Où est passé mon bébé?

Cocotte vient d’avoir trois ans. Et une semaine plus tard, je peux aussi officiellement annoncer qu’elle est propre!!!!!!!!

Eh oui, il y a longtemps qu’on se doutait bien qu’elle serait capable d’être propre, mais qu’elle s’obstinait à ne pas utiliser le petit pot pour nous défier. Je me rends maintenant compte de l’importance qu’avait la prématernelle dans sa décision. Avant de commencer l’école, elle refusait tout net de faire caca dans le petit pot. Couche ou pas, elle faisait caca dans ses culottes. Depuis son premier jour de prématernelle, elle n’a plus eu un seul accident pour le caca! En effet, elle savait qu’elle devait être propre pour aller à la prématernelle. Alors j’ai l’impression qu’elle se gardait une porte de sortie: si elle n’aimait pas la prématernelle, elle n’aurait qu’à avoir des accidents pour se faire renvoyer. Mais elle a aimé ça, et elle ne porte plus de couche depuis. Je ne dis pas qu’il n’y aura plus d’accidents, mais nous avons officiellement dit au revoir aux couches… et comme il y a longtemps qu’elle ne fait plus pipi la nuit, même si on ne lui avait pas enlevé sa couche encore, elle est vraiment propre à 100 %.

Ce qui veut dire que je n’ai vraiment plus de bébé! Ma fillette est grande, on l’en a enfin convaincue. (Elle voulait toujours jouer à être un bébé quand elle refusait d’être propre. Maintenant, elle ne veut plus qu’on dise qu’elle est un bébé.) Les couches, c’est fini! Pour toujours! Woo hoo! Bon, j’ai quand même une certaine nostalgie de mes tout petits bébés dans leur grosse couche de tissu qui leur faisait un derrière gigantesque, mais je ne m’ennuierai pas des couches qui débordent de partout. Et puis, de toutes petites culottes de toute petite fille, c’est bien mignon aussi!

À trois ans, Cocotte semble avoir un peu rattrapé les autres du côté de la grandeur, même si elle demeure dans les petites. Elle est extrêmement volubile et je passe mon temps à lui demander de baisser le ton (on va finir par l’ammener chez le médecin, j’ai l’impression qu’elle a les oreilles bloquées par la cire!) Elle continue de faire des crises (p. ex., elle refuse de se faire examiner par un médecin), mais moins souvent qu’avant. La plupart des repas se passent maintenant sans larmes (je sais, c’est une drôle de réussite, mais croyez-moi, c’est un véritable changement!). Elle continue de nous défier et de faire le contraire de ce qu’on lui demande, elle continue de provoquer son frère exprès, mais au moins ce n’est pas toujours. Je ne sais pas si c’est le retour à l’école ou une nouvelle maturité, mais il me semble que depuis quelques semaines, on respire un peu mieux…

Oh, et elle a de beaux cheveux! Tout le monde me fait des commentaires sur ses cheveux, même les passants que je ne connais pas. Il faut dire que c’est assez frappant, comparé aux autres filles de son âge, elle a vraiment des cheveux d’adulte, blonds, qui frisent en boudins… Elle est pas mal mignonne, même si ce n’est pas aussi important que son intelligence et son imagination débordante!

Mon moment préféré de la journée avec Ti-Loup, c’était le coucher quand je lui chantais une chanson en lui disant bonne nuit. Avec Cocotte, c’est très différent: le soir, elle est souvent insupportable, sans doute parc qu’elle est brûlée en raison de l’absence de sieste (que je vous ai sûrement déjà expliquée) et je n’ai pas souvent l’occasion de lui chanter une chanson. Non, avec elle, mon moment préféré, c’est au réveil. Elle m’appelle encore la plupart du temps (même si elle est maintenant capable d’ouvrir les portes, elle ne l’a encore jamais fait pour se “sauver” de sa chambre) et quand je vais la chercher, elle est encore toute chaude et elle se blottit contre moi. Je lui fais un gros câlin et on descend ensemble en se tapotant le dos mutuellement. Souvent, elle reste collée contre moi pendant quelques minutes avant que je la dépose sur le divan pour aller prendre ma douche. Mais ces quelques minutes où elle me dit si elle a bien dormi et où on parle de la journée qui commence me font presque oublier tous les coups qu’elle m’a assenés. Presque…

