Ti-Loup et la lecture

Je me souviens à peine d’avoir appris à lire. La légende veut que je n’avais pas trois ans. Mes souvenirs se limitent à peu près à ma soeur qui m’apprenait dans un de ses anciens livres d’école qui parlait de Léo et Léa. Je me souviens de m’être fait chicaner par ma soeur après le premier jour parce que j’avais oublié les leçons de la veille. Ma mère m’a dit qu’après ce jour-là, elle a interdit à ma soeur de m’apprendre à lire (elle avait quoi, 10 ou 11 ans, on ne peut pas lui reprocher son impatience!). Puisque je m’obstinais à apprendre, elle m’avait montré elle-même. Je n’ai aucun souvenir de ce bout-là.

Je me souviens par contre de la maternelle. On avait évalué mon niveau de lecture à celui d’une enfant de deuxième année, et l’enseignante devait limiter le temps que j’étais autorisée à passer dans le coin de lecture, parce que c’est la seule chose que j’aurais faite si elle m’avait laissée faire. On pensait donc me faire sauter la première année, et à la fin de l’année je passais une moitié de ma journée dans la classe de maternelle et l’autre, dans une classe de première année. En maternelle, l’enseignante me faisait pratiquer ma calligraphie, déjà déficiente (ça ne s’est pas beaucoup amélioré avec le temps). Et l’année suivante, j’ai appris que je passerais directement en deuxième année. Je n’ai donc pas grand souvenir de l’apprentissage de la lecture comme tel. Il me semble que ça a dû se faire tout seul. Mais je me souviens du rapport privilégié que j’ai toujours entretenu avec les livres.

Je n’ai pas poussé mon fils à apprendre à lire. Je ne regrette pas mon parcours, mais je ne le souhaite pas nécessairement aux autres. Au secondaire, j’ai souffert d’avoir un an de moins que tout le monde et de finir quand même première de classe. J’aurais peut-être profité d’avoir des notes un peu moins bonnes et une vie sociale un peu plus remplie. Ma mère m’a aidée à aprrendre, mais c’est moi qui avais pris la décision : je voulais absolument savoir lire. Si mon fils m’avait dit la même chose, je ne lui aurais pas refusé mon aide. Mais il a toujours été content de jouer aux légos ou au hockey dehors et de me laisser lui lire ses livres de bibliothèque, alors je n’ai pas insisté. En maternelle, je l’ai aidé à lire les petits livres qu’on lui donnait, mais quand il avait du mal à déchiffrer certains mots, je n’insistais pas. Je ne voulais pas le décourager, et il n’était pas prêt à en faire plus.

Cette année, par contre, il apprend vraiment à lire. Les petits livres quotidiens sont un peu plus complexes, et il se débrouille très bien. Il doit dire chaque jour s’il a lu le livre seul ou avec de l’aide, et on s’obstine souvent sur la définition d’aide… J’essaie de lui faire comprendre que c’est normal d’avoir besoin d’aide quand on a six ans et qu’on commence à peine son apprentissage. Mais ce que je trouve le plus formidable, c’est qu’il veut lire! Comme il apprend à lire en français et qu’il habite dans un univers anglophone, il a du mal avec les panneaux, mais à table, il lit les étiquettes des aliments et me demande souvent de quel côté c’est en français. Ses livres préférés, ces temps-ci, ce sont les albums d’Astérix et Obélix. Quand je ne suis pas disponible pour les lui lire, il regarde les images, mais depuis une semaine ou deux, je l’entends lire certains mots, ceux qui sont écrits en très gros, les “Paf”, “Clang”, etc. Et c’est fou comme ça me réjouit!

En habitant ici, j’ai accepté le fait que mes enfants ne partageront pas exactement ma culture. J’essaie de la leur transmettre autant que je peux, mais ici l’anglais domine et je n’y peux pas grand-chose. Quand je vois mon fils essayer de déchiffrer un album d’Astérix, par contre, moi qui ai lu, relu et re-relu des albums d’Astérix, des Shtroumpfs, de Boule et Bill et de Tintin toute mon enfance, ça me fait quand même chaud au coeur. On a d’ailleurs acheté les dessins animés d’Astérix et Obélix durant notre voyage au Québec cet été, et Ti-Loup adore ça, malgré le caractère tellement primitif des dessins par comparaison aux émissions d’aujourd’hui. Comme on n’écoute pas beaucoup de télévision en général et que son “temps d’écran” passe plutôt en jeux vidéo (américains, bien sûr!), ce n’est pas comme ça que je vais lui transmettre ma culture. Je me rends compte que ce sera probablement par la lecture!

