Brouillard

Ça fait presque une semaine qu’on vit dans la purée de pois. Je n’avais jamais vu du brouillard comme ça avant de déménager à Vancouver. Tous les automnes, on a une journée ou deux où on a l’impression de marcher dans un nuage : la proximité de l’océan, j’imagine. Mais cet automne, c’est vraiment particulier! On en est à une sixième journée de brouillard de suite. Il se lève parfois quelques heures, mais il revient vite tout couvrir. De la tour à bureau où je travaille, par moments, on ne voit pas les autres immeubles des alentours. On se croirait vraiment en plein ciel plutôt qu’au douzième étage. Parfois, le brouillard est si dense qu’il nous mouille quand on marche dedans. J’ai eu plusieurs fois le réflexe de vérifier si mes lunettes étaient sales pour me rendre compte que non, ce n’est que le brouillard!

En pleine saison d’Halloween, je trouve ça plutôt pertinent, le brouillard. Les automobilistes et les pilotes d’avion, eux, trouvent ça moins agréable. Et puis, c’est comme n’importe quoi, je finirais par m’en lasser. Mais il y a un côté féérique et magique qui m’interpelle. En plus, dans l’état de fatigue dans lequel je me trouve (Cocotte s’étant réveillée à 3 h du matin la nuit dernière, puis encore à 3 h 30 juste comme je me rendormais), la brume est encore plus d’actualité…

Mon petit perroquet – et autres histoires de la fin de semaine

Ma fille est dans une phase de développement intensif du langage. En plus de tous les mots qu’elle dit spontanément, elle s’est mise à répéter, pas systématiquement, mais très souvent, ce qu’on dit. Ce matin, par exemple, je lui montrais des photos prises hier à la fête d’amis de Ti-Loup. Elle connaît la plupart des enfants puisqu’elle va avec Papa reconduire son frère à la prématernelle trois fois par semaine. Elle joue avec les “grands” avant et après la “classe”. Alors que je nommais les enfants qui apparaissaient sur les photos, elle s’est mise à répéter chacun d’entre eux. C’était vraiment mignon.

Son développement social est lui aussi fascinant. Durant la fête, il y avait deux autres petites filles de son âge. Une d’entre elles parlait beaucoup plus que Cocotte. J’ai du mal à évaluer précisément parce qu’elle parlait espagnol, mais elle semblait faire des phrases d’au moins trois mots de suite, ce qui, a 18 mois, est assez impressionnant (et donne un autre exemple du fait que l’exposition à deux langues ne ralentit en rien le développement du langage). Mais quand est venu le temps de s’asseoir en cercle pour jouer au cadeau musical (où un cadeau est emballé de plusieurs couches et quand la musique s’arrête, l’enfant qui a le cadeau peut en enlever une couche avant de continuer à passer le cadeau), ma fille est la seule des trois petites qui est restée assise jusqu’à la fin. Elle ne comprenait pas trop et je devais l’aider à passer le cadeau à son voisin, mais elle voulait jouer avec les grands.

J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à voir aller mon fils. Il semble en voie de devenir le bouffon de la classe. Durant le dîner, il était assis avec ses amis et les parents les ont laissés manger sans vraiment intervenir. Ti-Loup était celui qui faisait des niaiseries et tentait de faire rire les autres. Un peu épeurant étant donné qu’il est facilement distrait de ses tâches et que ça risque d’empirer les choses en classe, mais d’un autre côté, il a de l’humour et est apprécié de ses camarades, ce qui est certainement positif! Il a beaucoup d’indépendance, et en comparaison des deux autres garçons qui étaient à la fête, il est nettement en avance sur le plan des interactions sociales. Je comprends mieux, à le voir, pourquoi il se lie facilement d’amitié avec les filles, nettement plus matures (du moins dans son cercle social, je ne veux pas faire de généralisation abusive), ou avec des garçons plus vieux. Vraiment, il avait l’air d’avoir un an de plus que les deux autres garçons.

Autre moment fort de la journée: l’enfant autiste de la classe de Ti-Loup avait été invité. C’est un petit garçon attachant et de toute évidence, les éducatrices font un travail admirable pour l’intégrer puisque tous ses compagnons semblent l’aimer. Il commence à peine à parler malgré ses quatre ans, et il a toujours du mal à interagir, mais il y a eu de beaux moments où il semblait vraiment participer à l’atmosphère de la fête et jouer avec les autres enfants. Je trouve ça vraiment génial que son intégration se fasse aussi bien, et pour lui, et pour les autres enfants qui apprennent de belles leçons de cette façon.