Ma fille, donc, a trois ans. Quelqu’un m’a demandé, le jour de sa fête, “Est-ce que tu as l’impression que ça a passé vite?”, et j’ai répondu “Oh non, ça a été trois longues années!”. C’est vrai que les journées sont dures, mais les années passent quand même vite. Ce que je trouve surtout dur c’est de réaliser qu’elle a l’âge que Ti-Loup avait quand elle est née. Quand Cocotte est née, Ti-Loup, c’était mon grand garçon, raisonnable, mûr, il se levait, s’habillait seul et allait jouer une heure en bas pendant qu’on essayait de se remettre de notre nuit entrecoupée. Cocotte, elle, s’habille seule seulement si on insiste, elle n’est pas du tout aussi raisonnable ni aussi mûre. Elle a tout simplement une personnalité différente, mais c’est aussi mon bébé et on l’a donc peut-être moins poussée vers l’indépendance? Tant pis! J’en profite pendant que j’ai encore le droit de lui faire des câlins et de lui donner des bisous!

Les trois dernières années (et peut-être surtout les deux dernières) n’ont pas été de tout repos. Je ne sais pas combien de fois j’ai eu envie de pleurer le soir, épuisée, devant la pile de vaisselle et de linge à laver. Je regarde mon amie qui n’a qu’un enfant, et parfois je lui envie tout son temps libre, elle dont le garçon est déjà pas mal autonome et n’a pas besoin d’une surveillance de tous les instants. Mais je savais que ça allait être dur. Je ne savais pas à quel point, c’es sûr. Mais un jour, ma Cocotte si têtue va être devenue une adulte (plus ou moins) raisonnable et elle va quitter la maison et je vais pleurer comme une Madeleine. Je sais que je ne regretterai pas de l’avoir eue, même si elle va m’en avoir fait vivre de toutes les couleurs. Et je sais que les qualités qui la rendent si difficile aujourd’hui, son intelligence, sa détermination, son indépendance, vont en faire une adulte intéressante et allumée avec laquelle j’aurai beaucoup de plaisir à rire des frasques de son enfance.

Je lui souhaite quand même d’avoir une petite fille juste comme elle pour que je puisse prendre ma revanche! Après tout, Cocotte est une soie avec sa grand-mère, ce n’est qu’avec nous qu’elle est insupportable!

Bonne fête ma grande… Je t’aime!

L’été en 18 photos

Nous avons un problème technique à la maison. Papa a besoin d’utiliser un émulateur Windows pour travailler sur son ordinateur Mac (pour le travail à contrat qu’il fait le soir). Notre ordinateur n’étant plus suffisamment puissant pour les logiciels d’aujourd’hui, on ne peut faire fonctionner à la fois l’émulateur Windows et le logiciel de photo. C’est pourquoi j’ai du mal à avoir accès aux photos, notre logiciel étant rarement allumé. Mais voilà, hier j’ai pris le temps d’exporter tout plein des photos pour pouvoir vous donner une idée de ce que nous avons fait cet été!

Tout d’abord, on est allés au Québec, mais ça, j’en ai parlé un peu et puis, vous étiez là :-) Je vais donc commencer après. Ti-Loup a fait une semaine de camp de baseball. Ça aurait pu être génial, mais ça a été décevant. Le responsable avait l’air d’un schizophrène en pause de médicaments… Papa ne réussissait pas à obtenir une réponse à une question simple, il était vraiment étrange! En plus, c’était pour les 6 à 12 ans et je pensais qu’ils allaient séparer les enfants par groupes d’âge, mais non. Certains “grands” étaient très tannants et ralentissaient le déroulement pour tout le monde, parfois les “petits” restaient assis sur le banc pendant que les “grands” apprenaient à lancer, bref, c’était mal organisé. Ti-Loup a surtout aimé le vendredi quand ils sont allés voir les Canadians, de Vancouver, équipe mineure associée aux Blue Jays de Toronto. Au début de la partie, il a pu aller sur le terrain courir jusqu’au champ avec un joueur (il porte le T-shirt vert)!

Nous sommes ensuite allés passer une semaine à Kelowna durant laquelle il a fait beaucoup trop chaud, mais nous en avons quand même profité pour faire une petite saucette dans le lac Okanagan!

Les enfants ont aussi eu la chance de jouer avec leur cousin. En fait, c’est le petit-fils de la cousine de la mère de Papa. Ça a l’air loin, mais pour remettre en perspective, c’est le même lien qu’il y aura entre les enfants de Ti-Loup et les enfants de ma filleule.

