Retour des vacances.

J’ai beau avoir travaillé trois jours la semaine dernière, c’est aujourd’hui le vrai retour des vacances. Ti-Loup retourne à l’école (il avait très hâte vu qu’il n’a pas arrêté de chiâler qu’il aime juste aller à l’école pendant toutes les vacances et s’est fâché contre moi parce que je n’ai pas organisé de rencontre avec son amoureuse). Et pour notre dernière fin de semaine, nous avons décidé d’aller à la montagne samedi (photos à suivre).

On pensait aller faire de la raquette, mais on est arrivés trop tard et on était stationnés si loin qu’il nous aurait fallu une demi-heure de marche pour atteindre le début du sentier. On a donc changé nos plans et on a simplement joué dans la neige sur le talus qui borde la route où nous étions stationnés. D’où on était, au bas de la pente, on ne voyait pas les voitures stationnées ni la route. On était dans la forêt. Papa a tapé une glissade de neige sur le talus et on s’en est donné à coeur joie, sur les fesses (Papa et moi étions en pantalons imperméables plutôt qu’en pantalons de neige, c’est fou comme ça glisse vite!). Même Cocotte n’a pas cessé d’en redemander tellement elle s’amusait à glisser, et ce malgré la neige dans le visage et les culbutes.

Je m’ennuie de la neige. C’est une des choses qui me manquent le plus de ma vie au Québec (loin derrière ma famille, mes amis et la vie en français, mais bon, c’est quand même là). Les Québécois installés ici, pour la plupart, sont contents de s’être débarrassés de la neige et des tempêtes. Pas besoin de pelleter, et s’ils veulent jouer dans la neige, la montagne est à 30 minutes de voiture. C’est vrai, et c’est assez impressionnant quant on passe du niveau de la mer à la pluie battante pour monter dans la montagne et que, tout à coup, la pluie se transforme en neige. Mais ce n’est pas comme avoir la neige à la maison.

C’est sûr que je n’ai jamais eu d’auto au Québec. Je suis partie jeune adulte, je n’avais jamais eu de maison, donc rien à pelleter. Mais j’ai dû attendre l’autobus dans les bancs de neige et je me souviens bien de la douleur des extrémités qui dégèlent après avoir passé trop de temps dehors. Mais je me souviens surtout du plaisir de la neige quand j’étais enfant et je trouve ça vraiment triste de ne pas pouvoir faire vivre ça à mes enfants. Les matins de tempête quand on apprend qu’il n’y a pas d’école, ouvrir la porte de peine et de misère parce que la neige s’est accumulée devant, puis sauter dans le banc de neige, emmitouflés des pieds à la tête avec un foulard enroulé sur le front et les joues qui ne laisse dépasser que les yeux. Creuser des tunnels dans la neige. Se jeter en bas des bancs de neige avec ses amis. Rentrer les pieds gelés pour regarder Passe-Partout (comme le disent si bien les Cowboys fringants). Ou pour boire quelque chose de chaud.

Ça me manque, mais samedi au moins j’ai pu jouer dans la neige avec mes enfants. Un piètre remplacement, mais mieux que rien. J’ai montré à Ti-Loup à faire un ange dans la neige. Ça ma tellement ramenée en arrière que j’avais presque envie de pleurer. Et de voir Cocotte qui avait du mal à marcher avec sa grosse salopette de neige et ses bottes… Mais bon, ici, pas besoin d’un gros foulard, il faisait à peine un ou deux degrés sous zéro. Les enfants avaient quand même les joues rouges et les yeux brillants, et on a ri, on a ri!

Maintenant, je suis prête à retourner au travail. Ce qui m’inquiète, cependant, c’est que j’ai l’impression que c’est hier qu’on était allés faire de la raquette la dernière fois. Pourtant, tout un été a passé depuis. Et l’automne. Le temps passe si vite que je ne le vois pas passer. Noël est déjà derrière nous, un autre. Je me souviens de la première glissade de Ti-Loup sur la plage près de chez nous. Maintenant c’est le tour de Cocotte. Chaque fois qu’on vit une nouvelle expérience avec elle, ça me rappelle que mon bébé grandit et que bientôt mes enfants vont devenir grands. Raison de plus pour en profiter pendant que ça passe!

“La meilleure façon de se préparer un beau passé pour l’avenir, c’est de vivre pleinement le présent” Robert Jasmin, Le temps d’Alexandre

Joyeuses Pâques (en retard)

Nous avions de la visite toute la fin de semaine, ce qui fait que mon congé n’en a pas été un, loin de là. Mais malgré les nombreuses frustrations associées à la présence de trois adultes de plus dans notre petit appartement pendant quatre jours, nous avons quand même réussi à offrir aux enfants une fin de semaine mémorable et à nous amuser en même temps.