Ce fut donc une fin de semaine très réussie et agréable. Samedi on a fait de la raquette en montagne avec des amis et les enfants ont adoré (Cocotte a dormi dans le sac à dos pendant au moins une heure et Ti-Loup a eu beaucoup de plaisir même si au retour il a eu une crise de “Mes jambes sont trop fatiguées et j’ai trop mal pour continuer” qui s’est terminée dès qu’il a pu jouer dans la neige au lieu de marcher). Il a fait un beau gros soleil et ça a dû monter à près de 10 degrés au milieu de la journée, ça nous a vraiment remis d’aplomb de profiter comme ça du beau temps. Et dimanche, cours de natation suivi de la fête. À la piscine, l’instructeur de Ti-Loup n’était pas là et ça a quand même été très bien avec le remplaçant. Et à la fête il n’y a eu aucune crise, aucuns pleurs (à part la fêtée, mais ça semble être dans sa nature).

Il reste les bibittes, on n’a pas encore eu le temps de leur faire la chasse… quoi que nous avons de plus en plus de doutes sur leur provenance puisqu’ils semblent se concentrer autour du garde-robe qui donne sur le garde-manger des voisins. Il faudrait quand même qu’on vérifier le contenu dudit garde-robe. Mais chaque chose en son temps!

C’est l’hiver

C’est par une semaine comme celle-ci que Vancouver aurait dû avoir les Jeux olympiques. Pour une fois, c’est vraiment l’hiver. Il fait -7 ce matin, -13 avec le facteur vent. Et il neige, pas des gros flocons comme l’autre jour, mais une petite neige fine qui va quand même finir par tout recouvrir si ça continue.

J’ai parlé l’autre jour des chauffeurs qui sont mal préparés, mais les piétons sont encore plus drôles. Plusieurs n’ont pas de manteau d’hiver. Ceux qui ne sont pas en souliers sont presque tous en bottes de pluie. Beaucoup n’ont ni gants, ni mitaines. Mais ce qui me fait le plus rire, ce sont les parapluies. Quand il neige, les gens se protègent avec leurs parapluies. C’est coloré, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que si on avait une vraie bonne tempête, ça ne tiendrait pas dix minutes.

J’ai dit qu’il aurait fallu avoir les Jeux olympiques une semaine comme celle-ci, mais je blaguais. Avec le chaos qu’apporte la neige ici, on ne s’en serait jamais sortis. Et puis dans un jour ou deux, tout va être fondu, et Vancouver dans la sloche… enfin, passons.

Que voulez-vous, Vancouver n’est simplement pas une ville hivernale!

Il neige!

Il neige à gros flocons. Rien de bien excitant pour les Québécois parmi vous, mais ici, ça n’arrive pas souvent. Une ou deux fois par hiver. Et quand ça arrive la nuit, on manque le spectacle. Un spectacle magnifique, qui va bientôt être gâché parce que ça va virer en pluie tôt ou tard. En ce moment, il fait -2 (dans les prédictions officielles, donc à l’aéroport). Le mercure ne reste jamais bien longtemps sous zéro. Alors il faut en profiter.

Déjà, hier, on est allés au cours de natation des enfants qui sont dans une partie de la ville un peu plus en hauteur. Là, il avait neigé vendredi. Ti-Loup s’est amusé à jouer dans la “neige”, en fait une croûte glacée. Mais là, maintenant, la neige qui tombe est collante, parfaite pour faire un bonhomme. Et Ti-Loup est en route vers la prématernelle. On a sorti sa salopette d’habit de neige pour la première fois cette saison, il va pouvoir s’amuser avec ses amis. Si ça dure. Déjà, les flocons semblent moisn gros, j’espère qu’ils ne fondront pas trop vite.

Ici, quand il neige, la ville est vite paralysée. Beaucoup de gens ont des pneus d’été ou au mieux, des quatre-saisons. Et s’il neige chez moi, au centre-ville, ça veut dire qu’il neige vraiment dans la vallée du Fraser, où c’est toujours plus froid (puisque plus loin de l’océan). Vancouver étant une ville très chère, les gens qui y travaillent habitent souvent en banlieue très éloignée, où il y a plus de neige. Ils n’ont pas envie d’avoir à se battre pour rentrer chez eux dans la neige sur un trajet qui, habituellement, prend déjà plus d’une heure. Une journée de neige, avec les sorties de route, les accidents (en plus d’être mal équipés, les gens ne savent pas conduire dans la neige), le retour à la maison devient vite bordélique.

Alors beaucoup de gens prennent congé. Ou ils partent plus tôt du travail pour éviter l’heure de pointe. Ou ils travaillent de chez eux. Ou ils prennent les transports en commun. Parfois, tout ferme pour un tout petit 5 cm de neige. Moi, j’habite à 10 minutes à pied du travail alors je ris. Je suis venue en espadrilles au travail ce matin. Au pire, j’aurai un peu froid au retour. Mais je peux profiter du temps qu’il fait sans avoir peur des conséquences.

Pour des québécois, le branle-bas de combat que provoque le moindre flocon de neige à Vancouver est ridicule et très, très amusant. Alors je vais profiter du spectacle aujourd’hui. En espérant que mes enfants vont eux aussi en profiter et aller jouer dans la neige… avant qu’elle fonde. Ce soir, demain, ou au mieux dans quelques jours.