Il a trois ans et demi et aime beaucoup la lutte entre cousins!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis qui dit Kelowna en juillet dit cueillette de cerises… Un voyage là-bas ne serait pas complet si on n’avait pas la chance de grimper aux échelles pour remplir nos seaux. Au total, en deux séances de cueillette, on a acheté environ 200 lb de cerises, dont on a équeuté et dénoyauté au moins les trois quarts pour les faire congeler ou les déshydrater en vue du long hiver…

 

 

 

 

 

 

De retour de Kelowna, les enfants ont fait une semaine de camp à Science World (Cocotte avec Papa, Ti-Loup tout seul). C’est un camp très bien organisé, axé sur les sciences, bien sûr, mais nous avons encore une fois été très impressionnés. Ils ont tous les deux beaucoup aimé, même si Cocotte n’était pas sûre de vouloir y aller au départ.

Ensuite, Ti-Loup a fait une semaine de camp de Légos. Il a adoré! Vous le voyez ci-dessus avec la catapulte qu’il a construite. Le thème du camp, donné par Bricks4Kids, était la robotique, et ils pouvaient donc fabriquer des modèles comportant des moteurs. Ceux-ci étaient reliés à un logiciel simple et ils pouvaient les programmer pour leur faire faire certaines choses. Encore une fois, un franc succès!

Pour sa fête, Ti-Loup voulait inviter trois amies de l’école, plus son meilleur ami de la Coop. Mais son ami ne parle pas français et ne joue pratiquement jamais avec des filles, alors on a décidé de diviser sa fête. Le jour même, on a mangé un gâteau à la Coop avec tous les enfants (et leurs parents, puisque la réputation des gâteaux à la crème glacée de Papa n’est plus à faire). La fin de semaine suivante, on a amené les trois filles et Ti-Loup jouer au parc et manger une crème glacée à l’île Granville. La première fête a eu plus de succès que la deuxième, puisque les filles ont un peu mis Ti-Loup de côté, mais on a quand même eu bien du plaisir. Voici le gâteau de fête pour la Coop; s’il y a un chien au champ centre, c’est parce que quand Ti-Loup joue au baseball à Kelowna, c’est Sherpa qui sert de voltigeur…

Nous avons dû annuler une fin de semaine de camping pour la fête de Ti-Loup, et l’autre fin de semaine pour plusieurs raisons, dont le fait que Papa devait travailler, qu’il était interdit de faire des feux de camp en raison du temps sec, qu’on devait retourner à Kelowna la fin de semaine suivante et qu’on était tous épuisés. Mais on s’est quand même amusés pour le reste de l’été. On est allés passer un samedi à l’île Granville avec un ami et sa fille, qui est née exactement entre Ti-Loup et Cocotte et avec laquelle ils se sont énormément amusés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes aussi retournés voir les Canadians, et les deux enfants ont pu aller sur le terrain après la partie pour courir sur les buts et saluer les mascottes.

 

Cocotte, qui est une enfant normale, veut aller au baseball pour les hot dogs, les mascottes et la course sur les buts, et passe la partie à grimper sur les bancs et à se plaindre. Ti-Loup, erreur de la nature, regarde la partie avec un intérêt et une attention extrêmement soutenus, en ne détournant pas son regard du terrain (même rendu à onze manches) et en posant question après question. Heureusement que j’ai grandi dans une famille d’amateurs de baseball, alors je peux répondre à ses questions!

On est aussi allés à la PNE, foire agricole/parc d’attractions, et Cocotte était juste assez grande pour aller dans les manèges pour enfants. Nos deux zigotos se sont bien amusés, et nous aussi avons eu bien du plaisir avec nos amis, dont le fils est aussi le meilleur ami de Ti-Loup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre été s’est terminé, comme je vous l’ai raconté hier, par un dernier voyage à Kelowna où nous avons rencontré tout plein de nouveaux membres de la famille de Papa.

Et maintenant c’est le retour à l’école… Mais je vous en reparle dans un autre billet!

Deux ans déjà

Cocotte a eu deux ans en fin de semaine. Deux ans, vraiment? Deux ans que notre vie est chamboulée par ce petit tyran, haute comme trois pommes, mignonne comme tout, mais qui prend de la place comme six. Alors que Ti-Loup était un enfant plutôt sage, qui écoutait bien, Cocotte, elle, n’en fait qu’à sa tête. Quand ça ne fait pas son affaire, elle crie, elle frappe, et si ça ne fonctionne toujours pas, elle crie plus fort encore. Aussi brillante que son frère, aussi rapide sur le plan du développement, elle parle déjà mieux que certains enfants de trois ans et semble tout comprendre. Mais sur le plan des émotions, ouf! Disons qu’on a bien du chemin à faire avant qu’elle apprenne à les gérer correctement.