Enfin, j’espère…

 

Imagination fertile

Dimanche, je revenais d’une autre petite sortie pour faire des commissions avec Cocotte (Ti-Loup a le rhume et préférait donc rester couché sur le divan à la maison à se plaindre de son mal de tête. Cocotte aussi est malade, mais Ti-Loup, lui, a un rhume d’homme. Je ne pensais pas que ça commençait si jeune, mais à seulement six ans, il est déjà tellement plus malade que sa soeur!). Nous marchions main dans la main sur le trottoir, presque de retour chez nous, quand Cocotte se rend compte qu’elle n’a pas dit un mot depuis au moins trois secondes et elle ne peut pas laisser se perdre une aussi bonne occasion de monopoliser toute mon attention:

- Maman, what are you doing?

Soupir! Elle demande tout le temps ça, à tout le monde, même quand c’est super évident. Ça me tanne un peu alors je réponds souvent quelque chose d’absurde:

- Je me brosse les dents.
- Non! (Cocotte ricane). Non, you’re riding in a auto.
- Ah, bien sûr!
- Oui, you’re riding in a auto and I’m riding on a mauve horse.

Eureka!

Je viens de faire une découverte bien tardive qui change tout… Mes deux enfants sont absolument charmants… séparément! Ce n'est que quand ils sont ensembles que j'ai du mal à les supporter!

Aujourd'hui, normalement, je serais allée faire des commissions avec les deux pour que Papa puis travailler. Mais j'ai eu un flash: Ti-Loup peut rester à la maison, il va jouer tranquille avec ses Legos ou aller jouer dehors dans la cour, il n'a pas besoin d'une grande supervision, et ça va être plus facile avec juste un enfant. Eh! Bien, Cocotte a été charmante! Notre sortie s'est bien passée, je n'ai pas perdu patience parle qu'il y en avait juste un qui me posait constamment des questions et n'arrêtait pas de parler, pas deux en même temps… Nous avons fait une très belle sortie, et Papa a pu travailler tranquille. Pas d'enfants qui se tapent dessus ou s'assoient l'un sur l'autre ou se lancent des jouets par la tête… Une vraie bouffée d'air frais!

C'est peut-être juste de la chance. Mais je crois plutôt que j'ai trouvé une piste de solution. Diviser pour mieux régner! Évidemment, je ne peux pas toujours faire ça puisque je veux passer du temps avec Ti-Loup aussi et que si je laisse Cocotte à la maison, Papa ne pourra pas vraiment travailler. Mais de temps en temps, ça fait du bien!

Vive la rentrée!

Quand je suis déménagée à Vancouver, ça faisait 20 ans que je vivais au rythme de l’année scolaire. Tout à coup, j’avais un travail à temps plein, à l’année, et j’allais devoir prendre des vacances, quand bon me semble plutôt que durant les congés scolaires. En plus, je me retrouvais à un endroit où il ne neige pratiquement jamais, où le gazon est toujours vert et où il peut faire 8 degrés Celsius autant en octobre qu’en janvier ou en mars. Il me fallait souvent réfléchir quelque secondes avant de me rappeler la saison ou le moment de l’année en cours. J’étais vraiment dépaysée.

Mais Ti-Loup a commencé l’école l’an dernier, et depuis nous vivons de nouveau au rythme de l’école. Nous devons prendre nos vacances durant les congés scolaires. Nous devons acheter ses fournitures et nous assurer qu’il a des souliers et du linge qui lui font après un été en shorts sport et en sandales. Nous nous sommes remis à préparer des lunchs. Mais après un été mouvementé, je trouve le retour à la routine agréable. Je crois que je deviens vieille: je n’aime plus tellement les surprises et je préfère le train-train quotidien! La vie scolaire, c’est familier.

Mardi, je suis donc allée conduire Ti-Loup à l’école puisqu’il n’y allait que pour une heure trente la première journée.En Colombie-Britannique, les élèves ne sont pas répartis dans les classes avant la fin de la première semaine d’école, qu’ils passent dans leur classe de l’année précédente avec leur ancien professeur. Mais puisque les enseignantes de maternelle doivent accueillir les nouveaux-venus, ceux qui commencent leur première année passent la semaine avec les enseignants spécialistes. Tout le monde se plaint parce qu’ils ne font pas grand-chose, mais apparemment c’est nécessaire pour le classement des élèves. On ne saura donc que demain qui sera dans la classe de Ti-Loup, et en attendant, il a repris la routine et retrouvé ses amis sans problème.

