Une nouvelle famille

Ça faisait longtemps que je n’avais pas passé une aussi belle fin de semaine.

Toute notre petite famille s’est rendue à Kelowna pour le long congé afin d’assister à une cérémonie à la mémoire de la grand-mère de Papa, décédée en octobre dernier. Tous les cousins de Papa y sont venus, et c’était la première fois que je les rencontrais. En fait, c’était aussi la première fois que Papa les rencontrait – sauf son cousin le plus âgé, qu’il avait déjà vu quand il avait trois ans et dont il ne se souvenait donc pas du tout. Et même si un seul cousin a emmené sa fille (de 15 ans), et qu’il n’y avait donc pas d’enfants de l’âge des miens, qu’à celà ne tienne: ils se sont amusés comme des fous. Ti-Loup a réussi à convaincre la cousine, la petite-cousine, un cousin et la tante de Papa de jouer au baseball avec lui. On a fait des feux. On a fait griller des guimauves. On les a laissés se coucher tard. Et à l’exception d’une énorme crise de Cocotte et de nombreux réveils nocturnes, qui nous ont fatigués, ça a vraiment bien été. Même à l’église, les enfants ont été raisonnablement tranquilles! Et le voyage en auto s’est, miracle des miracles, plutôt bien passé (même s’ils n’ont pas dormi une minute).

J’en repars avec un grand regret: ne pas pouvoir passer plus de temps avec ce côté de la famille. Un des cousins de Papa habite en Ontario et a trois enfants; je peux donc comprendre qu’on ne puisse pas le voir souvent. Mais trois cousins sont à Calgary et les deux autres, en Colombie-Britannique. Même s’ils n’habitent pas la porte à côté, ce sont quand même des distances qui se font en auto. C’est sûr que je ne ferais pas ce genre de chemin tous les ans, mais il reste qu’ils ne s’étaient pas vus depuis plus de trente ans! J’ai l’impression que la mère de Papa et ses frère et soeur ne doivent pas faire de gros efforts pour réunir la famille… Maintenant qu’on s’est rencontrés et très bien entendus, au moins avec les trois enfants de l’oncle de Papa, on espère refaire ça avant les prochaines funérailles…

J’ai aussi été fascinée en réalisant à quel point la famille de la grand-mère de Zak est peu nombreuse. Celle-ci, Marie, est née en 1924, la troisième d’une famille de sept. Son frère aîné, Bill, ne s’est jamais marié et n’a pas eu d’enfants; il est mort au début des années 1980 et je ne l’ai donc bien sûr pas connu. La suivante, Ann, a eu une seule fille, la cousine dont la mère de Papa est la plus proche. Cette fille au deux enfants qui ont environ notre âge et qu’on voit assez régulièrement puisqu’ils habitent près de Kelowna, et deux petits-enfants qui jouent avec les miens. Ensuite vient Marie, qui a eu trois enfants, la plus grosse famille. De ces trois enfants sont nés huit petits-enfants et dix arrière-petits-enfants, ce qui n’est déjà pas énorme (seulement quatre des huits petits-enfants ont une descendants). Une des autres soeurs de Marie, Kay, a eu une seule fille, qui a un seul fils. Jo, elle, a eu deux enfants que je n’ai jamais rencontrés et je ne sais pas s’ils ont des enfants. La sixième, Stephanie, s’est mariée tard et n’a pas eu d’enfants; et Marilyn a eu une seule fille, qui n’a pas d’enfants.

De cette génération de sept ancêtres nés dans les années 1920, donc, sont issus seulement huit enfants, et de cette génération, environ une douzaine de petits-enfants. Comparons ça à la génération de ma mère, de la même génération que la mère de Zak (à la fin de la Guerre). Elle était la quatrième d’une famille de neuf, qui ont eu un total de vingt-deux enfants (si je n’en oublie pas). Et eux-mêmes ont à ce jour au moins vingt-huit enfants (j’en oublie sans doute) et ce n’est sûrement pas terminé puisque certains sont encore dans la jeune vingtaine. Il faut croire que l’héritage catholique du Québec y est pour quelque chose!

J’ai donc gagné cette semaine une famille que je ne connaissais pas. Une famille qui, contrairement aux parents de Papa, semble savoir s’amuser. Une famille chaleureuse qui ressemble à la mienne dont je m’ennuie tant et qui m’a rappelé à quel point ça me manque, ce genre de soirée où les enfants s’amusent avec certains pendant qu’on peut jaser avec d’autres. Une famille avec laquelle j’espère maintenant pouvoir garder des liens.

Et maintenant, la rentrée!