Vendredi, nous sommes allés faire de la raquette au mont Seymour. Nous sommes malheureusement tombés sur la moins belle journée de la fin de semaine, et avec les nuages, en montagne, il faisait -4. Alors que Cocotte avait beaucoup aimé les autres randonnées en raquette que nous avons faites cette année (même si elle est toujours surprise de découvrir que la neige, quand on y touche, c’est froid), cette fois, elle a eu froid et s’est mise à se plaindre à peu près au point où nous rebroussons habituellement chemin. Après avoir constaté qu’en effet, ses mains étaient glacées, Papa est donc rentré au pas de course pendant que je restais derrière à encourager Ti-Loup, qui à ce stade-ci de la randonnée affirme toujours avoir mal aux jambes et demande à être porté (me semble, oui!). Quand on a rejoint Papa pour manger notre dîner dans la cafétéria, je me suis rendu compte que j’avais oublié d’apporter les craquelins qu’on devait manger avec le fromage (geese an cackeu, comme dit ma fille). On a donc mangé du fromage tout seul.

La sortie n’a donc pas été parfaite, mais je suis quand même heureuse d’être retournée à la montagne une dernière fois. Je soupçonne en effet qu’on n’y retournera pas cette année. Même s’il y avait des tonnes de neige, ça devrait commencer à fondre rapidement puisque nous avons eu des températures très printanières les trois jours suivants. C’est toujours agréable de sortir de la ville et de respirer un peu d’air pur. Et puis je m’ennuie toujours autant de la neige! Le soleil est sorti en après-midi, ce qui a permis à Ti-Loup d’aller jouer dehors avec ses amis, et le soir je suis allée au cinéma avec une collègue qui voulait absolument voir Hunger Games et cherchait quelqu’un pour l’accompagner. Deux films depuis le début de l’année, c’est un record!

Samedi nous sommes allés au refuge d’oiseaux migrateurs Reifel; c’était la première fois pour Cocotte. Nous avons beaucoup aimé notre sortie et les deux enfants ont pu nourrir des canards et des oies à profusion. Quatre sacs de graines plus tard, Cocotte s’est fait mordre par une bernache du Canada; heureusement ça ne lui a pas vraiment fait mal, mais ça lui a donné quelque chose à raconter (goose bite ouch!). La journée était magnifique, et cette fois-ci, nous avions apporté les craquelins.

Dimanche, après toute cette excitation, nous sommes simplement allés au parc avec les enfants. Nous devions aller souper chez des amis de la famille de Papa, mais celui-ci ne se sentait pas bien et nous avons donc annulé. Entre les préparatifs du souper, la sortie du matin et l’état de Papa, nous n’avons pas fait la chasse aux oeufs que nous avions prévue, mais ce n’était que partie remise.

Lundi, après le déjeuner, Papa est allé cacher les oeufs sur notre patio. Rien de bien difficile à trouver, évidemment, le patio doit faire 10 pieds sur 6. Mais j’ai averti Ti-Loup qu’il allait y avoir une grosse surprise pour lui et une autre pour Cocotte, et que les oeufs seraient pour tout le monde et qu’il devait laisser Cocotte en trouver. Celle-ci a vite compris le but de la chose, mais elle n’avait absolument aucun intérêt à mettre les oeufs dans son sac: elle voulait les déballer et les manger immédiatement. Elle a passé le reste de la journée à répéter “More chocolate”, et elle le disait encore ce matin. Seulement 19 mois et déjà dépendante du chocolat! Bon, mettons qu’elle a de qui tenir…

Les enfants ont reçu un livre et un lapin en peluche de leurs grands-parents. Malheureusement, il n’était pas précisé ce qui était pour qui. Cocotte a décidé que le lapin était pour elle. Ti-Loup aurait bien voulu dormir avec, mais comme Cocotte était collé dessus depuis qu’il a été déballé (faut dire qu’il est particulièrement doux et très mignon), je n’avais pas envie d’affronter la colère de la bête. Heureusement, Ti-Loup est plutôt raisonnable et j’ai facilement pu le convaincre de laisser son tour à sa soeur, mais j’ai bien peur qu’elle n’accepte pas de donner un tour à son frère ce soir! Cocotte dit autant “lapin” que “rabbit”, et quand Papa lui a demandé comment s’appelait son lapin, elle a déclaré “baby rabbit”.

Après la chasse aux oeufs et le cadeau, les enfants ont fait des biscuits au pain d’épice (mes beaux-parents avaient apporté un restant de pâte à biscuits je ne sais pas trop pourquoi), ou plutôt ils ont découpé des formes dans la pâte avec des emporte-pièces. Il y avait tellement de desserts chez nous (crème glacée maison, meringues, biscuits au pain d’épices) qu’ils n’ont pas encore touché à leur chocolat de Pâques.