Cela dit, même si elle nous rend fous en trouvant toujours le moyen de nous compliquer la vie (comme refuser de dormir aux moments critiques, par exemple), elle demeure une enfant immensément intéressante et je ne l’échangerais pas pour tout l’or du monde. Oui, elle sait ce qu’elle veut et c’est habituellement ce que ses parents (ou son frère) ne veulent pas. Mais elle est allumée, elle nous fait rire tous les jours avec ses mots d’enfants et quand elle nous fait un gros câlin spontané, on oublie presque combien elle peut être monstrueuse par moments.

Cocotte adore les animaux (dont ses nombreux toutous) et les livres. Elle “lit” d’ailleurs beaucoup. Elle a reçu une carte de fête de son arrière-grand-mère (oui oui, une vraie, en carton et tout, par la vraie poste) et a passé la fin de semaine à se promener avec et à la lire “It’s my happy birthday, and we’re going to have cake for Maman, and Papa, and Ti-Loup, and Cocotte, and…” Ses histoires n’en finissent plus et son particulièrement amusantes à écouter. Grâce au réaménagement qu’elle a provoqué par ses crises du milieu de la nuit, nous avons fait un peu de place et acheté la petite cuisine ikéa, et elle adore faire à manger avec son frère… qu’elle fait aussi enrager avec un brio inégalé en volant les légos avec lesquels il est en train de jouer ou en essayant de s’assoir dessus quand il est couché par terre pour jouer avec ces mêmes légos.

Plus bilingue que son frère au même âge, elle utilise elle aussi les mêmes structures grammaticales anglaises appliquées au français (I’m mangeing). Elle a décrété récemment que le mauve était sa couleur préférée (et pas le rose… yé!) et elle demande “I want some de l’eau in my mauve glass”. Un peu plus gênée que son frère avec les étrangers, elle se dégêne quand même rapidement et aime jouer avec les autres enfants, surtout les plus vieux. Elle adore l’eau et insiste pour continuer de se baigner bien après que ses lèvres soient devenues bleues. Elle aime aussi beaucoup la musique.

J’ai déjà lu que les traits de caractères que l’on trouve difficiles à supporter chez les enfants sont souvent ceux que l’on admire chez les adultes: la ténacité, la détermination, la volonté, la curiosité, la vivacité. À ce compte, Cocotte va devenir particulièrement intéressante! Malgré tout, elle demeure une enfant affectueuse et attachante qui séduit tout le monde autour d’elle, surtout qu’elle réserve habituellement ses crises à ses parents et fait croire aux autres qu’elle est un ange. Quand on parle de son comportement, les autres sont souvent surpris: “Cocotte, vraiment? Elle a l’air tellement calme!” Oui, vraiment. Mais au fond, c’est mieux comme ça. Si elle continue à nous réserver le pire, elle va peut-être réussir à ne pas se faire expulser de la maternelle!

Pour sa fête, nous avons profité du terrain de jeu nouvellement terminé et mangé un délicieux gâteau à la crème glacée en forme de chien. Il y avait plein d’enfants, des tonnes de ballons et de l’espace pour courir – on n’aurait pas pu demander mieux. La pluie a attendu la fin de la fête avant de tomber (ça a été le déluge à l’heure du souper, mais nous étions rentrés) et je n’ai fait pleurer que deux enfants (un dans lequel j’ai reculé et un autre qui a trébuché sur mon pied). Une fête comme je les aime, avec un minimum de cadeaux mais plein de gens qu’on aime (même si ma famille me manque toujours particulièrement dans ces moments-là).

Dur de croire que ça fait seulement deux ans qu’elle est là quand on constate tout ce qu’elle a chamboulé dans nos vies et combien elle est déjà rendu un vrai petit bout de femme. Difficile aussi quand je pense à ce qu’était Ti-Loup quand sa soeur est née comparément à aujourd’hui. Mais d’un autre côté, c’est fou à quel point ces deux années ont passé vite. Deux ans depuis que j’ai pris contre moi pour la première fois mon nouveau-né et constaté que c’était une fille. Deux ans, dans une vie, ce n’est presque rien. Deux ans, dans la vie de Cocotte, c’est toute la vie.

Bonne fête, ma puce! Je t’aime!