Papa, lui, est allé mardi matin à la prématernelle avec Cocotte. Normalement, c’est sans les parents, mais pour la première semaine, il reste avec elle. Cocotte, qui ne voulait rien savoir, a beaucoup aimé sa première demi-journée (on verra comment ça va aller aujourd’hui pour la deuxième). Notre plus grande crainte demeure le fait qu’elle refuse de faire caca ailleurs que dans sa couche (ou ses culottes), et pour la prématernelle, elle est supposée être propre. Les couches (et culottes d’entraînement) sont interdites, et nous avons décidé de l’envoyer quand même en espérant qu’elle se retiendrait là-bas. On verra!

Voici donc la photo de mes deux grands devant chez nous la première journée d’école… Cocotte ne voulait pas regarder l’appareil alors Papa a utilisé la bonne vieille tactique : “Regarde, Cocotte, du mauve!”. Ça fonctionne à tout coup.

Bonne rentrée!

L’été en 18 photos

Nous avons un problème technique à la maison. Papa a besoin d’utiliser un émulateur Windows pour travailler sur son ordinateur Mac (pour le travail à contrat qu’il fait le soir). Notre ordinateur n’étant plus suffisamment puissant pour les logiciels d’aujourd’hui, on ne peut faire fonctionner à la fois l’émulateur Windows et le logiciel de photo. C’est pourquoi j’ai du mal à avoir accès aux photos, notre logiciel étant rarement allumé. Mais voilà, hier j’ai pris le temps d’exporter tout plein des photos pour pouvoir vous donner une idée de ce que nous avons fait cet été!

Tout d’abord, on est allés au Québec, mais ça, j’en ai parlé un peu et puis, vous étiez là :-) Je vais donc commencer après. Ti-Loup a fait une semaine de camp de baseball. Ça aurait pu être génial, mais ça a été décevant. Le responsable avait l’air d’un schizophrène en pause de médicaments… Papa ne réussissait pas à obtenir une réponse à une question simple, il était vraiment étrange! En plus, c’était pour les 6 à 12 ans et je pensais qu’ils allaient séparer les enfants par groupes d’âge, mais non. Certains “grands” étaient très tannants et ralentissaient le déroulement pour tout le monde, parfois les “petits” restaient assis sur le banc pendant que les “grands” apprenaient à lancer, bref, c’était mal organisé. Ti-Loup a surtout aimé le vendredi quand ils sont allés voir les Canadians, de Vancouver, équipe mineure associée aux Blue Jays de Toronto. Au début de la partie, il a pu aller sur le terrain courir jusqu’au champ avec un joueur (il porte le T-shirt vert)!

Nous sommes ensuite allés passer une semaine à Kelowna durant laquelle il a fait beaucoup trop chaud, mais nous en avons quand même profité pour faire une petite saucette dans le lac Okanagan!

Les enfants ont aussi eu la chance de jouer avec leur cousin. En fait, c’est le petit-fils de la cousine de la mère de Papa. Ça a l’air loin, mais pour remettre en perspective, c’est le même lien qu’il y aura entre les enfants de Ti-Loup et les enfants de ma filleule.

Il a trois ans et demi et aime beaucoup la lutte entre cousins!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis qui dit Kelowna en juillet dit cueillette de cerises… Un voyage là-bas ne serait pas complet si on n’avait pas la chance de grimper aux échelles pour remplir nos seaux. Au total, en deux séances de cueillette, on a acheté environ 200 lb de cerises, dont on a équeuté et dénoyauté au moins les trois quarts pour les faire congeler ou les déshydrater en vue du long hiver…

 

 

 

 

 

 

De retour de Kelowna, les enfants ont fait une semaine de camp à Science World (Cocotte avec Papa, Ti-Loup tout seul). C’est un camp très bien organisé, axé sur les sciences, bien sûr, mais nous avons encore une fois été très impressionnés. Ils ont tous les deux beaucoup aimé, même si Cocotte n’était pas sûre de vouloir y aller au départ.

Ensuite, Ti-Loup a fait une semaine de camp de Légos. Il a adoré! Vous le voyez ci-dessus avec la catapulte qu’il a construite. Le thème du camp, donné par Bricks4Kids, était la robotique, et ils pouvaient donc fabriquer des modèles comportant des moteurs. Ceux-ci étaient reliés à un logiciel simple et ils pouvaient les programmer pour leur faire faire certaines choses. Encore une fois, un franc succès!