Je vais essayer de trouver des photos puisqu’on en a pris pas mal, mais elles n’ont pas encore été triées.

Et vous, vous avez passé une belle fin de semaine?

Mon petit perroquet – et autres histoires de la fin de semaine

Ma fille est dans une phase de développement intensif du langage. En plus de tous les mots qu’elle dit spontanément, elle s’est mise à répéter, pas systématiquement, mais très souvent, ce qu’on dit. Ce matin, par exemple, je lui montrais des photos prises hier à la fête d’amis de Ti-Loup. Elle connaît la plupart des enfants puisqu’elle va avec Papa reconduire son frère à la prématernelle trois fois par semaine. Elle joue avec les “grands” avant et après la “classe”. Alors que je nommais les enfants qui apparaissaient sur les photos, elle s’est mise à répéter chacun d’entre eux. C’était vraiment mignon.

Son développement social est lui aussi fascinant. Durant la fête, il y avait deux autres petites filles de son âge. Une d’entre elles parlait beaucoup plus que Cocotte. J’ai du mal à évaluer précisément parce qu’elle parlait espagnol, mais elle semblait faire des phrases d’au moins trois mots de suite, ce qui, a 18 mois, est assez impressionnant (et donne un autre exemple du fait que l’exposition à deux langues ne ralentit en rien le développement du langage). Mais quand est venu le temps de s’asseoir en cercle pour jouer au cadeau musical (où un cadeau est emballé de plusieurs couches et quand la musique s’arrête, l’enfant qui a le cadeau peut en enlever une couche avant de continuer à passer le cadeau), ma fille est la seule des trois petites qui est restée assise jusqu’à la fin. Elle ne comprenait pas trop et je devais l’aider à passer le cadeau à son voisin, mais elle voulait jouer avec les grands.

J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à voir aller mon fils. Il semble en voie de devenir le bouffon de la classe. Durant le dîner, il était assis avec ses amis et les parents les ont laissés manger sans vraiment intervenir. Ti-Loup était celui qui faisait des niaiseries et tentait de faire rire les autres. Un peu épeurant étant donné qu’il est facilement distrait de ses tâches et que ça risque d’empirer les choses en classe, mais d’un autre côté, il a de l’humour et est apprécié de ses camarades, ce qui est certainement positif! Il a beaucoup d’indépendance, et en comparaison des deux autres garçons qui étaient à la fête, il est nettement en avance sur le plan des interactions sociales. Je comprends mieux, à le voir, pourquoi il se lie facilement d’amitié avec les filles, nettement plus matures (du moins dans son cercle social, je ne veux pas faire de généralisation abusive), ou avec des garçons plus vieux. Vraiment, il avait l’air d’avoir un an de plus que les deux autres garçons.

Autre moment fort de la journée: l’enfant autiste de la classe de Ti-Loup avait été invité. C’est un petit garçon attachant et de toute évidence, les éducatrices font un travail admirable pour l’intégrer puisque tous ses compagnons semblent l’aimer. Il commence à peine à parler malgré ses quatre ans, et il a toujours du mal à interagir, mais il y a eu de beaux moments où il semblait vraiment participer à l’atmosphère de la fête et jouer avec les autres enfants. Je trouve ça vraiment génial que son intégration se fasse aussi bien, et pour lui, et pour les autres enfants qui apprennent de belles leçons de cette façon.

Ce fut donc une fin de semaine très réussie et agréable. Samedi on a fait de la raquette en montagne avec des amis et les enfants ont adoré (Cocotte a dormi dans le sac à dos pendant au moins une heure et Ti-Loup a eu beaucoup de plaisir même si au retour il a eu une crise de “Mes jambes sont trop fatiguées et j’ai trop mal pour continuer” qui s’est terminée dès qu’il a pu jouer dans la neige au lieu de marcher). Il a fait un beau gros soleil et ça a dû monter à près de 10 degrés au milieu de la journée, ça nous a vraiment remis d’aplomb de profiter comme ça du beau temps. Et dimanche, cours de natation suivi de la fête. À la piscine, l’instructeur de Ti-Loup n’était pas là et ça a quand même été très bien avec le remplaçant. Et à la fête il n’y a eu aucune crise, aucuns pleurs (à part la fêtée, mais ça semble être dans sa nature).

Il reste les bibittes, on n’a pas encore eu le temps de leur faire la chasse… quoi que nous avons de plus en plus de doutes sur leur provenance puisqu’ils semblent se concentrer autour du garde-robe qui donne sur le garde-manger des voisins. Il faudrait quand même qu’on vérifier le contenu dudit garde-robe. Mais chaque chose en son temps!