Floorball

Ti-Loup a toujours aimé les sports. Dès qu’il a su se tenir debout il bottait dans un ballon de soccer, et comme les garçons plus vieux jouaient au hockey dans la cour, il a commencé à tenir un bâton et à frapper des balles avant d’avoir deux ans. Il ne semble pas avoir hérité de mon manque de talent pour les sports, et il se débrouille très bien. Son rêve, actuellement, est d’être un joueur de soccer quand il va être grand. Il aimerait aussi jouer au hockey, mais ni Papa, ni moi n’avons envie de nous taper les arénas à 6 h le dimanche matin. Nous n’en avons pas non plus les moyens (le hockey coûte très cher), et nous n’avons pas vraiment envie d’exposer notre fils à la violence et aux commotions cérébrales qui semblent être le lot de ce sport.

Mais par pure coïncidence, un de nos voisins, un jeune homme dans la vingtaine, donne des cours de hockey. On l’a vu au centre communautaire, on l’a vu transporter son équipement, et il a vu Ti-Loup jouer avec des enfants qui ont parfois 6 ou 7 ans de plus que lui (il est même arrivé cet hiver que deux grands viennent demander à Ti-Loup s’il voulait jouer avec eux parce qu’ils avaient besoin d’un troisième joueur, ce qui prouve que malgré la différence d’âge, ils le trouvent suffisamment bon pour l’intégrer au jeu).

Un jour, Papa et le voisin se sont mis à parler de Floorball. Ce sport en émergence est une sorte de hockey en gymnase avec des règles légèrement différentes. Notre gentil voisin a expliqué à Papa que c’est un sport sans violence, où tous les contacts sont strictement défendus. Ça nous a intéressés. Cet été, à la recherche d’une activité pour Ti-Loup, nous avons trouvé les cours de Floorball offerts par ce même voisin au centre communautaire et avons décidé d’y inscrire Ti-Loup. Il y avait deux groupes: 3 à 5 ans et 5 à 8 ans. Ti-Loup se serait emmerdé avec des enfants de 3 ans, alors nous l’avons inscrit dans le groupe des plus vieux (les cours commençaient la semaine de sa fête).

Sauf que bon, il n’y avait pas assez d’inscriptions alors le groupe est maintenant 5 à 10 ans. C’est une énorme différence d’âge! Nous avons demandé à l’instructeur si on devrait le changer de groupe, mais il a confirmé qu’il était quand même mieux là. Il est allé à seulement deux cours jusqu’à maintenant, mais il adore! Il court d’un bord à l’autre du gymnase pendant une heure et demie (!!) avec des enfants deux fois plus vieux que lui, il n’est pas le meilleur (ce qu’il trouve habituellement difficile), mais il adore quand même.

Évidemment, la différence d’âge est quand même marquée. Il n’arrive pas à se concentrer sur le jeu aussi bien que les plus vieux, ce qui est tout à fait normal, mais ça ne semble pas déranger ni Ti-Loup, ni ses compagnons, et l’instructeur semble comprendre ses limites et en tenir compte. Il apprend à gérer sa frustration et il dépense de l’énergie. Que du positif!

Dimanche, nous avons fêté Ti-Loup dans la cour de la Coop. Son instructeur de Floorball est passé pendant l’après-midi et nous lui avons offert du gâteau. Il est rentré chez lui et en est ressorti avec deux bâtons de hockey miniature et une balle en mousse pour jouer dans la maison, sur le tapis. Il m’a demandé si on allait le détester s’il les offrait à Ti-Loup. Je savais que mon fils serait super content alors je l’ai laissé faire, même si ce n’est certainement pas mon premier choix de cadeau. Mais bon, dans la vie il faut faire des compromis. Mon fils fait du sport sans qu’on ait besoin de l’y encourager. C’est le début d’une vie active. Il a trouvé une façon de jouer au hockey dans un groupe organisé sans pour autant risquer d’y perdre la moitié de ses cellules grises. C’est plus que ce que j’osais espérer!

Le floorball est donc devenu son nouveau sport préféré. On verra combien de temps ça va durer!

Cinq ans (suite)

Papa et moi ne sommes pas du genre à organiser une grosse fête d’enfants pour tous les amis de la prématernelle. Surtout que cette année, les garçons de la prématernelle ont été plutôt aggressifs, jouant un peu trop à se taper dessus (Ti-Loup compris). Nous avons donc passé un peu trop de temps à nous demander quoi faire. Nous aurions dû fêter Ti-Loup le jour-même de sa fête, puisque c’était férié, mais son meilleur ami (et voisin) était en vacances. Ti-Loup préférait l’attendre. Nous allions donc le fêter la semaine suivante, mais nous avons réalisé que nous devions aller camper (finalement nous avons annulé le camping pour d’autres raisons, mais les invitations avaient déjà été lancées alors il était trop tard pour changer d’idée). Nous avons finalement prévu la fête pour le 19, avec l’accord du principal intéressé qui n’y voyait pas de problème, à condition qu’on lui chante quand même bonne fête lundi, ce qui nous semblait plus que raisonnable.