Pour sa fête, Ti-Loup voulait inviter trois amies de l’école, plus son meilleur ami de la Coop. Mais son ami ne parle pas français et ne joue pratiquement jamais avec des filles, alors on a décidé de diviser sa fête. Le jour même, on a mangé un gâteau à la Coop avec tous les enfants (et leurs parents, puisque la réputation des gâteaux à la crème glacée de Papa n’est plus à faire). La fin de semaine suivante, on a amené les trois filles et Ti-Loup jouer au parc et manger une crème glacée à l’île Granville. La première fête a eu plus de succès que la deuxième, puisque les filles ont un peu mis Ti-Loup de côté, mais on a quand même eu bien du plaisir. Voici le gâteau de fête pour la Coop; s’il y a un chien au champ centre, c’est parce que quand Ti-Loup joue au baseball à Kelowna, c’est Sherpa qui sert de voltigeur…

Nous avons dû annuler une fin de semaine de camping pour la fête de Ti-Loup, et l’autre fin de semaine pour plusieurs raisons, dont le fait que Papa devait travailler, qu’il était interdit de faire des feux de camp en raison du temps sec, qu’on devait retourner à Kelowna la fin de semaine suivante et qu’on était tous épuisés. Mais on s’est quand même amusés pour le reste de l’été. On est allés passer un samedi à l’île Granville avec un ami et sa fille, qui est née exactement entre Ti-Loup et Cocotte et avec laquelle ils se sont énormément amusés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes aussi retournés voir les Canadians, et les deux enfants ont pu aller sur le terrain après la partie pour courir sur les buts et saluer les mascottes.

 

Cocotte, qui est une enfant normale, veut aller au baseball pour les hot dogs, les mascottes et la course sur les buts, et passe la partie à grimper sur les bancs et à se plaindre. Ti-Loup, erreur de la nature, regarde la partie avec un intérêt et une attention extrêmement soutenus, en ne détournant pas son regard du terrain (même rendu à onze manches) et en posant question après question. Heureusement que j’ai grandi dans une famille d’amateurs de baseball, alors je peux répondre à ses questions!

On est aussi allés à la PNE, foire agricole/parc d’attractions, et Cocotte était juste assez grande pour aller dans les manèges pour enfants. Nos deux zigotos se sont bien amusés, et nous aussi avons eu bien du plaisir avec nos amis, dont le fils est aussi le meilleur ami de Ti-Loup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre été s’est terminé, comme je vous l’ai raconté hier, par un dernier voyage à Kelowna où nous avons rencontré tout plein de nouveaux membres de la famille de Papa.

Et maintenant c’est le retour à l’école… Mais je vous en reparle dans un autre billet!

Ouf!

Je suis de retour de vacances. Deux semaines au Québec, une petite semaine de travail (pendant laquelle Ti-Loup avait un camp de baseball qui s’est avérée épuisante et mal organisée), puis une semaine à Kelowna pour ce qui sera sans doute nos dernières vraies vacances au verger de feu la grand-mère de Papa avant qu’il soit vendu. En effet, la mère de Papa n’a pas réussi à s’entendre avec son frère et sa soeur. Elle voudrait garder une partie du verger. Ses frère et soeur veulent vendre au plus vite. La propriété est donc en vente pour la faible somme de 1,2 million de dollars… Ça ne se vendra peut-être pas rapidement, mais on ne sais pas, alors on en a essayé d’en profiter pendant qu’on était là! Papa y passe ses vacances depuis qu’il est né, alors c’est triste pour lui de penser que c’est la fin.

Nous avons eu beaucoup de plaisir, mais physiquement, ça a été dur. Il a fait tellement chaud! Entre 33 et 36 degrés toute la semaine, ce n’est pas propice à l’activité physique! Les enfants ont quand même eu beaucoup de plaisir grâce au seau de ballons d’eau qu’on a acheté, et puis Ti-Loup a profité de la température plus fraîche après le souper pour jouer au baseball sur le grand terrain. Avec Sherpa (notre ancien chien qui vit maintenant avec mes beaux-parents) pour rapporter les balles frappées, ça réduisait l’effort nécessaire. On a cueilli environ 200 livres de cerises, on en a équeuté et fait sécher au moins 100 livres. On a visité plusieurs fois le Village des Valeurs de Kelowna, où on trouve toujours du beau linge pour les enfants, et trouvé pour eux des jouets qui les ont occupés durant les heures creuses. On a trouvé quelques parcs où faire des pique-nique et pateauger dans l’eau. On a visité la famille de Papa à Vernon, où les enfants ont rencontré leur nouveau cousin qui est né en mars. On a joué dans les jeux d’eau. On a bu beaucoup de solution de réhydratation… et on a survécu.