Plaisirs d’hiver

L’hiver, chez nous, ça ne dure pas longtemps. Nous sommes déjà revenus à cet automne moche et pluvieux qui dure d’octobre à mars. Bien sûr, j’exagère. Il y a de très belles journées au travers. Mais aujourd’hui, il fait 4 degrés, il pleut, et la neige est chose du passé. Alors pour me réconforter, je vous offre un petit souvenir de nos trois jours d’hiver…

Ti-Loup déguisé en enfant québécois par une belle journée d'hiver.

 

 

 

 

 

 

 

Cocotte accepte finalement de porter des mitaines, parce que la neige, c'est froid!

Cocotte apprivoise les joies de l'hiver... sur la plage!

 

 

 

 

 

Eh oui, chez nous la glissade ça se fait au travers des mottes de terre et du gazon. Mais ça glisse quand même étonnament bien!

C’est l’hiver

C’est par une semaine comme celle-ci que Vancouver aurait dû avoir les Jeux olympiques. Pour une fois, c’est vraiment l’hiver. Il fait -7 ce matin, -13 avec le facteur vent. Et il neige, pas des gros flocons comme l’autre jour, mais une petite neige fine qui va quand même finir par tout recouvrir si ça continue.

J’ai parlé l’autre jour des chauffeurs qui sont mal préparés, mais les piétons sont encore plus drôles. Plusieurs n’ont pas de manteau d’hiver. Ceux qui ne sont pas en souliers sont presque tous en bottes de pluie. Beaucoup n’ont ni gants, ni mitaines. Mais ce qui me fait le plus rire, ce sont les parapluies. Quand il neige, les gens se protègent avec leurs parapluies. C’est coloré, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que si on avait une vraie bonne tempête, ça ne tiendrait pas dix minutes.

J’ai dit qu’il aurait fallu avoir les Jeux olympiques une semaine comme celle-ci, mais je blaguais. Avec le chaos qu’apporte la neige ici, on ne s’en serait jamais sortis. Et puis dans un jour ou deux, tout va être fondu, et Vancouver dans la sloche… enfin, passons.

Que voulez-vous, Vancouver n’est simplement pas une ville hivernale!

Il neige!

Il neige à gros flocons. Rien de bien excitant pour les Québécois parmi vous, mais ici, ça n’arrive pas souvent. Une ou deux fois par hiver. Et quand ça arrive la nuit, on manque le spectacle. Un spectacle magnifique, qui va bientôt être gâché parce que ça va virer en pluie tôt ou tard. En ce moment, il fait -2 (dans les prédictions officielles, donc à l’aéroport). Le mercure ne reste jamais bien longtemps sous zéro. Alors il faut en profiter.

Déjà, hier, on est allés au cours de natation des enfants qui sont dans une partie de la ville un peu plus en hauteur. Là, il avait neigé vendredi. Ti-Loup s’est amusé à jouer dans la “neige”, en fait une croûte glacée. Mais là, maintenant, la neige qui tombe est collante, parfaite pour faire un bonhomme. Et Ti-Loup est en route vers la prématernelle. On a sorti sa salopette d’habit de neige pour la première fois cette saison, il va pouvoir s’amuser avec ses amis. Si ça dure. Déjà, les flocons semblent moisn gros, j’espère qu’ils ne fondront pas trop vite.

Ici, quand il neige, la ville est vite paralysée. Beaucoup de gens ont des pneus d’été ou au mieux, des quatre-saisons. Et s’il neige chez moi, au centre-ville, ça veut dire qu’il neige vraiment dans la vallée du Fraser, où c’est toujours plus froid (puisque plus loin de l’océan). Vancouver étant une ville très chère, les gens qui y travaillent habitent souvent en banlieue très éloignée, où il y a plus de neige. Ils n’ont pas envie d’avoir à se battre pour rentrer chez eux dans la neige sur un trajet qui, habituellement, prend déjà plus d’une heure. Une journée de neige, avec les sorties de route, les accidents (en plus d’être mal équipés, les gens ne savent pas conduire dans la neige), le retour à la maison devient vite bordélique.

Alors beaucoup de gens prennent congé. Ou ils partent plus tôt du travail pour éviter l’heure de pointe. Ou ils travaillent de chez eux. Ou ils prennent les transports en commun. Parfois, tout ferme pour un tout petit 5 cm de neige. Moi, j’habite à 10 minutes à pied du travail alors je ris. Je suis venue en espadrilles au travail ce matin. Au pire, j’aurai un peu froid au retour. Mais je peux profiter du temps qu’il fait sans avoir peur des conséquences.

Pour des québécois, le branle-bas de combat que provoque le moindre flocon de neige à Vancouver est ridicule et très, très amusant. Alors je vais profiter du spectacle aujourd’hui. En espérant que mes enfants vont eux aussi en profiter et aller jouer dans la neige… avant qu’elle fonde. Ce soir, demain, ou au mieux dans quelques jours.