On voulait quand même que la journée de sa fête soit spéciale, surtout que ses grands-parents étaient de passage chez nous (presque à l’heure, faites une croix sur le calendrier!). On voulait commander des sushis lundi soir pour le souper, mais le restaurant de sushis qu’on aime bien est fermé le lundi alors on a mangé des sushis dimanche soir. Un couple de bons amis dont la fille est une bonne amie de Ti-Loup sera en vacances à l’extérieur dans deux semaines, et nous les avons donc invités à venir passer l’avant-midi avec nous lundi (ils devaient partir sur l’heure du dîner puisqu’ils avaient autre chose de prévu). Ils ont apporté le vélo de leur fille, qui vient elle aussi d’avoir cinq ans, et nos deux cyclistes ont pédalé jusqu’au parc aller-retour (7 km) pendant que leurs pères couraient derrière eux, que les mères poussaient les plus petits dans leur poussette respective et que les grands-parents suivaient en jasant. Le principal intéressé a retrouvé sa confiance, lui qui n’avait pratiquement pas pédalé de l’hiver et s’est retrouvé au début de l’été incapable de garder l’équilibre sur le vélo (on a mis la faute sur notre utilisation de la girafe, ce vélo qu’on attache à celui de Papa et qui n’oblige pas Ti-Loup à garder l’équilibre). Après avoir passé un peu trop de temps à regarder le Tour de France et le cyclisme aux Jeux olympiques, je crois que mon fils se prenait pour Bradley Wiggins. Il y a pire, dans la vie!

Au retour à la maison, nous avons sorti le gâteau, en forme de… vélo, bien sûr (photos à suivre). Ti-Loup était agréablement surpris puisqu’on lui avait dit que le gâteau serait pour sa fête d’amis, mais Papa n’avait pas pu résister à l’envie d’en faire un cette fois-ci aussi. Tout le monde s’est bourré de gâteau à la crème glacée maison juste avant l’heure du dîner (tellement pas dans nos habitudes!), puis nos amis ont dû partir. Le soir, les parents de Papa se sont rendu compte qu’ils avaient oublié à Kelowna le cadeau acheté pour leur petit-fils, mais heureusement nous en avions emballé deux (des ensembles de Légo, bien sûr) alors nous lui en avons donné un et ils lui ont donné l’autre. La boîte étant de la même forme et les cadeaux, déjà emballés, j’ai choisi au hasard lequel serait de qui, et mon fils a beaucoup mieux aimé le nôtre que celui de ses grands-parents. Ce qui, finalement, ne me fait pas trop de peine, puisque franchement, oublier son cadeau, ça fait dur quand même! La tante de Ti-Loup lui a elle aussi donné un cadeau, et il est allé se coucher fatigué mais heureux.

Ça a donc été une belle journée de fête réussie, bien que tranquille. Pour le 19, on prévoit simplement réunir quelques enfants dans la cour (quatre qu’on a invités, plus sans doute des voisins qui ne pourront pas résister à la vue du gâteau) et les laisser s’amuser avec des ballons. Le terrain de jeux de la Coop devrait être construit la semaine prochaine (c’est pour aider à sa construction qu’on a annulé notre voyage de camping) et s’il fait beau, les enfants vont sûrement en profiter. Papa va faire un autre gâteau, mais il n’y aura pas de cadeau. Dans un souci écologique et anti-matérialiste, nous demandons aux amis de ne pas apporter de cadeau et nous n’offrons pas de sacs à surprise. C’est une décision difficile puisque ça prive quand même Ti-Loup de quelque chose, mais en même temps, nous voulons éviter de nous retrouver avec plein de cossins cheaps achetés à la boutique du dollar. Nous n’avons pas de place pour ranger des tonnes de cadeaux dans notre petit appartement. Alors nous essayons de fournir d’autres expériences agréables pour compenser.

Je vous en reparlerai!