Cocotte est toujours aussi obsédée par le mauve, mais on a découvert une limite à son obsession: les patates mauves, ça reste avant tout des patates, et elle n’y a même pas goûté! Après une semaine à ne pas dormir assez en raison de la chaleur, du soleil qui se lève tôt, de la cohabitation à quatre dans une petite chambre, etc., tout le monde était épuisé hier. Et quand on est revenus, le chat avait fait pipi sur deux de nos carpettes, plus un caca qui s’était répandu un peu partout et dans lequel Cocotte a mis le doigt. En plus Cocotte a fait pipi à travers sa couche pendant que j’essayais de ramasser la merde du chat. Tout un retour! Disons que la journée d’hier est à oublier…

Maintenant il faut préparer la fête de Ti-Loup, qui approche à grands pas. Il aura droit à un gâteau dans la cour de la Coop avec tous les voisins, puis à une sortie en après-midi avec trois de ses amies d’école qu’il reverra pour la première fois depuis un mois. Plein de plaisir en perspective! Il est temps pour Papa de commencer à préparer son célèbre gâteau à la crème glacée maison…

Bon lundi!

Nous avons passé une très belle fin de semaine en famille. Rien d’extraordinaire, mais de beaux moments sympathiques. Dans les dernières semaines, je me trouvais souvent impatiente avec les enfants et je voulais essayer d’améliorer mon attitude. Après tout, même si on le dirait parfois, ils ne font pas exprès pour me pousser à bout! Enfin, Cocotte quand même peut-être un peu, mais c’est vraiment un cas spécial. Mes enfants sont des enfants, et ils agissent comme des enfants, sans réfléchir, sans logique, en refaisant toujours les mêmes comportements désagréables qu’on leur a demandé vingt (mille) fois d’arrêter. C’est souvent difficile à supporter, mais ce sont juste des enfants! J’essaie de me le répéter, et en fin de semaine, je crois que j’ai mieux agi, même s’il y a encore place à l’amélioration!

Samedi matin, nous sommes allés au marché fermier, qui ouvrait pour l’été. Il n’y a pas encore grand-chose de mûr à acheter, mais pour moi, le marché, c’est un véritable symbole de l’été. On y va pratiquement tous les samedis matins durant l’été. On traverse rapidement le marché pour voir ce qu’il y a d’offert, puis Papa rebrousse chemin pour acheter ce qu’on veut pendant que je vais au parc avec les enfants. Samedi, il avait plu alors on a laissé faire le parc, mais on a acheté des fraises et des carottes. Il y a un début à tout! J’ai hâte d’y retourner et de voir comment Cocotte se débrouille au parc, puisque c’est là qu’elle va aller avec la prématernelle dans trois petits mois (je suis en train de remplir les documents d’inscription pour la prématernelle, ça va tellement vite! Mais bon, c’est une autre histoire)…

Samedi après-midi nous sommes allés au Festival des enfants de Vancouver. Nous n’avions pas acheté de billet de spectacle (à 25 $ par adulte et 15 $ à 20 $ pour chaque enfant peu importe l’âge pour un spectacle d’une demi-heure, ça fait un peu cher je trouve!), mais les activités offertes pour le prix d’accès au site de 8 $ m’ont agréablement suprise. Le fait qu’on se soit fait donner des billets gratuits a amélioré encore davantage le rapport qualité-prix, bien sûr, mais honnêtement je crois que ça aurait valu la peine même en payant. Les enfants ont fait plein de bricolages, dont un animal en origami et une marionnette fabriquée à partir d’une chaussette. Ti-Loup en a profité plus que Cocotte, mais même elle a pu participer. Ti-Loup s’est fait maquiller en Spiderman. Il y avait des amuseurs de rue, des petits spectacles aussi drôles pour les adultes que pour les enfants, des accessoires de cirque à essayer, les files n’étaient pas horriblement longues en cet après-midi nuageux et il y avait beaucoup de bénévoles pour aider les enfants. Mon seul bémol : on aurait bien acheté une crème glacée, mais il n’y avait aucune nourriture vendue sur le site, à part de la barbe à papa. Mais pas n’importe quelle barbe à papa : de la barbe à papa biologique! Vraiment, je vous jure. Je ne peux pas m’empêcher de trouver ça un peu ironique : mangez bio pour votre santé en achetant  un “aliment” contenant seulement du sucre. M’enfin….

