ça n’a pas vraiment été un problème. Mais parfois il faut être pas mal patient avant qu’il arrive à finir une phrase. S’il commence à se faire écoeurer, qu’est-ce qui va arriver? Déjà, il ne réagit pas très bien quand des amis de la prématernelle ne sont pas gentils avec lui. Et puis Papa est dyslexique, et la dyslexie a une forte composante héréditaire. En plus, Ti-Loup ne tient pas en place : quand il doit rester assis il se tortille sans arrêt comme un ver à chou. Vous me direz, c’est juste un gars. C’est vrai, mais s’il tombe sur des profs qui ne comprennent pas ça, il va avoir de la misère!

Bien sûr, ça ne veut pas dire que Ti-Loup va avoir une foule de problèmes à l’école. Moi, qui ai toujours été une élève modèle, je suis quand même optimiste. Papa, qui a eu une foule de problèmes, est très pessimiste. Nous voyons tous les deux en Ti-Loup des traits qui nous rappellent notre propre enfance. Ça pourrait faire un mélange explosif. Mais bon, je me dis que c’est sans doute mieux d’être honnête (à tendance pessimiste) dans les formulaires, quitte à ce que l’enseignante soit agréablement surprise devant le charme et la bonne volonté (possible) de notre enfant, que de lui faire un portrait tout rose et qu’elle soit mal prise si ça va mal. Remarquez, ça pourrait avoir l’effet contraire et lui donner des préjugés négatifs sur notre enfant qui l’empêcheront de voir toutes ses capacités. Mais ça m’étonnerait : il est tellement charmeur! De toutes façons, je sais aussi qu’elle rencontre tous les parents au début de l’année scolaire, on pourra nuancer.

C’est dur être parent! On a tellement toujours peur de manquer notre coup!

Chialeuse…

Deux de mes amies au bureau m’ont fait la même réflexion l’autre jour: m’écouter ne leur donne pas envie d’avoir des enfants. C’est vrai que je chiale beaucoup. Je leur raconte mon manque de sommeil, les crises de Cocotte, l’obstination de Ti-Loup, notre manque d’argent malgré mon bon salaire, etc. C’est sûr que je ne peins pas le portrait le plus angélique de mes enfants: des amies, ça sert à ça, non, entendre les récriminations des parents écoeurés?

Mercredi soir, une de ces deux collègues est venue avec nous au parc Stanley. Elle s’est bien amusée avec nous et il faut dire que les deux enfants (et en particulier Ti-Loup) ont vraiment été sages. Cocotte l’a fait bien rire avec sa crise sur le père Noël, et puis à s’écrier “Nez! Nez!” pour demander de se faire moucher chaque fois qu’elle éternuait. Sur le chemin du retour, elle me disait que ça lui donnait le goût d’avoir des enfants. Alors, que je lui ai demandé, je te donne le goût d’en avoir ou de ne pas en avoir? Il faut se brancher!

On en a conclu que m’entendre parler de mes enfants lui enlève le goût d’en avoir, mais passer du temps avec eux lui donne le goût d’en avoir. D’où ma conclusion finale: je suis vraiment chialeuse!

Maman!

J’ai appris à ignorer Cocotte quand elle pleure. Pas toujours, bien sûr. Je lui réponds quand elle a vraiment besoin de moi. Mais quand il est 5 heures du mat et qu’elle voudrait déjà que la journée commence, tant pis pour elle. Je sais où ça mène : si je vais la chercher, le lendemain elle va commencer à pleurer à 4 h 30. Alors je la laisse pleurer, et normalement elle se rendort. Ou au moins elle somnole. Même quand elle me fait ça à 22 h et que je décide d’aller voir si elle a sali sa couche, le fait que je sois allée la calmer rend toujours ses pleurs pires après, alors j’ai appris à l’ignorer quand je peux.

Sauf que maintenant elle dit “Maman!”. C’est une chose d’ignorer des pleurs, mais quand je l’entends qui m’appelle par mon nom, je trouve ça beaucoup plus difficile de résister. Je le fais quand même, mais ça vient me chercher.

Parfois je me demande si je suis sans coeur, par exemple quand je lis le blogue d’autres parents qui accourent au chevet de leurs petits (beaucoup plus vieux que Cocotte) dès qu’ils font du bruit. Mais au fond je sais bien que 1. Tous les bébés sont différents, et certains vont se calmer et se rendormir plus vite après la visite d’un parent,  le mien c’est le contraire; et 2. Si j’avais toujours fait ça, je ne pense pas que j’aurais survécu. En ce moment, je dors entre 6 et 7 heures par nuit et je survis difficilement. Si je me levais dès que Cocotte se met à pleurer, j’aurais pété les plombs il y a longtemps, et elle ne serait pas plus avancée.

Alors je continue à résister. Malgré le fait qu’elle crie “Maman!”