Cinq ans

Nous avons fêté hier les cinq ans de Ti-Loup. C’est fou quand même. Déjà cinq ans depuis ce matin de congé où j’ai ressenti les premières contractions qui allaient me précipiter dans cette aventure sans fin, de loin la plus difficile au monde, soit le rôle de parent. Je me souviens très bien de la première nuit, durant laquelle il a assez bien dormi, mais où moi j’avais des flashbacks des douleurs de l’accouchement chaque fois que j’arrivais pour m’endormir. Puis, la deuxième nuit, il n’a presque pas dormi. On est partis de l’hôpital vidés avec notre petit bonhomme qui a crié durant tout le trajet en voiture. Ma mère est arrivée ce soir-là, venue m’aider dans mes relevailles. Je me souviens de l’émotion des grands-parents (des deux côtés) quand ils ont tenu ce petit bout de chou dans leurs bras pour la première fois. Je me souviens de son premier rire, que j’aimais tant que j’aurais tout donné pour le reproduire. De notre premier voyage au Québec. De la première fois où il a rampé jusqu’à moi pour venir me faire un câlin. De ses premiers pas. De son premier “vrai” mot, “ball”, alors qu’il s’élançait (de ses presque premiers pas) pour botter un mini ballon de soccer.

Je me souviens aussi des moins bons moments. Les nuits atroces durant lesquelles il me réveillait aux demi-heures, et où on a dû finir par le laisser pleurer parce que j’en perdais ma santé mentale. Les voyages en voiture durant lesquels il a crié sans s’arrêter. La nuit de gastro passée assise à le bercer parce que dès que je le recouchais il vomissait et qu’on avait peur qu’il se déshydrate. Sa première vraie chute, quand il s’est éclaté la lèvre et a fait une immense tache de sang sur le chandail de papa. Puis le point de suture sur sa lèvre, à trois ans.

Je me souviens de ses gâteaux de fête, le premier aux carottes, le deuxième, un chantier de construction, le troisième, un débarquement sur la lune, le quatrième, un bateau de pirates. Je me souviens de son premier Halloween, déguisé en poulet, alors qu’il se promenait en disant “Cot cot cot”. Je me souviens du Noël de ses quatorze mois, alors qu’on lui avait offer un vélo sans pédales et qu’il avait passé deux semaines à chevaucher le cadeau emballé parce que ça ressemblait quand même vaguement à une monture. Je me souviens de sa première journée de prématernelle, sans aucune larme. Je me souviens à quel point il a été gentil quand sa soeur est née, malgré le fait qu’il avait un gros rhume et qu’il ne pouvait pas l’embrasser sur le visage comme il aurait tant aimé le faire. Je me souviens de ses premiers tours de roue sur un vrai vélo de grand garçon, à seulement trois ans. Je me souviens des centaines d’heures passées dans la cour de notre immeuble à le pousser dans la balançoire, des milliers d’heures de poussette, à lui chanter des chansons, à me creuser les méninges pour penser à des chansons différentes à lui chanter, toujours en français, bien sûr, pour l’aider à connaître ma culture pendant qu’il n’en avait pas encore le choix.

Je n’oublie pas non plus toutes les crises, les coups de poing dans la porte, les larmes, les hurlements. C’est ça, aussi, un enfant. Mais j’essaie de me concentrer sur les câlins et les bisous, les moments de douceur où il est allé spontanément vers quelqu’un qui avait besoin de lui et où j’ai éclaté de fierté. Tout particulièrement le jour de la fête de notre voisine malade, quand elle a figé devant une cinquantaine de personnes venues lui faire une surprise et qu’il l’a dégênée en s’avançant spontanément vers elle pour lui faire un câlin.

Mon fils est un être sensible, anxieux même, qui a beaucoup conscience de ce qui se passe autour de lui. Qui veut tout savoir. Même s’il me fatigue par ses questions incessantes et par sa manie de toujours me pousser à bout pour savoir où exactement se trouvent mes limites, même s’il est particulièrement têtu, il est aussi intelligent, curieux, déterminé, persévérant et, dans l’ensemble, un très gentil petit garçon. Un peu trop obsédé par les sports (vélo, hockey, soccer), mais donc très en forme, et qui aime aussi beaucoup se faire lire des histoires, y compris des bandes dessinées belges.

Il a maintenant cinq ans et s’apprête à commencer la maternelle. C’est dur à croire. Ça passe tellement vite! Toujours, et en particulier depuis un an (autre billet à suivre), je suis consciente de la chance que j’ai d’être la mère de cet enfant, tellement en santé, tellement génial, tellement charmant. La chance, aussi, de partager mon travail de parent avec un Papa joueur, patient, plein d’imagination pour occuper ces deux enfants exigeants, un Papa qui ne croyait pas avoir la vocation mais qui a plongé dans l’aventure (imprévue, dans le cas de Ti-Loup) sans trop regarder en arrière.