Dimanche matin, on est allés chez Costco en vélo. Pas une grosse sortie, vous me direz, mais le but était accessoire, la randonnée d’une demi-heure à vélo dans chaque direction sur la piste cyclable qui borde False Creek en valait la peine. Il faisait soleil et maintenant que Ti-Loup arrive à se déplacer à bicyclette sans tomber ni foncer dans personne (du moins en règle générale), nous pouvons vraiment en profiter. Les enfants ont ensuite passé une bonne partie de l’après-midi à jouer dehors avec leurs voisins pendant que je lisais en supervisant d’un oeil ou que je jasais avec d’autres parents. J’apprécie énormément le fait que même quand on n’a rien de prévu, les enfants s’amusent quand même à jouer avec leurs amis dans notre cour. Pas besoin de se donner rendez-vous quelque part, de conduire jusque chez les amis, etc. Ti-Loup a au moins 4 portes auxquelles aller cogner avant de pouvoir déclarer que “personne ne peut jouer avec lui”, alors ça n’arrive que rarement.

Mais j’avais commencé ce billet pour vous raconter qu’on a croisé une amie d’école de Ti-Loup au Festival des enfants; appelons-la Mélanie. J’ai dit bonjour brièvement à ses parents, qui m’ont affirmé à quel point ils entendent souvent parler de Ti-Loup et qu’ils étaient contents de le rencontrer enfin. Je leur ai retourné le compliment. C’est vrai qu’on entend souvent parler de Mélanie, qui travaille à la même table que Ti-Loup. Ce que je n’ai pas dit, ce pendant, c’est que j’en ai plutôt marre d’entendre parler de Mélanie! Parce que ce que j’entends, c’est ça:
- Mélanie, elle sait tout lire.
- Mélanie, elle connait tout.
- Mélanie, elle sait plus de chose que Mme A (l’enseignante).

Je ne sais pas combien de fois j’ai dû expliquer à Ti-Loup que Mélanie sait peut-être tout lire, mais qu’elle ne connaît certainement pas tout, et qu’elle n’en sais sûrement pas plus que Mme A. Quand je lui demand qui dit ça, il répond que c’est Mélanie, bien sûr. Mon fils est très naïf. Si quelqu’un le dit, ça doit nécessairement être vrai! Alors on essaie de lui faire comprendre que les gens ne disent pas toujours la vérité et qu’il ne doit pas toujours croire ce qu’on lui dit. Alors au fond, Mélanie a joué un rôle utile en nous permettant d’apprendre une bonne leçon à Ti-Loup…

Et ne vous en faites pas, je ne suis pas vraiment fâchée contre Mélanie, je dis ça pour rire. Après tout, j’étais sans doute exactement comme elle en maternelle!

 

Maman

Mon fils m’a surpris hier soir:

- Maman, on dit maman (prononcé avec le “man” à la française, comme on proncerait “ment” du verbe “mentir”) mais les Québécois, comme Laure (une petite fille de sa classe), ils disent maman (prononcé avec le “man” à la québécoise, un peu nasal, presque plus proche de “mama”).
- Euh… oui… qui est-ce qui t’a parlé de ça?
- Madame A, mon professeur
- …

Je vais donner à Madame A, qui a un accent “français” et est sans doute d’origine nord-africaine, le bénéfice du doute. Elle n’a peut-être pas mentionné ça pour se moquer de la prononciation des Québécois. Peut-être qu’elle parlait juste des différences d’accent en général et que c’est un des exemples qu’elle a donnés. Ou peut-être même que c’est un des enfants “Québécois” de la classe (dont les deux parents sont Québécois et qui ont donc seulement le français comme langue maternelle) qui lui a demandé pourquoi elle prononçait “Maman” de cette façon là. Mon fils semble quand même en avoir retenu que la bonne prononciation était celle à la française, mais il a cinq ans et il ne fait donc pas dans la nuance.

Non, au bout du compte, ce que je trouve triste dans tout ça, c’est que mon fils ne s’inclut pas parmi les Québécois… Pourquoi le ferait-il, vous me direz? Justement, c’est ça qui me fait de la peine.