En terminant, voici quelques photos reproduites de mon autre blogue (parce que je n’en ai pas d’autres sous la main) pour montrer un peu l’évolution de Ti-Loup au fil des ans.

Le bisou

Je veux vous raconter cette histoire depuis six mois. Mais je voulais y mettre la photo. Et pour mettre la photo, je devais avoir la permission de ceux qui sont dessus. Et je ne savais pas comment demander à mon amie si je pouvais mettre une photo de sa fille mourante sur mon blogue… Depuis le début, quand je parlais de l’amie de Ti-Loup qui était malade, j’ai tenté d’éviter tout ce qui pourrait aider à l’identifier et j’ai donc laissé croire que c’était un garçon, mais c’était une petite fille. Je peux bien le mentionner maintenant puisque sa mère m’a donné la permission de vous montrer sa photo.

Quand on l’a fêtée au mois d’août, seulement deux semaines après son diagnostic, elle était encore en pleine forme. Ce fut la fête du siècle. Elle avait demandé une surprise pour son anniversaire, et quand elle est arrivée, tous ses amis étaient là, dans une grande salle remplie de ballons, avec une fée qui faisait des maquillages, un clown qui faisait des animaux en ballons, un château gonflable, une machine à popcorn et une machine à barbapapa. Il y avait toute sa famille, aussi, même ceux qui habitent loin. Sur le coup, elle est restée figée. Elle ne pleurait pas, mais elle était sous le choc, elle ne savait pas trop comment réagir. Elle est restée sur le bord de la porte, accrochée à sa mère, qui s’est penchée pour la prendre dans ses bras et lui chuchoter des mots rassurants à l’oreille.

J’ai tourné la tête un moment, probablement distraite par Cocotte, et j’ai entendu tout à coup des murmures de gens qui disaient “Oh, il l’a embrassée, c’est tellement mignon!”. J’ai tout de suite pensé à Ti-Loup, c’est tellement son genre. Et quand j’ai levé la tête, j’avais manqué l’instant. Mais quelqu’un l’avait pris en photo. Voyant son amie figée par la surprise, mon fils avait pris les choses en mains et s’était approché d’elle pour lui faire un gros bisou sur la joue. Ce qui a entraîné tous les autres enfants à faire pareil, et c’est comme ça que la fête a commencé. La glace était brisée, la fêtée riait, la crise était évitée.

C’est un de mes plus beaux souvenirs de ma petite voisine. C’est aussi un des moments où, jusqu’à maintenant, j’ai été la plus fière de mon fils. Fière de l’empathie dont il a fait preuve en trouvant de lui-même une solution pour que son amie se sente mieux.

Et voici la photo. Une de mes préférées.

Ti-Loup fait la bise à son amie

 

Dur à comprendre…

Ce midi nous devions aller à la fête d’une amie de Ti-Loup, appelons-la Lily pour les besoins de la cause. En matinée, je reçois tout-à-coup un courriel pour nous avertir que la fête était annulée puisque Lily a passé la nuit à vomir ses entrailles.

Moi: Oh, Ti-Loup, c’est dommage, il n’y aura pas de fête pour Lily parce qu’elle est trop malade.
Ti-Loup: Est-ce qu’elle a le cancer?

J’ai donc passé la demi-heure suivante à lui expliquer que non, Lily n’avait pas une maladie grave, sans doute juste un virus comme il en a déjà eu et qu’elle allait s’en remettre comme lui s’en est remis. J’ai aussi mentionné que la mère de Lily pensait peut-être refaire la fête à un autre moment mais que ce n’était pas sûr. Je me mets donc à expliquer que la salle qu’ils avaient réservée ne sera peut-être pas libre à un autre moment.

Ti-Loup: Ils pourraient faire la fête à l’endroit où [son ami qui vient de mourir] a fait la sienne, hein, Maman, vu que c’est là que les enfants malades font leur fête.

Et de recommencer les explications sur les grosses maladies, comme le cancer, et les petites maladies, comme les rhumes et les gastros.

Grosse matinée! Heureusement, à 11 h 30, un de nos voisins passait sous notre porte une invitation à aller manger du gâteau pour sa fête à 14 h. Et croyez-le ou non, à moins de 3 heures d’avis, TOUS les enfants de la Coop étaient là. Faut le faire! Alors on a troqué une fête pour une autre, mais on a eu une belle journée quand même. Qui s’est terminée par un souper avec des amis et des enfants couchés une heure en retard. Demain risque donc d’être moins agréable, mais on verra.